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Filière poivre noir et vanille, Madagascar

Les Aromatiques Bio du Sambirano (LABS)

Poivre noir et vanille de Madagascar

Où ? Madagascar, Région du Sambirano (Ambanja)

Qui ? Les Aromatiques Bio du Sambirano, société, créée en 2012. La société Golgemma est intermédiaire entre LABS et Arcadie, porteur de marque.

Quoi ? poivre noir, vanille + un peu de baie rose, piment langue d’oiseau… diversification en cours.

Combien de personnes ? Environ 100 paysans concernés.

Labellisé ? Biopartenaire depuis 2017.

Etapes ? Poivre égrappé, mis à sécher puis trié sur place. Le poivre est conditionné et vendu par Arcadie, soit entier, soit broyé. Pour garantir la fraîcheur aromatique et le piquant du poivre, l’étape de broyage est réalisée à Arcadie juste avant conditionnement.

Vanille récoltée et transformée sur place. Conditionnée à Arcadie.

Partenariat ? Pour améliorer la qualité des épices exportées, Arcadie a envoyé à LABS des aimants pour capturer les corps étrangers et de la toile pour les claies de séchage. Elle se rend régulièrement en visite sur place pour accompagner le développement de la filière.

Les Aromatiques Bio du Sambirano est une société créée en 2012 par plusieurs militants de l’Agriculture Biologique, de France (Arcadie, Golgemma), du Québec (Union Nature Canada), de Suisse (Farfalla Suisse), et de Madagascar (Patrick & Gaëlle Collin, Phaël Flor), réunis autour d’un projet de développement et d’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés. Elle fédère une centaine de paysans malgaches, de la région du Sambirano à Madagascar.

Dès sa création, LABS a pour objectifs :

-       Un travail avec les petits paysans malgaches

-       Une production biologique

-       Des partenariats et un commerce équitables.

La filière est labellisée Biopartenaire depuis 2017.

Au pied de la plus haute montagne de Madagascar, sur des terrains difficiles d’accès, les paysans produisent essentiellement du poivre noir et de la vanille pour Arcadie (par l’intermédiaire de la société Golgemma), mais aussi une large palette d’autres plantes complémentaires, pour assurer l’équilibre écologique des milieux cultivés, et une diversité de ressources pour les paysans. Les associations de cultures, avérées ou en expérimentation, sont de mises.

La région du Sambirano : caractéristiques écologiques

Elle est délimitée par le massif le plus haut de Madagascar – le Tsaratanana culminant à 2876m - la côte du canal du Mozambique abritant l’archipel de Nosy bé, la baie d’Ampasindava et le massif montagneux du Manongoro au Sud.

Nous sommes dans la province d’Antsiranana, région Dian. Ambanja en est le district.

Les Aromatiques Bio du Sambirano est installé dans cette ville, sur les rives du fleuve Sambirano.

Le climat est très favorable à la culture des plantes à parfum comme l’ylang ylang, le vetiver, à la culture des cacaoyers (c’est la seule région de Madagascar à produire du cacao) et à la culture d’épices telles que le poivre, la vanille, la cannelle, le curcuma, le piment pili pili ou encore le poivre sauvage.

Côté températures, la moyenne annuelle est de 26°C et les variations sont assez faibles : il fait a minima 22°C pour aller jusqu’à 30°C maximum. La saison sèche est très marquée, d’avril à novembre avec de faibles précipitations, et une saison des pluies importante avec 2500 mm voir 3000 mm d’eau sur 4 mois. 

Une biodiversité porteuse de santé pour les hommes, la faune et la flore

Les forêts naturelles, les forêts portées par les hommes pour les cultures de cacao, de café, donnent à cette région une biodiversité tout à fait unique à Madagascar.

L’abondance de l’humus, l’apport d’alluvions pendant la saison des pluies, la présence de ces grandes forêts de mantali (Terminalia mantaly), de bonara (Albizia lebbeck, famille des Fabacées, plantes capables de capter l’azote de l’air), de manguiers, donnent à cette région des terres fertiles, saines, permettant la plantation de nombreuses espèces sans nécessité d’apports d’engrais ou de traitements phytosanitaires.

Les peuples du Sambirano ont su conserver la diversité, la forêt, les richesses des sols – par leur travail, et leur population disséminée dans des zones souvent éloignées des grands centres. Ils ont maintenu, souvent associées, des cultures de rente - comme la vanille et le poivre ou encore l’anacardier (noix de cajou) - des cultures vivrières - comme le riz, le manioc, la patate douce - ainsi que des fruitiers comme les manguiers, les jacquiers, les arbres à pain, les papayers, les bananiers et tant d’autres. Cette diversité permet à chacun une alimentation diversifiée et permanente : il n’y a pas de famine dans cette région du Sambirano, et s’il y a des carences alimentaires, c’est plus par manque d’éducation que par manque de ressources alimentaires. 

Les arômes développés par toutes ces plantes du Sambirano sont forts et riches et permettent de produire aussi bien du cacao fin de grande réputation pour ses flaveurs, de la vanille si douce, si sucrée au goût de raisin de Corinthe, de pruneaux, du poivre au savoureux piquant, avec sa petite note citronnée, le meilleur poivre de Madagascar. La cannelle de Ceylan y est plus douce que nulle part ailleurs, le pili-pili si puissant, la baie rose terpénique, le curcuma si riche en huiles essentielles et tant d’autres encore. Le Sambirano, un petit paradis ?

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POIVRE NOIR

LABS a pu fournir 10 tonnes de poivre noir à Arcadie en 2015, 20 t en 2016, 40 t en 2017.

Le poivre d’Ambanja (la ville proche de la vallée du Sambirano) est connu comme étant un des plus aromatiques par les testeurs ayant comparé les poivres des différentes régions de Madagascar. À l’origine ? Certainement le climat unique du Sambirano, avec une saison sèche et un fort ensoleillement pendant toute la période de maturation finale du poivre sur sa liane, et le travail des producteurs.

Un travail méticuleux pour garantir les arômes, des parcelles malgaches cultivées aux locaux d’Arcadie
À partir du mois d’octobre, les paysans récoltent les grappes de poivre mature aux baies jaunes, orangées, voire rouges quand la maturité est très bonne. Ils les mettent en sac et les conservent ainsi 24 à 48h pour entamer une légère fermentation, facteur de développement des arômes. L’opération d’égrappage suit immédiatement la sortie des sacs, suivie d’un séchage au soleil – les baies brunissent pour atteindre un taux d’humidité variant de 15 à 18%. Chaque producteur transporte ensuite sa récolte jusqu’à Antseva, un village sur les bords du fleuve, à quelques heures de pirogue de l’usine de transformation de LABS, où il sera lavé puis mis à sécher au soleil sur les tiroirs du séchoir. Chaque soir, les grands tiroirs de séchage sont roulés sous abri pour éviter toute reprise d’humidité ou la pluie.
Nous sélectionnons un poivre d'une densité supérieure à 550g au litre garantissant une maturité naturelle vecteur d’arômes spécifiques au Sambirano. Un tri manuel attentif par vannage permettra de sélectionner les grains et déclasser pour la poudre les grains plus clairs qui rejoindront ceux de faible densité.

Dès la fin novembre, tri et séchage permettent d’envisager l’exportation vers les locaux d’Arcadie. Les containers seront affrétés dans le port d’Antsiranana – départ pour Fos Sur Mer, puis Méjannes-les-Alès.

VANILLE

Le marché de la vanille, quant à lui, est soumis à de très fortes spéculations qui ne permettent plus aujourd’hui de sécuriser les plantations et les paysans. Cette crise pèse lourd sur la qualité de la vanille récoltée : plutôt que de prendre le risque du vol de leur production, les paysans préfèrent bien souvent vendre avant maturité, même à plus bas prix, faisant ainsi perdre à la vanille beaucoup de sa valeur gustative. En 2017-2018, la vanille était vendue dès le mois de décembre alors qu’elle n’est mûre qu’en juin.

En 2017, LABS a pu fournir 150kg de vanille Biopartenaire… bien peu par rapport aux besoins d’Arcadie (qui se situent entre 2 et 3 tonnes), mais l’enjeu était de maintenir la filière, et donc les achats chez les paysans de l’association - qui avaient été pour beaucoup volés d’une partie de leur récolte - sans entrer dans les jeux des marchés spéculatifs… tout en assurant une qualité optimale.

Pour 2018, les cours sont de nouveau très élevés et ont déjà atteint ceux de l’an passé. L’encadrement des producteurs apporté par LABS permet cependant de juger la qualité meilleure qu’en 2017. A suivre…

Fond de Développement LABS / Soa Miara-Dia amin'y Labs 

Une association est née en 2018 à l’initiative de LABS, avec 50 membres en 2018 : « Soa Miara-Dia amin'y Labs » (ce qui signifie : « pour un avenir, ensemble, avec LABS »), présidée par M. Velotombo. Elle a pour but de fédérer les paysans autour des formations et des suivis techniques, ainsi que de former le groupe à toutes les pratiques de l’Agriculture Biologique.

Elle est aussi la partie prenante essentielle concernant l’usage du Fond de Développement.

Plusieurs idées étaient venues en 2017, et c’est la construction d’un Centre de Santé de Base (CSB) qui a été élue et que LABS va financer dès cette année 2018.

Plusieurs idées pour le Fond de Développement

Plusieurs idées avaient été émises par les paysans, pour utiliser le Fond de Développement :

- l’installation d’antennes relais sur la zone, permettant un transfert d’argent par téléphone, plus sécurisé ;

- la sécurisation de la propriété foncière (la plupart des paysans ne sont pas officiellement sur leurs terres et considérés comme squatteurs),

- l’installation d’un dispensaire (C.S.B.).

C’est finalement ce dernier projet qui a été choisi.