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Retour à la terre

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Notre premier champ, le champ de la Lauzièire, est labouré. Un premier essai, la semaine dernière avait du être interrompu, la terre était gelée. Nous y planterons du thym dès que possible. Stéphane avait au préalable coupé les branches des haies qui dépassaient trop à l’intérieur de la parcelle. C’est un long rectangle d’environ un hectare, presque entièrement entouré de haies, le long d’un chemin qui mène assez vite au village. L’année dernière elle était ensemencée en céréales. Elle n’était donc pas encore trop enherbée, et nous espérons la planter au printemps. Sur la photo en arrière-plan on distingue le Mont Lozère, et son sommet, le Finiel, tout enneigé. Nous avons analysé notre terre : c’est une terre limono argilo calcaire, assez pauvre et pas mal calcaire, avec assez peu d’argile. Le Lara, qui a fait l’analyse, conseille d’y mettre du compost de fumier. La plus grande part de nos terres se ressemblent et nous projetons de semer au printemps des engrais verts sur les parcelles que nous n’aurons pas plantées en thym.

Un retour aux racines

Notre point de départ, en 1980, était la production de plantes médicinales, tout simplement parce que nous aimions les plantes, la botanique. Ce n’est que par la suite que nous avons compris qu’il n’y avait presque plus de productions en France, que tous les savoir-faire avaient disparu. Nous avons donc glané ici ou là dans des livres anciens, qui ne sont plus édités depuis des décades, des éléments techniques sur la culture, la récolte, le séchage. Puis nous avons, avec l’aide de trois étudiants, réalisé une brochure pédagogique pour que les nouveaux producteurs puissent profiter de ce que nous avions rassemblé, à partir de nos premières expériences. Cette brochure a été diffusée dans un grand nombre de chambres d’agriculture et de centres de formation, et également vendue directement à des producteurs. Nous en avons imprimé à peu près 200 exemplaires qui ont tous été vendus. Les années 80 ont vu un certain nombre d’initiative de production démarrer dans les campagnes françaises, et une partie de ces initiatives est encore bien vivante aujourd’hui.

Malgré tout, depuis cette époque, nous avons été contraints à nous approvisionner ailleurs, que ce soit en Europe ou dans des pays plus lointains, qui eux avaient conservé un certain savoir faire : Maroc (où Maurice Mésségué en son temps faisait produire une partie de ses produits, près d’Agadir), Turquie, Égypte. En effet, les contrôles d’Écocert permettent de s’approvisionner un peu partout dans le monde. Depuis quelques années le concept de proximité, issu directement de la logique écologico-durable, a surgi dans la conscience européenne. Il s’est imposé très rapidement comme une nécessité évidente. Il est tout à coup devenu insupportable que les plantes qui pouvaient être produites en France ne le soient pas. De plus les évolutions parallèles (qui se rejoignent et se renforcent) des laboratoires d’analyses améliorant leurs protocoles et faisant baisser leurs seuils de détection de résidus de produits phytosanitaires, nous guidaient assez brutalement vers la même conclusion : il faut produire si possible en France, et en tous cas en Europe, tout ce qui peut l’être.Cette exigence du consommateur ne nous dispensait pas de continuer à fournir un produit conservant les même qualités que par le passé au niveau goût, aspect et quantité. Au point de vue du tarif, il ne pouvait être question d’augmenter sans limites.

Nous avons donc compris que la seule issue était d’améliorer la production française en espérant qu’elle puisse devenir rémunératrice pour les paysans/producteurs, et pour cela de les aider à trouver une mécanisation adaptée, parfois avec mise en commun des outils, des plants et des semences de qualité, du conseil, ... Nous avons donc embauché Frédéric, qui a débuté le travail de recensement des producteurs de Plantes dans la région. Puis, lorsque Frédéric a préféré quitter Arcadie, Anne a pris le relais. Nous avons, pour Arcadie imaginé deux pistes de travail.
  • La première : nouer des contacts avec des producteurs locaux, voir dans quelle mesure on pourrait les intéresser à travailler pour Arcadie, le tout dans le cadre d’une opération concertée de relance de la production des PAM à l’échelle régionale.
  • La deuxième : trouver des terres, une propriété agricole, qu’Arcadie pourrait louer ou acheter, pour produire en direct, expérimenter, multiplier, démontrer, en salariant la ou les personnes chargées d’accomplir le travail sur le terrain.
Avec l’aide du CIVAM du Gard, et le soutien du département et de la Région Languedoc Roussillon, des séances de formation, des réunions d’information, des visites d’exploitation et d’entreprise ont été organisés. Nous avons rencontré un grand nombre d’aspirants producteurs, avec des demandes extrêmement variées.  Il est maintenant vraisemblable que plusieurs hectares de thym seront plantés dans le département d’ici le printemps.

Trouver des terres

Dans la recherche de propriété, nous avons exploré deux hypothèses. L’une non loin de Quissac, à 1/2 heure de Méjannes, l’autre à St Jean du Pin de l’autre côté d’Alès. Les deux hypothèses se sont «ensablées». Et puis en Juin 2009, le dossier est entré en sommeil, jusqu’à l’arrivée d’Anne en Janvier 2010. Mais autant la prospection des producteurs a été tout à coup accélérée, autant le dossier “ferme expérimentale”, qui, au fur et à mesure des rencontres se précisait dans la théorie, prenait du retard, du fait que nous ne trouvions pas l’endroit qui puisse convenir à nos projets.

Nous avons embauché Stéphane qui projetait de s’installer comme viticulteur et se cherchait un emploi pour préparer cette installation et prendre le temps de se former. Il s’est tout d’abord occupé des plates bandes autour des nos locaux , et aussi des composts d’Arcadie. Car Arcadie produits de grosses quantités de déchets de produits : poussières de plantes générées par le broyage et extraites par les systèmes d’aspiration, résidus de tri, ou plantes abîmées, à quoi s’ajoutent les peaux d’oranges et de citron issues de la fabrication des arômes. Tous ces déchets nous les compostons, et nous les réutilisons dans les plates bandes.
Au bout de quelques mois de travail, nous avons proposé à Stéphane de devenir le «paysan salarié» d’Arcadie.

Et puis un jour en cherchant un peu au hasard sur le site «Le Bon Coin», nous avons trouvé une annonce de terres à vendre dans une commune très proche de Méjannes. Ces terres, cultivées en céréales jusqu’à l’année dernières sont entrée en reconversion à l’automne. De plus une des parcelles voisinait avec un grand champ de trois hectares qu’un autre propriétaire tentait de vendre depuis longtemps, et qui est en friches depuis deux ans. Il aura fallu quelques mois de démarches pour que l’achat puisse se faire. Au final c’est environ 15 hectares (en 2 grosses parcelles et trois plus petites) qu’Arcadie a acheté. La mairie du village n’était pas enthousiaste à l’idée que nous construisions un hangar quelque part dans la campagne. Par chance, nous avons eu l’opportunité de louer, dans le village même, un hangar de 600m2, qui abritera les outils agricoles ainsi que des machines pour le travail après récolte : séchage, tri, vannage.... À terme, nous projetons de produire du thym et de la vigne rouge, mais aussi de tenter des expérimentations de démonstration/formation d’un grand nombre de produits : ombellifères (aneth, anis, fenouil, coriandre), plantes de garrigue (marjolaine, hysope, sarriette, romarin, thym, origan), et peut-être aussi quelques plantes à feuilles (menthe, mélisse basilic). Depuis 2 semaines, Stéphane laboure....