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Aubier de tilleul

Notre aubier de tilleul

Un peu d’histoire…

Le tilleul est un arbre qui remonterait à 55 millions d’années, durant la période du Tertiaire, tout comme les baobabs et les cacaoyers. Totalement implanté dans le patrimoine français, il est présent au centre des villages depuis la Révolution française, car il était symbole de liberté.

D’ailleurs, de nombreuses villes portent des noms dérivés du mot tilleul comme Duteil ou Chantilly.

Présentation de cette cueillette

Notre aubier de tilleul est cueilli dans la région du Vercors, à plus de 1000m d’altitude, sur des arbres ayant entre 20 et 50 ans. La récolte se fait toujours à la fin du printemps, lors de la montée de la sève.

Les tilleuls sont des arbres à croissance rapide, pouvant atteindre 35 m de haut, aux branches assez largement étalées. Le tronc présente une écorce lisse, se gerçant avec l'âge.

L'aubier (du latin albus : blanc) est le bois tendre et blanc situé entre le cœur et l'écorce de l'arbre, qui est constitué par les dernières couches annuelles de croissance de l'arbre.

Sa « cueillette » est un travail physique intense, qui nécessite de la force, du temps et un bon équipement (tracteur, remorque, hache, tronçonneuse, séchoir...).

Avant d’obtenir les petits morceaux de bois marron prêts à la décoction, un long processus de fabrication et de transformation est nécessaire.

Dans un premier temps, l’arbre (choisi selon son apparence, son âge et son accessibilité) est abattu.

Il est ensuite tracté jusqu’à l’endroit où il subit ses premières transformations. Les branches sont enlevées, le tronc est nettoyé de sa mousse et de ses éventuelles excroissances puis écorcé de son aubier en coupe large grâce à une plane. L'écorçage de l'aubier doit être fait dans les 3 jours qui suivent la coupe, afin d'en faciliter l'exercice.

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Une fois chargé, l'aubier est transporté jusqu’au séchoir naturel, où il est étalé de façon méthodique afin qu’il sèche à l’air libre, qui passe entre les lattes du sol et des fenêtres entrouvertes. Il faudra 8 à 10 jours, en fonction du temps, afin que l’aubier sèche, se rétracte et passe du blanc au marron orangé.

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Il subit ensuite une première transformation en coupe plus fine avant d’être livré à l’Herbier du Diois, où il subit une seconde transformation qui lui donnera l’aspect que l’on retrouve dans nos sachets l’Herbier de France.

Rencontre avec Gabriel, cueilleur d’aubier de tilleul depuis 6 ans

« Quand il chante clair c’est qu’il est sec »…

Gabriel est cueilleur d’aubier de tilleul depuis 6 ans, et de bractée depuis 12 ans.

Ancien électricien de la marine, grand skieur de fond et fou de twist, Gabriel est une force de la nature, au cœur tendre.

Originaire de St Pierre de Cherennes, il a toujours vécu dans ce village, avec les tilleuls et les noyers : les deux grandes cueillettes locales.

Du haut de ses 71 ans, de son petit gabarit et à la force de ses bras, il travaille chaque été pendant 2 à 3 mois comme cueilleur d’aubier et de bractées de tilleul.

« Quand il chante clair c’est qu’il est sec », dit-il en parlant de l’aubier de tilleul, quand il est enfin sec.

 Lui et Michel, son collègue, sont les deux seules personnes à encore pratiquer cette cueillette dans cette région du Vercors, et ils fournissent à eux deux les 2 tonnes annuelles d’aubier commandées pour notre activité.

Cueillir du tilleul est une activité saisonnière intense, mais bien rémunérée. Cette pratique se transmet généralement de génération en génération, mais tend à se perdre.

La région était principalement composée de producteurs et d’agriculteurs il y a encore quelques années. Des 17 fermes actives, il n’en reste aujourd’hui que deux, car il faut désormais fournir deux fois plus de travail qu’avant pour vivre des cultures locales.

Il n’y a pas, à ce jour, de successeurs pour reprendre le flambeau. Nous attendons la relève avec impatience...