cannelle
en bio, les saveurs du monde
Accueil -> Historique -> Construction des locaux de Méjannes-lès-Alès

Construction des locaux de Méjannes-lès-Alès

batiment_paysage

Construire nos propres locaux est une idée qui a surgi en 1995, lors des difficultés rencontrées pour trouver un endroit qui nous convienne à St Quentin puis à Alès. Après avoir trouvé l’usine de M. Blanc, à Alès, ce projet est entré en sommeil. ?Il renaît en 1998.

Nous prenons contact avec M Johannet, architecte à Fons sur Lussan, dont j’avais admiré une réalisation à St Quentin (les locaux du potier M. Eissautier).

Nous nous mettons à la recherche d’un terrain. Nous évoquons Méjannes mais aussi Vézénobres, puis plus tardivement le Pist oasis à Alès. Nous approchons une vague idée du devis final. Nous choisissons la commune de Méjannes-Lès-Alès fin 98.

Nous projetons de construire dans un premier temps 1 800m2, puis les années passant, 2 000m2. Un APS (Avant Projet Sommaire) est rapidement dessiné. Nous rencontrons deux ou trois fois M. Johannet ainsi qu’un 2ème archi qu’il a choisi pour le seconder. Une maquette est réalisée.
Je ne pose aucune question au sujet de la nature des matériaux. Il ne demande aucun contrat. Nous définissons le cahier des charges écologique, la surface, les différentes utilisations des pièces.

Une demande de permis de construire (15 dossiers de 117 pages) est déposée le 09/02/01. Le permis est obtenu en novembre 2001 (2075m2). Nous faisons de multiples demandes de subventions, qui peuvent en théorie, dans notre région, couvrir 50% de la dépense.

Avec les année écoulées depuis le début nous estimons que c’est 2 200m2 que nous devons construire. Nous présentons notre projet aux financeurs, qui nous demandent de réduire la surface afin de faire baisser l’addition à 1 000 000€ maximum. Ils nous demandent également de trouver 60 000€ de fonds propres supplémentaires. Nous revenons donc à un projet à 2 000m2. Enfin ils exigent d’attendre encore un exercice supplémentaire.

2002 

Le dossier traîne, nous n’avons que rarement des nouvelles de notre architecte. On commence à nous proposer d’autres architectes, spécialisés en matériaux alternatifs, HQE, etc ;
M Johannet a beaucoup de dossiers en dehors du nôtre...

Septembre, les inondations dans le Gard. M Johannet est appelé à titre d’experts dans de nombreux endroits. Il travaille aussi sur notre dossier et se rend compte qu’il va devoir « passer à l’informatique ». Le 16 Octobre, il fait une crise cardiaque. Nous avons très peur. Lui aussi. Mais il se rétablit, heureusement !? À partir de cette année, le taux de subvention maximum pour les projets immobiliers passe de 50 à 30% du montant total ! Dommage...

2003

Tout doucement le projet construction refait surface. M. Johannet s’équipe de logiciels avec l’aide de Matthieu et Manu. Nous commençons d’entrer dans les précisions. Quel chauffage ? Quels revêtements de sol ? Quelle hauteur pour les stocks ? Quelle surface pour chaque atelier ?

M. Johannet travaille seul cette fois. Il trouve assez vite des artisans et des entreprises, sauf pour la partie béton (fondations et dalle). Nous ne savons pas encore quelle allure aura le bâtiment ni quels matériaux seront employés. Nous enregistrons au fur et à mesure les devis de cet énorme projet qui nous paraît de plus en plus gros.

Enfin les additions faites, nous dépassons largement « l’enveloppe » prévue en accord avec les financiers (1 000 000€)

Il faut impérativement supprimer certains coûts.? Nous décidons donc de remettre à plus tard la construction de l’aile de réception des marchandises, de renoncer au goudronnage des surfaces autour de la construction, de renoncer à la couverture végétale du toit des bureaux, aux capteurs solaires pour l’eau de la cuisine. Économie après économie nous parvenons à « rentrer dans l'enveloppe ».

Chaque jour apporte son lot d’inquiétudes : le dossier a avancé si lentement que les accords de subventions obtenues avec tant de difficultés sont hors délai ; il faut alors refaire le tour des instances en charge de l’octroi de ces subventions pour obtenir une prorogation, qui n’est pas automatique et dépend des budgets disponibles au moment de la demande. Or le moindre refus ou diminution d’une seule subvention met tout le dossier en péril...

En parallèle, nous continuons le travail sur la restructuration du capital d’Arcadie, puisqu’il nous faut trouver 60 000€. Les charbonnages de France qui sont au capital d’Arcadie nous proposent de solder la première opération de capital-risque qu’ils ont faite avec nous ce qui suppose que nous rachetions leurs actions, à la suite de quoi ils doubleront la mise, c’est-à-dire qu’ils remettront au capital la même somme multipliée par deux. Nous mobilisons les comptes courants des associés, nous rachetons les actions, mais les Charbonnages changent d’avis et refusent de revenir au capital…

Nous parvenons à obtenir le statut entreprise solidaire, label crée par M Hascoët, ministre du développement durable, juste avant la fin du gouvernement Jospin. Cela nous permet de postuler à l’entrée à notre capital de la SIFA, société de capital risque qui intervient dans les structures qui favorisent la réinsertion des chômeurs.

Nous nous trouvons à ce moment-là du projet dans une situation comparable à celle de 6 nageurs au bord de la piscine qui ont décidé qu’ils ne sauteraient que si tous les autres sans exception sautaient (parce qu’ils savent que celui qui saute seul se noie), et qui craignent de sauter seuls. Chacun redouble d’exigences en direction des autres en terme d’engagement, de certitude d’engagement. Les banquiers veulent les décisions de subventions signées avant de signer eux-mêmes les accords de prêts, les financeurs, et en particulier l’Europe, via le FEDER, veulent les accords de prêt des banquiers signés, avant de signer les accords de subventions. Il faut une patience infinie pour rassembler peu à peu les pièces de ce puzzle compliqué et grâce à la confiance des amis actionnaires, tenir bon et parvenir enfin à donner confiance. 

Vient enfin le moment où l’un des décideurs juge qu’il a les garanties qu’il attendait et les autres peu à peu suivent. Le 9 avril 2004, la SIFA nous adresse enfin le courrier qui fait basculer le dossier dans le bon sens, à sa suite le FEDER, la région, les banquiers suivent. Nous allons enfin pourvoir passer chez le notaire !

Et signer le contrat de crédit bail avec la BDPME, qui sera le principal banquier de l’opération. Un Crédit-bail, cela signifie que le banquier reste propriétaire des locaux jusqu’au versement de la dernière mensualité, que jusque-là nous ne sommes que locataires ; que nous (Bernard et Dominique Kimmel), sommes caution solidaire, c’est-à-dire qu’en cas de difficultés de l’entreprise à payer le crédit bail, nous nous portons caution de deux ans de loyer (soient 260 000€) sur nos revenus personnels... Il faut oublier tout ça pour pouvoir se réjouir d’être arrivés jusque là !

Mais notre acharnement a payé, la construction se déroulera sans trop de problèmes avec des entreprises compétentes et très bien sélectionnées par notre super architecte, qui couve son bâtiment comme on couve son premier enfant !

2004

Les travaux commencent en Mai 2004, et dorénavant c’est en photos que l’on retrouve la trace de la construction, qui ressemble à la construction de la coque d’un bateau...

2009

...et nous pouvons enfin achever la construction telle qu’elle avait été conçue, avec son local de réception, des bureaux en mezzanine, et même nous ajoutons une surface pour le local arômes et une autre pour l’atelier broyage...