Culture d’origan sur les terres d’Arcadie, printemps 2021.
Juin 24, 2022 cdefeche 0 comments
ORIGAN CULTIVÉ, ORIGAN SÉCHÉ, ORIGAN TRIÉ !

ORIGAN CULTIVÉ, ORIGAN SÉCHÉ, ORIGAN TRIÉ !

L’origan, Origanum vulgare, est cultivé surtout dans la région méditerranéenne. Notre origan français (68% des volumes achetés en 2021, soit 9,2 tonnes) provient d’Occitanie et d’Ardèche. Le reste (4,3 tonnes en 2021) venait de Grèce. Pour 2022, nous allons réussir à atteindre 100% de nos achats d’origan en France. 

Après avoir plongé dans la botanique de l’origan, rapprochons-nous des producteurs qui le cultivent, avec 2 exemples concrets dans le Gard : les terres cultivées d’Arcadie (St Etienne de l’Olm) et les cultures de Hervé Béchard, producteur au sein du groupement BGM sur le bassin versant de la source Perrier (Vergèze).

Hervé Béchard dans une de ses parcelles d’origan

Hervé Béchard dans une de ses parcelles d’origan, à Vergèze (30), oct. 2021.

18 ha cultivés, 21 producteurs et presque 11 tonnes produites en France pour Arcadie

La majorité de notre origan provient de 9 producteurs de BGM (Bio Garrigue Méditerranée) qui en cultivent 15 ha pour une production de 8,5 tonnes une fois séché et trié. Une tonne et demi supplémentaire est produite sur 3 ha, par 11 producteurs de PPAM Ardèche, chacun cultivant de petites surfaces d’origan.

 

Ces 2 filières d’approvisionnement sont labellisées commerce équitable , caractérisé par un engagement entre Arcadie et les producteurs, sur une durée de 3 ans, renouvelable, concernant notamment des prix (rémunérateurs) et des volumes.

 

Sur les terres d’Arcadie, nous avons produit 600 kg d’origan en 2021, sur 0,6 ha. Nous avons également du romarin, de la sarriette, du thym, de la vigne rouge (feuilles) un peu de sauge, quelques essais de calendula (soucis). Cette activité agricole nous permet de garder le lien direct avec les plantes en culture et de partager ce savoir-faire agricole : nous développons aussi la biodynamie, des essais en agroforesterie, du compostage à la ferme, des aménagements pour la biodiversité… Cela nous permet enfin de sensibiliser les Arcadiens et nos partenaires aux questions agricoles et de biodiversité.

Mais que fait-on dans un champ d’origan ?

La plupart de nos producteurs mettent en terre de tout jeunes plants (quelques feuilles) achetés en pépinière. Très peu réalisent eux-mêmes la production des plants, à partir de graines. Après la plantation, et pendant les 2 premières années, un très gros travail de désherbage est nécessaire : tant que la plante n’a pas pris toute sa place, les herbes indésirables peuvent être très envahissantes et gêner la culture. Et en agriculture bio, pas de produits désherbants, uniquement des outils et … des muscles ! Les outils tractés rendent la tâche un peu moins physique, mais la binette, et le travail manuel, restent indispensables surtout les premières années.

Béchard désherbage

Hervé Béchard désherbe sa culture d’origan avant récolte : son tracteur tire un cultivateur (dents métalliques qui travaillent entre les rangs d’origan) et des “doigts kress” en caoutchouc qui viennent au plus près des pieds d’origan sans risquer d’abimer la plante.

Quelques producteurs réalisent des essais de culture sur toile (plastique) pour limiter cette contrainte de l’enherbement. C’est une alternative à l’utilisation d’herbicides (on est en bio !) et cela permet de réduire la pénibilité du travail manuel de désherbage. Mais l’utilisation du plastique n’est certes pas non plus satisfaisante. Certains producteurs ont aussi eu des surprises avec des lots impropres à la consommation car nous y retrouvions des petits morceaux de plastique. Il y a un juste équilibre à trouver et ce n’est pas simple pour les producteurs !

Origan cultivé sur paillage plastique

Origan cultivé sur paillage plastique par un producteur de PAM Ardèche : une autre technique pour limiter la contrainte du désherbage, très forte en agriculture biologique.

La culture est en place pour une durée de 8, 10 ans voire un peu plus encore. Elle commence à produire autour de la 2e voire 3e année : cela signifie aussi que les 2 premières années de dur labeur (de désherbage) ne sont pas récompensées tout de suite par la récolte… il faudra attendre, c’est un véritable investissement !

Jeunes plants d’origan

Jeunes plants d’origan à la plantation. Nov 2020, chez H. Béchard.

Origan de 3 ans sur les terres d’Arcadie

Origan de 3 ans sur les terres d’Arcadie. Les tout jeunes plants se sont bien développés, et la culture a pris de l’ampleur, couvrant désormais tout le rang : les herbes non désirables ont un peu moins de place, et le désherbage sera (un peu) moins chronophage ! Avril 2021.

La culture atteint ensuite un maximum de production pour une durée de 3-4 ans puis décline doucement jusqu’à ce qu’il ne soit plus assez rentable pour le producteur de la garder.

Une parcelle d’origan, en fin de cycle

Une parcelle d’origan, en fin de cycle, qui n’est plus récoltée : l’origan “abandonné” en pleine floraison ! Ferme d’Arcadie, juin 2022.

Ancienne parcelle d’origan

Ancienne parcelle d’origan : les insectes trouvent leur compte dans la multitude de fleurs (sur les parcelles en production, l’origan est récolté avant floraison) ; ici avec un papillon “Azuré de la Bugrane”.

Selon les producteurs, l’espace entre les rangs est soit laissé nu (car plus facile pour intervenir et moins de risques d’envahissement par les herbes) soit couvert : un couvert végétal (semé par le producteur, ou bien spontané) permet de protéger les sols (et la culture) des ardeurs du soleil… ou de la pluie (les fameux épisodes cévenols).

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Printemps 2022 à la ferme d’Arcadie : le pois fourrager (vert tendre) semé par Yoachim entre les rangs d’origan (vert plus foncé) forme de jolies rayures…

Début d’hiver 2021

Début d’hiver 2021 (5 mois plus tôt !) à la ferme d’Arcadie : le paysage n’est pas le même ! L’origan bruni par le froid hivernal, n’a pas encore repris sa pousse de printemps, et les jeunes pousses de pois, qui ont peiné à lever cette année, sortent à peine entre les rangs..

Entre les rangs, l’enherbement spontané

Entre les rangs, l’enherbement spontané, maintenu “comme il faut”, forme aussi une couverture précieuse pour protéger le sol. Parcelle d’origan d’Arcadie, 2e repousse, juin 2020.

Sur les terres d’Arcadie, nous nous sommes plongés dans l’approche biodynamique depuis 1 an et demi. Favoriser les forces d’enracinement, renforcer le lien de la plante avec son terroir (concerne plutôt les éléments “terre“ et “eau“), et par ailleurs développer aussi l’expression des plantes, leurs qualités plus subtiles, notamment organoleptiques (liés plutôt à la lumière et à la chaleur) ; tel est l’objectif de nos pratiques biodynamiques. Entre terre et ciel, il s’agit de favoriser le juste équilibre de nos plantes cultivées dans un environnement complexe.

préparation biodynamique

Dynamisation d’une préparation biodynamique avant épandage. Ferme d’Arcadie, juin 2021.

Récolte

Comme beaucoup de plantes de la famille des Lamiacées, l’origan est récolté juste avant floraison, au mois d’avril-mai. Il est récolté mécaniquement. Il repousse ensuite depuis le pied, d’autant plus que la saison est humide ou la parcelle irriguée. 

Récolte mécanique d’un origan

Récolte mécanique d’un origan en 3e année de culture à Arcadie. Vue depuis… le tracteur !

Récolte de l’origan : avant, après

Récolte de l’origan : avant, après. La récolteuse “tond” les plants assez bas, l’origan repartira ensuite du pied. A observer également : cette année là (2020), c’est un mélange de céréales qui a été semé entre les rangs ; on aperçoit les pousses d’avoine.

La récolteuse mécanique se remplit

La récolteuse mécanique se remplit progressivement. Il est cependant nécessaire de s’arrêter de temps en temps pour repousser la matière au fond de la remorque, à la fourche, plus délicatement que ne le fait notre bonne vieille “Bonino” !

L’agriculteur pourra réaliser une 2e coupe autour de juin-juillet voire une 3e coupe à l’automne. Les rendements de ces autres coupes sont en général moindres – cela dépend encore une fois de l’accès de la parcelle à l’eau.

A la ferme d’Arcadie, non irriguée, en 2021 la 1re coupe d’une parcelle en pleine production a donné 1 tonne d’origan (séché et trié) pour 1 ha (= une parcelle de 100 m * 100m) et seulement l’équivalent de 250 kg (pour 1 ha) lors de la 2e coupe. Pour cette année 2022, particulièrement sèche, il est probable que nous ne puissions même pas faire de 2e coupe.

Première coupe 2022

Première coupe 2022 sur les terres d’Arcadie. Une année sèche…

Hervé Béchard, à Vergèze, cultive 6 ha d’origan pour Arcadie. C’est la plus grande surface cultivée en origan parmi les producteurs du groupement BGM. H. Béchard a commencé avec 1 ha en 2016, et a augmenté progressivement chaque année. Aujourd’hui il se dit très fier de son origan !

Son système d’irrigation lui permet de réaliser 3 coupes chaque année ! L’année dernière, le gel tardif de printemps a cependant limité sa récolte ; H. Béchard a dû broyer les plantes gelées et attendre qu’elles repartent du pied.

Une des parcelles d’origan d’Hervé Béchard, producteur de BGM, en mai 2022, avant récolte. En arrière plan, l’usine Perrier, qui a imposé l’agriculture biologique sur tout le bassin versant de la source, pour préserver la qualité de l’eau.

Globalement, les producteurs pour Arcadie ne sont satisfaits de leur culture d’origan que s’ils parviennent à réaliser au moins 2 bonnes coupes dans l’année, voire 3. La question de l’accès à l’eau, qui sera forcément limité dans les années à venir, reste cruciale… et posée ! Et la question des prix d’achat toujours à ré-interroger, pour permettre aux producteurs de vivre de leur travail.

Un séchage délicat

Le moment de la récolte est délicat car la plante plutôt fragile en comparaison des thym, sarriette et romarin aux feuilles plus coriaces. L’origan doit être manipulé le moins possible, et être étalé rapidement après récolte dans les séchoirs, puis aéré à la fourche régulièrement. Sinon il risque de noircir et devient invendable.

mis en séchoir

Aussitôt récolté, aussitôt mis en séchoir ; à la ferme d’Arcadie, mai 2022.

Déchargement de la récolteuse dans les séchoirs

Déchargement de la récolteuse dans les séchoirs (Yoachim et Stéphane, à Arcadie) ; l’origan doit être bien réparti sur toute la surface des séchoirs pour assurer un séchage optimal. On évite de trop remplir les séchoirs ce qui risquerait de tasser la matière.

Pour assurer le séchage de son origan, Hervé Béchard a investi dans un grand séchoir l’année dernière. Qui servira aussi pour les autres plantes vendues en herboristerie : il a encore 4 ha de thym, 1,5 ha de thym citron et 3 ha de romarin pour Arcadie !

Hervé Béchard, retourne son origan au séchoir tous les jours.

Hervé Béchard, producteur au sein du groupement de producteurs BGM (Bio Garrigue Méditerrannée), retourne son origan au séchoir tous les jours.

Certains producteurs les plus proches (moins de 20 km) peuvent venir faire sécher leurs plantes aromatiques à la ferme d’Arcadie, s’ils ne sont pas équipés. Il est cependant préférable de s’équiper rapidement et de pouvoir sécher les plantes au plus proche des parcelles.

Battage, tri…

Une fois séché, l’origan doit être battu, puis trié. Le battage est souvent réalisé avec les anciennes moissonneuses batteuses utilisées pour les céréales : un batteur et un contre-batteur permettent de séparer les feuilles des tiges. Cette opération est réalisée par les producteurs directement, mais ceux-ci ont aussi la possibilité d’apporter leur origan séché pour le battre à la ferme.

battage

La plante doit être bien sèche pour que les feuilles se séparent facilement des tiges ; la batteuse est installée en bout de séchoir. Yoachim alimente celle-ci ; les plantes sont battues par un ensemble de batteur / contrebatteur. Trois qualités différentes en sortent : directement dans le big bag sur le côté : les feuilles. À l’arrière : un mélange tiges / feuilles à retravailler, tombant dans la caisse en plastique. Juste au dessus : les tiges, qui constituent des “déchets”.

battage déchets jetés

Les “déchets” de battage (=les tiges) sont stockés dans une remorque attenante. Ces déchets sont transformés en ressource : des matières organiques (compostées si possible) qui retournent dans les champs. Masque réellement nécessaire pour cause de poussières intenses !

Et ce n’est toujours pas fini ; après le battage, suit encore le tri, en général réalisé à Arcadie. Toujours inspiré des outils des céréaliers, c’est une trieuse à grain, avec toute une série de tamis, qui permet, après plusieurs passages, d’arriver à éliminer toutes les impuretés et à parvenir à la qualité requise pour Arcadie.

tri 1

La Trieuse à Arcadie. La matière, déplacée directement en big-bag, est vidée dans l’alimentateur, remonte via un tapis roulant pour redescendre via des tamis successifs, à travers la trieuse.

tri 2

Tri : Aurélien vérifie le bon fonctionnement de la trieuse, le remplissage des sacs de différentes qualités (calibres notamment).

Le cheminement de l’origan dans nos ateliers de transformation / conditionnement sera l’objet du prochain article (mettre en lien l’article en question quand il sera publié). Plusieurs qualités d’origan sortent de la trieuse, dont les usages à Arcadie seront différents. Les brisures trop fines iront dans l’origan à broyer, et les feuilles encore entières recalibrées pour être vendues en origan feuilles.

Et analyses !

L’agriculteur en aura fini avec son origan seulement quand celui-ci aura passé l’étape des analyses validées ; c’est alors seulement que la plante pourra entrer dans les ateliers de transformation / conditionnement  d’Arcadie.

Nous vérifions que le lot ne contient pas de molécules pesticides (600 sont recherchées !), qu’il est conforme en termes de microbiologie (moisissures éventuelles) et, pour certains produits pour lesquels nous le garantissons, sans gluten* !

* “mais que viendrait faire le gluten dans l’origan ?“ me direz-vous ? Chez des producteurs diversifiés qui produisent et des plantes aromatiques et des céréales, des machines communes peuvent être utilisées… et laisser quelques traces d’une production sur l’autre.

Imaginiez-vous que la culture et la préparation des des plantes aromatiques était si technique ? Vous en connaissez désormais un bon rayon ! Et vous allez découvrir la suite de l’aventure de l’origan dans les locaux d’Arcadie dans un prochain article.

Cette culture des plantes aromatiques et médicinales n’est pas le cœur de métier d’Arcadie. Mais il est essentiel pour nous de l’expérimenter sur notre ferme, et cela prend tout son sens lorsqu’on veut développer des filières équitables, de vrais liens avec les agriculteurs. Nous travaillons avec ceux-ci pour améliorer notre qualité globale de production et avons parfaitement conscience que nous ne pourrions pas développer toutes les gammes de plantes et mélanges que nous avons, de cette qualité, sans leur précieux travail, parfois laborieux, avec la terre.

Cecile_Defeche

Auteur de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d’Arcadie qui englobe l’activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de “terre libre” autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie… Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d’Arcadie et de ses partenaires… (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et… la préserver !!

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Champs origan
Juin 17, 2022 cdefeche 2 comments
L’ORIGAN ? UN PEU DE BOTANIQUE…

L’ORIGAN ? UN PEU DE BOTANIQUE…

L’origan (Origanum vulgare) est l’aromate par excellence qui évoque… les pizzas !! Il fait partie de cette grande famille des Lamiacées à laquelle appartiennent aussi nos autres plantes aromatiques et médicinales typiques du sud de la France : le thym, le romarin, la sarriette, produites par notre filière régionale. Mais également la lavande, la sauge, la menthe, la mélisse, le basilic, l’hysope, l’ortie…

Un peu de botanique pour nous plonger dans cette belle aromatique et cette incroyable famille !

Les Lamiacées, une grande famille d’aromatiques et médicinales

La famille des Lamiacées était autrefois appelée Labiées, en référence aux fleurs en forme de lèvres qui rend cette famille assez facilement reconnaissable.

fleur origan

Origan en fleur ; les fleurs, très petites, sont agglomérées en panicules

fleur de sauge

La fleur de sauge, plus grosse que celle d’origan, rend plus visible la forme caractéristique des fleurs de Labiées

fleur de thym et feuille de menthe

Thym en fleur et feuille de menthe… encore deux autres Labiées bien connues !

Depuis l’Antiquité, nombre de plantes de cette famille sont connues comme des grandes médicinales ou aromates utilisées dans la cuisine : romarin, thym, sarriette donc, mais aussi sauge, lavande, hysope, plutôt caractéristiques des zones de chaleur et qui apparaissent dans l’ensemble comme typiques aussi des milieux secs et lumineux, type méditerranéens (feuilles fines, réduites, denses, des thyms, romarins, hysopes, lavandes…). La menthe, la mélisse et le basilic font aussi partie de cette famille, mais ont besoin d’un peu plus d’eau.

feuilles thym et mélisse

Le thym aux petites feuilles plus pointues (arrière plan) est typiquement une Labiées (Lamiacées) des zones sèches de garrigue. Les feuilles de mélisse, de la même famille (1er plan) contrastent : surface foliaire plus importante, plus d’arrondi : la mélisse pousse dans des milieux moins secs que le thym ! L’origan est entre les deux !

Ces Lamiacées aromatiques sont utilisées surtout pour leurs feuilles, riches en huiles essentielles, et sont citées comme agissant sur l’appareil respiratoire et le système cardio-vasculaire, et sur la digestion. Nombre d’espèces de cette famille portent d’ailleurs le qualificatif d’officinales (officinalis en latin).

Pour plonger dans cette famille de plante, voir l’ouvrage Rencontrer les plantes – approche par la méthode de Goethe, de C. Escriva et JM Florin, ed. Amyris, 2011, centré sur les Lamiacées...

L’origan, Origanum vulgare

Origanum est ce qu’on appelle un “genre“ en botanique, une grande « sous-famille » dans la famille des “Lamiacées“. Ce genre Origanum comprend lui-même de nombreuses espèces et parmi elles, la plus commune en France est notre origan, plus précisément “origan vulgaire“, Origanum vulgare.

Ce genre Origanum comprend également Origanum majorana, la Marjolaine à coquille. Cette espèce est très proche de l’origan au niveau de l’aspect et du goût, et parfois difficile à différencier ; son parfum est dit plus subtil, moins puissant…

L’origan pousse plutôt dans les milieux secs, pauvres, ensoleillés, donc plutôt en milieu méditerranéen, même s’il fait partie des Lamiacées qui s’aventurent le plus au nord en Europe (par rapport aux lavandes, thyms, romarin, sarriette qui sont – en sauvage – des plantes typiques des régions méditerranéennes).

Si la plupart des Labiées balsamiques, amies du soleil, s’écartent peu des terres méridionales, l’Origan prodigue ses essences à d’autres cieux” (P. Lieuthagi, Le livre des bonnes herbes. ed. Marabout, 1966).

culture origan ekel

L’origan est surtout cultivé en milieu méditerrannéen ; ici dans le Gard.

C’est une plante vivace : elle dure plusieurs années, et en culture on peut la récolter pendant 10-12 ans, avec des récoltes 2 à 3 fois par an ! Elle pousse en touffes, avec des rameaux repartant du pied après chaque coupe, et des feuilles rondes à ovales, duveteuses, douces au toucher et non ligneuses comme peuvent apparaître les feuilles de romarin, de thym, de sarriette, plus “pointues“. Parmi nos 4 aromatiques de la filière régionale (thym romarin sarriette origan), c’est la plus “aqueuse“, même si elle reste une plante de milieu très “sec“ ! Elle est d’ailleurs la plus fragile et délicate après récolte, et au séchage… nous voilà arrivés dans les parcelles cultivées !

origan

les feuilles d’origan sont plus “aqueuses” que les feuilles de thym et de romarin, et nécessitent plus de soin au séchage…

Auteur de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d’Arcadie qui englobe l’activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de “terre libre” autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie… Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d’Arcadie et de ses partenaires… (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et… la préserver !!

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cueillette gentiane
Nov 04, 2021 cdefeche 0 comments
Philippe et la Fée Jaune : rencontre avec un gentianaire

Nous sommes dans les estives du Massif Central. De grands espaces herbagers de moyenne montagne vers 1200 à 1300 mètres d’altitude où paissent les bovins durant l’été.
Philippe Vanoosthuyse y travaille de l’été à l’automne. Philippe est éleveur ?
Non il est gentianaire (cueilleur de racines de gentiane) pour la SICARAPPAM une coopérative agricole avec laquelle Arcadie travaille.

 

La Fée jaune ou Gentiana Lutea

cueillette gentiane
Philippe Vanoosthuyse, “gentianaire” pour la SICARAPPAM, parcourt les estives du Massif Central pour récolter - avec soin - la “Fée Jaune”, à l’aide de sa “fourche du diable ©Photos Max Beaufey

La Fée jaune comme elle est surnommée ici est la grande gentiane ou Gentiana lutea de son petit nom scientifique. Ses racines sont réputées depuis l’Antiquité pour leurs vertus digestives, toniques et apéritives. Dans le Massif Central, la grande gentiane se plaît sur les terrains volcaniques (sols acides). Elle affectionne l’altitude et a besoin d’une pluviométrie importante.

La récolte des racines de gentiane, un travail difficile

Philippe explique :

C’est un métier de labeur qui demande une bonne condition physique et où il faut être endurant : il faut planter la fourche du diable [l’outil de récolte du gentianaire] dans la terre et s’arc bouter sur le long manche de métal pour faire levier afin d’extraire les racines enfouies dans le sol. Plus les feuilles de la plante (partie externe) sont denses plus les racines seront grosses. C’est la promesse d’une belle récolte pour le gentianaire !

planté de la fourche du diable cueillette gentiane
Une fois le pied adéquat trouvé, il faut manier la lourde “fourche du diable”... ©Photos Max Beaufey
planté de la fourche du diable cueillette gentiane
cueillette gentiane
… puis dégager le pied et les racines.
cueillette gentiane

Une fois l’arrachage terminé, Philippe veille à reboucher les trous afin de ne pas endommager prairies et pâturages. Il nettoie ensuite les racines sur place : à l’aide d’un couteau il retire patiemment le plus de terre possible et coupe les bourgeons.

nettoyage racine gentiane après cueillette
Nettoyage des racines : le plus gros de la terre est soigneusement retiré et les bourgeons coupés. ©Photos Max Beaufey

La récolte est mise en sac de toile de jute : cette matière assure l’aération des racines afin d’éviter toute fermentation. Les sacs sont pesés avant d’être regroupés sur le chantier, protégés des vaches trop curieuses qui pourraient souiller la récolte avec quelques bouses.

racines de gentiane transportées dans des sacs en jute pour la respiration
Philippe met les racines en sac de toile de jute, cette matière permettant de laisser les racines respirer. Il faut avoir les épaules costaudes, pour supporter et les sacs pleins de racines (et d’un peu de terre humide) et la fourche du diable ! ©Photos Max Beaufey

« En une journée je peux arracher entre 150 et 200 kilos de racines. En une semaine la récolte avoisine 1 tonne » raconte Philippe.

L’arrachage de la gentiane est réglementé : le propriétaire des lieux est contacté par les cueilleurs afin d’obtenir son autorisation et il sera rétribué pour chaque kilo de gentiane arraché.

La Gentiane : une ressource à préserver

Philippe connaît bien sa Fée jaune.

« La gentiane est une grand-mère dont la durée de vie est de 50 à 60 ans. C’est une plante vivace et robuste qui peut être récoltée lorsqu’elle atteint 20 à 25 ans de vie. Afin de préserver la ressource, le cueilleur doit laisser les jeunes plants en terre pour qu’ils atteignent leur maturité. C’est tout un savoir-faire et une conscience écologique que souhaite transmettre notre coopérative. »

L’après récolte

La précieuse racine peut être vendue directement en frais, ou en sec. Plusieurs étapes sont alors nécessaires : séchage, calibrage, tri. Les racines de gentiane sèchent naturellement, étalées au sol sous serre, durant l’été, pendant trois ou quatre semaines. Elles sont ensuite calibrées au sasseur (sorte de tamis) pour les séparer des radicelles. Enfin un passage au souffleur permet de compléter le dépoussiérage.

racines de gentiane mises à sécehr sous serre
Les racines sont étalées au sol, ici sous une grande serre à la SICARAPPAM, et sèchent naturellement. ©Photos Max Beaufey
racinesd e gentiane sèches
Racines sèches de gentiane

Les racines les plus grosses sont conditionnées en sac de 25 kilos et le restant (radicelles) est destiné à la transformation.

Philippe un gentianaire expérimenté

Depuis 20 ans, Philippe cueille des plantes pour la SICARAPPAM. Il produit essentiellement en été et à l’automne le bouleau, le framboisier, la gentiane et le frêne.

« À la SICARAPPAM j’ai commencé avec la gentiane et la décoration de noël, raconte-t-il. C’était à l’époque une activité de fin de saison. Il s’agissait de cueillir des branchages de bouleau servant à la décoration. Cela a duré 15 ans puis la concurrence des pays de l’est a pris le pas sur le marché de la déco. »

« J’ai un BEP agriculture / élevage. Je suis un homme d’extérieur, un inconditionnel de la nature doté d’un fort caractère d’indépendant et j’apprécie cette liberté choisie en tant qu’homme libre et responsable. J’organise mon travail comme je l’entends même si évidemment il y a toujours des comptes à rendre et des contraintes. »

À la question : peut-on vivre de ce métier ? Il répond sans ambages :

« Lorsque l’on fait le ratio entre le temps passé et l’énergie dépensée le gain est faible. Mais il s’agit d’un choix : c’est un métier passion. »

témoignage cueilleur de gentiane
Ce métier prend du temps… et de l’énergie ! “Mais il s’agit d’un choix : c’est un métier passion” témoigne Philippe Vanoosthuyse Formation cueillette sauvage ©Photos MAx Beaufey

« J’ai la chance de pouvoir intervenir dans un Centre de Formation Professionnel Agricole près de Clermont Ferrand pour la filière “Cueillette et culture“. Mon public se compose de jeunes élèves mais aussi d’adultes en reconversion professionnelle. Depuis plus de dix ans je leur transmets un savoir-faire et un savoir-être. Un certain nombre d’entre eux sont d’ailleurs devenus adhérents de la SICARAPPAM. C’est pour moi une entière reconnaissance. »

La commercialisation de la gentiane

Les clients de la SICARAPPAM sont pour l’essentiel des laboratoires pharmaceutiques mais également des distillateurs d’eau de vie.

Arcadie est en contrat Biopartenaire® (commerce équitable) avec la coopérative depuis 2009 (le début du partenariat remonte à 1998). Elle s’engage dans la durée sur des prix et des quantités définies avec l’ensemble des producteurs. L’objectif étant que les producteurs cueilleurs puissent vivre de leur métier avec une juste valorisation de leur travail.

À Arcadie vous retrouverez les racines de gentiane récoltées par Philippe et ses collègues dans les sachets « L’Herbier de France ».

Gentiane L'Herbier De France Bio Equitable Biopartenaire Origine France

Comme pour toutes les racines, plus coriaces que les feuilles, vous pouvez les laisser bouillir (2 grammes par tasse) quelques minutes avant dégustation.

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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Alexis Brunel cueille les feuille de myrtillier bio
Août 26, 2021 cdefeche 2 comments
Rencontre avec un cueilleur de feuilles de myrtilliers bio

Alexis Brunel fait partie de ces cueilleurs / cultivateurs qui fournissent Arcadie en plantes médicinales via la coopérative Sicarappam, sise dans le Massif Central. Zoomons sur la cueillette de feuilles de myrtilliers.

Rencontre avec un cueilleur de feuilles de myrtilliers bio

 Certains cueilleurs ont fait l’inverse : ils cueillaient d’abord à leur compte et commercialisaient en vente directe, mais en vivre est difficile ; avoir aussi un débouché avec la coopérative est précieux, les revenus sont plus sécurisés, c’est tout l’intérêt du collectif

Paysagiste de formation, Alexis s’est tourné vers le métier de cueilleur de plantes sauvages il y a 6 ans, d’abord à mi-temps pendant 2 ans, puis depuis 4 ans à temps plein, lorsqu’il a pu constater qu’il parvenait à en vivre. En parallèle, il a rapidement mis en place certaines cultures. Sur 5000 m2 de terrain, il cultive depuis 4 ans des Echinacées, s’essaie depuis l’année dernière à l’angélique et a mis en place un petit verger d’aubépine, sureau, rosier sauvage. Comme un certain nombre de cueilleurs de la Sicarappam, il consacre la majorité de son temps à la coopérative et a développé aussi une petite activité indépendante, pour de la vente directe et/ou de la transformation.

Alexis cueille les sommités des myrtilliers en août-septembre, à l’ombre des forêts du Massif Central. Il laisse 10 à 15 cm du pied, avec des feuilles, afin que celui-ci puisse repartir correctement ; de plus, il ne récolte sur les mêmes pieds que tous les 3 ou 4 ans : comme pour tous les cueilleurs de la Sicarappam, la préservation de la ressource est une ligne de conduite fondamentale.

sommités des myrtilliers lors de la cueillette
Les sommités des myrtillers (parties hautes de tiges et feuilles) sont récoltées à l'ombre des forêts du Massif Central, en août-septembre.

La récolte est mise à sécher le soir même ou le lendemain, dans son propre séchoir (tous les cueilleurs de la Sica doivent être équipés de séchoirs). A l’abri de la lumière et dans des séchoirs chauffés et bien ventilés, le myrtillier est sec en 2 jours maximum.

Après séchage, Alexis se rend à la coopérative pour livrer sa production, couper, puis monder (les feuilles sont séparées des tiges) puis trier : les bris de feuille et autres poussières sont évacuées et les feuilles restantes calibrées.

feuilles et tiges de myrtilliers récoltées
Les feuilles et tiges récoltées sont mises dans un grand sac (big-bag), déplacé au fur et à mesure sur le terrain…
tiges et feuilles de myrtillier après coupe
récoltes de sommités de myrtillier
La précieuse récolte est ensuite vidée dans le véhicule, et sera apportée au séchoir au plus vite, le soir même ou au plus tard le lendemain.

Alexis vient d’investir dans une coupeuse ; il pourra dorénavant pratiquer cette opération de coupe avant séchage. Cela lui permettra un gain de place important et sécher la récolte de 2 jours d’affilée.

La difficulté avec la récolte du myrtillier-feuille, c’est qu’il peut y avoir conflit d’usage avec les cueilleurs de...  fruits : l’année qui suit la coupe de sa sommité, un myrtillier ne donnera pas de fruit. Et Alexis veut respecter les autres usagers ! En plus des demandes d’autorisation à l’ONF, ou à des particuliers, pour avoir le droit de cueillir, il s’assure également de ne pas être sur les sites convoités pour les fruits.

La recherche de sites où cueillir fait aussi partie du métier :

Chaque fois qu’on se déplace, on a les yeux grand ouverts ! Il y a 2 ans nous avons eu une commande de Joubarde, pour la première fois. Nous avions 2 mois pour livrer. Il nous a fallu prospecter très vite !

Le gros avantage de ce métier ?

Je vis dehors, mais c’était déjà le cas avec mon métier de paysagiste. Seulement maintenant je n’ai plus directement affaire au client, c’est la Sica qui s’en occupe, et ça pour moi c’est précieux ! Je n’ai pas d’obligation de ce côté là et moins de stress liés aux coups de fils à passer, etc.
Ce métier m’offre aussi une vraie liberté. La Sicarappam propose une grande diversité de plantes sauvages, il y a de quoi essayer de nouvelles plantes régulièrement, si je le souhaite. Et de diversifier encore en ajoutant la culture à mes activités. Je ne peux pas me lasser !

Alexis Brunel cueillette feuilles de myrtillier
Alexis est passionné par son métier, qui lui permet de vivre dehors, un aspect fondamental pour lui. La grande diversité des plantes à récolter pour la SICARAPPAM lui permet aussi de ne jamais se lasser.

Et un inconvénient ?

Pas vraiment. Peut-être le gros coup de bourre en juin-juillet, quand c’est le plein boom des cueillettes. Mais moi ça me va, j’aime ça !
La météo ? Pas vraiment une contrainte, car je peux choisir les jours où je pars cueillir.

Buvez votre prochaine tisane de feuilles de myrtilliers avec une petite pensée pour le travail enthousiaste d’Alexis et de ses collègues !

Myrtillier Feuilles L'Herbier De France Bio Origine France
Myrtillier Feuilles L'Herbier De France Bio Origine France

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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pulvérisation d'un préparat biodynamique
Juin 24, 2021 cdefeche 0 comments
[Les Pieds dans la Terre] La biodynamie à la Ferme d’Arcadie

L’agriculture biodynamique est dans l’ADN de la ferme d’Arcadie depuis ses débuts… Elle n’avait pas encore pu s’y exprimer jusqu’à présent. Nous avions du matériel, nous avions des formations et des compétences mais il manquait encore de réellement prendre le temps de s’y lancer. Pour 2021 on se lance dans la grande aventure, même si, force est de le constater, les produits issus de l’Agriculture Biodynamique ne sont pas très nombreux dans le catalogue d’Arcadie !

Agriculture Biodynamique/Demeter

L’Agriculture Biodynamique, labellisée Demeter*, intègre les règles de l’Agriculture Biologique - pas d’utilisation d’intrants chimiques de synthèse, ni comme engrais, ni comme pesticides -, auxquelles s’ajoutent des soins particuliers tournés autour de la vie globale de l’ensemble du domaine. Celui-ci est perçu comme un organisme à part entière, si possible auto-suffisant, dont toutes les parties, tous les “organes“, sont pris en compte : le domaine physique (sol, relief…), les végétaux (cultures, mais aussi haies, jachères, etc.), les animaux (ce peut être aussi les animaux sauvages, les oiseaux… les sangliers !) et… les Hommes qui y œuvrent et apportent une impulsion fondamentale à ce tout. Toutes ces parties interagissent, si possible en symbiose, et forment un paysage, considéré lui aussi comme un fruit important de l’activité agricole.
Des préparations spécifiques sont pulvérisées sur les sols et les cultures pour développer vitalité et qualité. C’est l’équilibre global du domaine qui est recherché. La notion de “forces“ est assez centrale – même si parfois difficile à appréhender.
On vous en dira plus au fur et à mesure de nos pratiques, découvertes, observations… car in fine, c’est bien la mise en œuvre et l’observation qui priment sur toute théorie…

*Pour la vigne, on trouve encore d'autres labels : Biodyvin, Naturel, etc

Pourquoi la biodynamie à la Ferme d'Arcadie ?

Pour favoriser la vie sur nos terres !

Toutes les analyses et autres observations de celles-ci aboutissent à la même conclusion : des sols peu vivants, très peu résilients face aux épisodes météo extrêmes, courants dans notre région : trombes d’eau à l’automne, sécheresse estivale très prononcée. Même pour des plantes dites “de garrigue“, ces conditions sont de plus en plus difficiles à supporter ! D’autant plus que sur la ferme d’Arcadie, il n’y a pas d’irrigation.

Couvrir le sol par les plantes, introduire des arbres dans les cultures, apporter des composts, favoriser la biodiversité… sont autant de pratiques à l’essai sur le site de la ferme pour améliorer la fertilité globale du domaine, diminuer l’évaporation, augmenter les régulations naturelles. L’approche proposée par l’Agriculture Biodynamique, qui intègre déjà en soi toutes ces pratiques globales, attire notre attention sur la notion subtile de “vivant“. L’animal et le végétal ne sont pas des machines, qui, moyennant certains carburants, produisent de la matière. La plante n’est pas qu’un capteur solaire produisant de la cellulose.

A travers l’approche biodynamique à la ferme, nous aspirons à une autre manière de se reconnecter à la nature. Nous souhaitons (ré) apprendre à percevoir ces plantes avec lesquelles nous travaillons de manière plus sensible que ce que nous pouvions faire auparavant ; parce que nous sommes persuadés que le travail de ce lien ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble de l’espace cultivé, Homme compris.

La biodynamie bouge dans le Gard

Arcadie est adhérente au MABD, Mouvement d’Agriculture Biodynamique, grâce auquel elle a pu bénéficier de plusieurs formations nouvellement organisées dans le Gard, ainsi que de la visite d’un conseiller.

Stephan, Yoachim et Jean Marot conseiller en biodynamie
Dans la parcelle de vigne rouge. Jean Marot, ancien viticulteur, conseiller pour le Mouvement d’Agriculture Biodynamique, se trouve pour la 1re fois devant un cas de vigne cultivée pour ses feuilles… C’est sûr, c’est pas commun !

En plus du contenu des formations, ces temps d’échange et de rencontre sont importants pour la création d’un réseau de praticiens.

Du concret sur le terrain de la Ferme pour 2021

Préparats biodynamiques sur notre tas de compost

le 1er février, nous avons préparé et apporté les préparats biodynamiques sur notre tas de compost à l’essai.

préparat biodynamique à partir de bouse de vache
“5 préparats différents sont introduits dans le tas de compost via des boulettes de terre
préparat biodynamiqueliquide épandu sur compost à la balayette
Le 6e préparat pour compost est liquide et épandu… à la balayette !!
essai de compost à la Ferme d'Arcadie
Le compost à l’essai sur les terres de la ferme. Après avoir reçu des préparats biodynamiques pour accompagner le processus, le tas est couvert et restera un certain temps à maturer… Février 2021

Première pulvérisation de préparat

Mi juin, une grande partie des terres a reçu une première pulvérisation de préparat. Avec ces pulvérisations, nous n’apportons pas de la matière (comme par exemple en apportant du compost ou des engrais organiques) mais une impulsion pour améliorer des processus autour du vivant (digestion, croissance, dégradation, etc…).

préparat biodynamique fait à base de bouse de vache
Une toute petite quantité de préparat (à base de bouse de vache) a été ajoutée à 100L d’eau de bonne qualité, brassée énergétiquement pendant 1h (ici à la machine). C’est cette préparation qui est apportée aux cultures
pulvérisation d'un préparat biodynamique
Notre jeune parcelle de sarriette reçoit sa première pulvérisation de préparat biodynamique mi juin. Au total c’est environ 4,5 ha qui ont pu être couvertes, avec le pulvérisateur attelé au tracteur… pas encore la totalité des terres de la ferme !

Une large place donnée à l'animal

Nous œuvrons également pour essayer de rééquilibrer le site en donnant une plus large place à l’animal, souvent absent dans nos régions (peu d’élevage). Le travail réalisé pour accueillir plus d’oiseaux en fait partie.

nichoir autour de la Ferme d'Arcadie
Les nichoirs installés sur le site, avec l’aide du Centre Ornithologique du Gard, invitent les oiseaux cavicoles à s’y installer

Aussi les échanges que nous avons avec l’éleveuse de chèvres Mohair qui avoisinent les terres de la ferme : celles-ci pâturent sur une partie de nos terres non cultivées.

Nous aimerions également améliorer notre processus de compostage en y introduisant du fumier animal, même en petite quantité.

chèvres Mohair en pature
les chèvres Mohair de l’élevage voisin de “la Pastourelle” apportent une belle présence animale en hiver dans nos cultures très végétales…

Enfin, nous avons programmé un temps de travail collectif régulier autour de réflexions, observations, retours sur les pratiques. C’est un temps pris sur le flux du travail quotidien, pour se poser, observer plus en profondeur telle ou telle plante, tel paysage (le dessin est une pratique intéressante !), pouvoir s’y connecter de manière plus subtile et qualitative.

Une minorité de produits Demeter au catalogue d'Arcadie

Au catalogue d’Arcadie, 5 produits sont labellisés Demeter, issus de 3 fermes différentes. Deux en Europe, produisant pour l’une le piment doux d’Espagne et pour l’autre la camomille (française). Et trois en Inde, issus du vaste domaine agricole de POABS : thés vert et noir, café, poivre.

Pour le piment doux d’Espagne et la camomille, on a affaire à des producteurs pionniers de l’Agriculture Biologique, qui ont ensuite voulu aller plus loin avec l’Agriculture Biodynamique. En 2021, Arcadie a commandé 5 tonnes de piment d’Espagne Demeter, et 400 kg de camomille.

Le partenariat historique avec POABS est, lui, symbolique de l’intérêt que portent les fondateurs d’Arcadie pour ce type d’agriculture et surtout la philosophie et le regard sur la nature qu’elle implique.

plantes aromatiques et médicinales en biodynamie
Au domaine agricole de POABS, dans le Kerala, en Inde, toutes les préparations biodynamiques sont réalisées sur place, ainsi que les cultures nécessaires : achillée millefeuille, camomille matricaire, pissenlit, etc.

Ces productions issues d’Agriculture Biodynamique restent cependant très minoritaires à Arcadie. Pour Anna, responsable de notre service commercial, la labellisation Demeter est clairement un plus pour nos produits. Elle fait sens et apporte une réelle valeur ajoutée, même si en France, c’est peu connu et reconnu par les consommateurs.

D’autres critères - comme les partenariats équitables, l’implication de nos producteurs en matière de développement de la biodiversité et la relocalisation de la production en France pour les plantes qui y sont cultivables - sont considérés comme plus prioritaires aujourd’hui.

Par ailleurs, les producteurs de plantes aromatiques en Agriculture Biodynamique certifiée ne courent pas les rues (pour le moment !), et les volumes demandés par Arcadie dépassent bien souvent l’échelle de production de l’Agriculture Biodynamique.

Et puis cette Agriculture Biodynamique questionne forcément, en interne aussi on peut entendre : “L’Agriculture Biodynamique ? Reste encore à prouver que ça marche“… Il y a débat, et tant mieux, ça nous met en vie !

En attendant, les réflexions et impulsions pour re-questionner le lien de l’Homme à la nature animent Arcadie. L’expérimentation de l’Agriculture Biodynamique à la ferme, qui commence tout juste, est un pas concret de plus, qui fera certainement cheminer la réflexion par l’observation, et le vécu. Par la vie quoi !

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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romarin cook
Avr 02, 2021 cdefeche 0 comments
Le romarin : de la terre au flacon

Le romarin : de la terre au flacon

Fin février, c’est l’époque de la récolte du romarin à la ferme d’Arcadie à St Etienne de l’Olm (Gard). C’est aussi la 1re récolte qui ouvre la saison, et signe du printemps qui arrive ! Viendront ensuite le thym, l’origan puis la sarriette.
Plante emblématique des petits et grands maux d’hiver, goûteuse en tisane, nous vous proposons aujourd’hui de suivre le romarin du champ jusqu’au conditionnement final…

 

Belle culture de romarin

A la ferme d’Arcadie, les plants mis en culture sont issus de pépinière (des bébés romarins quoi !). On compte 10 000 à 12 000 plants pour une parcelle de 1 ha (1ha = 100m * 100m = 10 000 m2).
Les premières années de culture du romarin sont les plus fastidieuses : entre la préparation du sol, la plantation, et les désherbages qui vont suivre, la culture prend beaucoup de temps pour… ne pas récolter grand-chose !! Tant que les plants sont petits et ne couvrent pas suffisamment le sol, les autres herbes en profitent pour prendre leur part… ce qui induit un désherbage d’autant plus important !

parcelle de peuplier
Jeune parcelle de romarin de 1 an et demi. Ferme d’Arcadie, mars 2020. Les entre-rangs (les plus larges) ont été couverts par un semis d’engrais verts : des plantes protégeant et amendant le sol. On devine ici un mélange d’une graminée et d’une légumineuse, assez classique. Cette parcelle ne pourra pas encore faire l’objet d’une récolte mais sera seulement étêtée pour renforcer les plants. Il va falloir attendre encore un an pour récolter. 

Il faut attendre 3-4 ans pour que la plante atteigne son max de développement. Le romarin sera récolté une dizaine d’années, parfois moins, parfois un peu plus selon les conditions de sol, l’entretien de la culture, etc. Puis les plants de romarin vont commencer à fatiguer et produire moins de feuilles : la culture touchera à sa fin. Le sol sera ensuite laissé au repos quelques années, peut-être aidé d’un “engrais vert“ (un semis de plantes ayant des fonctions régénérantes), avant de pouvoir accueillir une autre culture, de préférence autre que le romarin (la diversité est toujours une bonne option !).

Des producteurs locaux pour notre romarin

En 2020, les 9,5 tonnes de romarin vendues par Arcadie en commerce bio spécialisé – c’est-à-dire tout le romarin que vous trouvez en magasin !, en pur et dans les mélanges, sous les marques Cook et L’Herbier de France – ces 9,5 tonnes de romarin donc, ont été produites par les agriculteurs de la filière régionale, dans les régions Occitanie et PACA.
Sur le terrain, cela correspond à 6 producteurs et 12 hectares. Chacun de ces producteurs cultive entre 1 et 3 ha de romarin pour Arcadie, avec des parcelles qui font en moyenne 1 ha.
Du local dont nous sommes fiers !

Vive la 1ère récolte !

parcelle de romarin sur le point d'être récoltée
Même parcelle de la ferme d’Arcadie, 1 an plus tard, en février 2021 : après presque 2 ans et demi en terre, les plants sont enfin prêts pour une 1re récolte !
Récolte d'une parcelle de romarin
La récolte est mécanique (ici, à la ferme, avec Yoachim). Sont visibles les rangs déjà récoltés, et ceux restant à faire. Toutes les herbes indésirables doivent être écartées afin de ne récolter si possible QUE le romarin : sinon les étapes de tri après récolte seront d’autant plus fastidieuses… voire la récolte inutilisable pour l’herboristerie !

Opérations post-récolte : sécher, battre, trier

La récolte est mise à sécher. En février, selon la météo, en plus des ventilations, il faut parfois actionner des réchauffeurs afin que la plante sèche correctement sans risque de noircir ni de fermenter.

Séchage du romarin au hangar d'Arcadie
Au hangar d’Arcadie : les séchoirs sont faits de claies en inox recouvertes de fins filets sur lesquels sont étalées les branches de romarin immédiatement après récolte. Une ventilation permet d’améliorer la circulation de l’air.

Puis le romarin passe par une étape de battage : batteurs et contre-batteurs vont permettre de bien séparer les tiges des feuilles et réaliser un premier tri.

Battage du romarin
La production une fois sèche passe par l’étape de battage (ici toujours au hangar de la ferme) : les tiges sèches sont séparées des feuilles et évacuées.

Enfin la récolte est triée : des systèmes de grands tamis successifs permettent encore d’affiner le tri et d’obtenir la feuille entière indemne d’autres éléments indésirables.

Tri du romarin
L’impressionnante trieuse à Arcadie ! Au 1er plan, un aménagement réalisé récemment pour pouvoir alimenter la trieuse directement avec les big-bag. La matière monte ensuite à la trieuse (verte, au fond) via un tapis roulant. Puis passe par différents tamis. Plusieurs sorties (les différents sacs), que surveille Stéphane, récupèrent différentes qualités (feuilles entières, coupées, etc.). Les déchets (autres herbes, feuilles mortes, restes de tige, etc) pourront rejoindre le bac de biodéchets et alimenter…  le compost !

Vérification qualité et analyses

Comme tous les lots de matière entrant à Arcadie, le romarin apporté à l’entreprise pour transformation et conditionnement est alors échantillonné pour envoi en laboratoire : le romarin ne continuera son chemin que s’il passe nos critères stricts en matière de pesticides (un article paraîtra bientôt sur ce point important !), sans traces de développements microbiologiques (moisissures ou autres) et sans gluten.
Sa qualité organoleptique et visuelle est également étudiée : un cahier des charges est édité par Arcadie et transmis à tous les producteurs en amont du partenariat.

Produits

Dans les ateliers de conditionnement, le romarin pur peut prendre 3 directions :

  • Les sachets pour tisane L’Herbier de France,
  • Les flacons de 100 mL Cook
  • Les sachets éco-recharge de 25g Cook.

Dans ces différents conditionnements, le romarin peut aussi prendre plusieurs formes : en feuilles entières (plutôt pour les sachets Herbier de France), en feuilles coupées (0,3 à 1 cm), et encore plus petits : en flocons (0,1 à 0,3 cm - dans les flacons Cook par ex.).

Enfin, il peut aussi être mélangé à d’autres plantes pour intégrer nos mélanges (promis, on fera un article spécifique sur le travail de transformation / mélange à Arcadie !) : Mélanges Barbecue, Arrabiata, Paëlla & Riz, sans oublier les Herbes de Provence de chez Cook… Côté L’Herbier de France, le mélange pour tisane contenant du romarin est forcément… L’Hivernale (sachets vrac ou boites infusettes) !

Conditionnement aux ateliers L'Herbier de France

Conditionnement Herbier de France semi-automatique
Ateliers L'Herbier de France : le romarin est vidé dans la doseuse semi-automatique (en haut). Ici Sophie remplit les sachets un à un.
soudage des sachets après remplissage
Les équipes tournent par 2 à différents postes : après le remplissage, Laury Anne soude les sachets.
Mise en carton des sachets Herbier de France de romarin
Puis changements de postes : les sachets de romarin sont rassemblés par lots de 6 (Laury Anne est maintenant à la “fardeleuse“) puis mis en carton étiqueté (Sophie).

Et c’est reparti pour une nouvelle série de sachets…
Les postes sont semi-automatiques. En 1h, 380-400 sachets sont remplis, fermés, rassemblés, encartonnés et rejoignent le stock des produits finis.

Conditionnement Cook

A Arcadie il y a 2 lignes automatisées pour remplir les flacons Cook de 100mL. Les opérateurs surveillent que toutes les étapes se passent bien : remplissage des flacons, colle de l’opercule, fermeture du bouchon, étiquetage, puis mise en carton. La cadence ? 28 flacons sortent chaque minute, soit 1680 flacons par heure. C’est sans compter aller chercher la matière première dans le stock, en alimenter la chaîne de conditionnement, ranger les cartons dans le stock de produits finis, tout nettoyer avant conditionnement d’une autre matière… et les interventions de maintenance diverses et variées nécessaire ça et là, régulièrement !

Conditionnement du romarin chez Cook
Les caisses en plastiques sont là pour récupérer tous les flacons éjectés par pression d’air car non conformes : présence d’éléments métalliques (un aimant les détecte systématiquement), poids non conforme, etc…
Conditionnement du romarin chez Cook
En bout des deux chaînes Cook, la mise en carton. Ici Stéphane et Laurent.
Ensacheuse pour les éco-recharges Cook
Et voici la toute nouvelle ensacheuse d’Arcadie ! Notre romarin peut ainsi vous être proposé en sachets éco-recharge, un emballage contenant très peu de plastique - et bientôt plus du tout !! Ici Clément (en haut) vérifie le bon fonctionnement des doseurs, Nicolas (en bas) règle les paramètres… Matthieu (du service Informatique) n’est jamais loin car il y a encore quelques petits ajustements à faire, qui relèvent de son domaine. Comme régler l’imprimante à étiquettes.

Préparation de commandes et expédition

Le service commerce aux préparations des commandes
Pendant ce temps, Ghislaine et Malika de notre service commercial saisissent les commandes clients.
Expédition des commandes
Les cartons sont ensuite rangés dans le stock “produits finis“, par ordre alphabétique s’il vous plaît : les préparateurs de commande y naviguent comme des poissons dans l’eau, pour aller récupérer tous les produits commandés ! Les stocks de produits finis s’étagent sur 3 niveaux ! Il ne faut pas s’y perdre ! Ici, Julia et Audrey mettent sur leurs chariots ce qui est demandé par chaque client, que ce soit pour les petites commandes avec les clients particuliers, ou les plus grosses commandes des magasins… Les colis sont ensuite empaquetés, et emportés chaque jour par les transporteurs…

Voilà ! Arcadie a presque terminé son boulot ! Le romarin n’est plus très loin de votre assiette ou de votre eau chaude…
Presque ?
Arcadie vous accompagne encore avec ses idées recettes et autres préparations, ses communiqués, son service après-vente… et prend volontiers tous vos retours, pour améliorer ce qui doit encore l’être, et consolider le meilleur !!

romarin cook

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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Romarin Ferme Arcadie Vue générale
Mar 12, 2021 cdefeche 1 comment
[Les Pieds dans la Terre] La Ferme d’Arcadie

Arcadie entretient 17 ha de terres à St Etienne de l’Olm : 7 ha de bois, haies, chemin, et 10 ha de terres cultivables, dont 4 sont cultivés aujourd’hui. Yoachim et Stéphan y cultivent des plantes aromatiques et médicinales destinées à l’herboristerie (plantes sèches pour tisanes) : romarin, origan, sarriette, thym, vigne rouge (pour la feuille)… mais aussi un peu de sauge, de laurier sauce… à l’essai… Zoom sur cette ferme un peu particulière…

 

`{`Les Pieds dans la Terre`}` La Ferme d'Arcadie

Une ferme créée pour relancer la production régionale

En 2010, Arcadie parvient à acquérir des terres agricoles non loin de son site industriel : la ferme d’Arcadie était née, et renouait avec l’impulsion 1re de ses fondateurs, Bernard et Dominique Kimmel, qui ont d’abord été cultivateurs. Elle a servi, pendant 10 ans, à redynamiser la filière régionale de producteurs de plantes aromatiques et médicinales (PAM) : ce métier était en déclin, alors que la demande pour ces plantes, produites localement, était bien là. Via la ferme d’Arcadie, les agriculteurs locaux avaient un exemple de culture de PAM sous les yeux, et pouvaient avoir accès à du matériel post-récolte cher à l’investissement (séchoirs, batteuses et trieuses - machines pour séparer les feuilles des tiges et autres éléments indésirables). Aujourd’hui, les producteurs régionaux sont plus nombreux, organisés et la ferme est devenue essentiellement un lieu d’expérimentation, de valorisation de la biodiversité et d’une manière générale un espace rural précieux.

Et aujourd’hui ? Expérimentations agronomiques…

Plusieurs expérimentations sont en cours :

  • Des apports de compost, les effets des engrais dits « verts » dans les cultures… tout ce qui peut permettre de redonner une fertilité naturelle à des terres plutôt pauvres et/ou fatiguées par les cultures antérieures.
Equipe de la Ferme d'Arcadie
De gauche à droite, Stéphan Deffernez, Yoachim Gruzelle et Cécile Defèche, les coéquipiers de la ferme d’Arcadie, sur une parcelle de sarriette en cours de plantation, automne 2020. Cette parcelle sert de support à des essais autour d’apports sur la matière organique (compost, BRF, engrais verts…)
Essais culture ferme Arcadie
Ladite parcelle expérimentale de sarriette en cours de plantation manuelle, octobre 2020. Sur ces gros chantiers, la ferme offre aux autres Arcadiens la possibilité de venir goûter un peu au travail agricole et se relier aux plantes commercialisées. La partie centrale, en cours de plantation, est plus noire : elle a reçu du compost avant plantation, contrairement à sa voisine en dessous
  • Le compostage de matières issues de l’industrie agroalimentaire : les déchets de poudres d’épices et plantes sèches d’Arcadie ont été mélangés à des déchets verts, afin d’obtenir un compost de qualité, répondant aux normes de l’agriculture biologique, d’ici 6 mois… Affaire à suivre !
  • L’agroforesterie : il s’agit d’associer des arbres aux cultures de plantes aromatiques. Le projet est en cours de construction… Il peut être une réelle voie d’avenir vis-à-vis des changements climatiques en cours et à venir. Plantation d’arbres au programme ! Pour en savoir plus : https://arbraromatix.projet-agroforesterie.net
amandiers agroforesterie ferme arcadie
Des lignes d’amandiers ont été plantées en bordure de parcelle (ici de l’origan) en 2017, déjà dans l’idée d’introduire des systèmes agroforestiers. Aujourd’hui le projet va plus loin grâce au concours d’Agroof, bureau d’étude spécialisé sur le sujet et très actif dans la région. Une parcelle expérimentale sera mise en place à l’automne prochain.
  • Non contents de suivre les règles de l’agriculture biologique, nous introduisons l’agriculture biodynamique sur les terres : des préparats à base de minéral, végétal et matières animales devraient nous aider à revivifier les terres d’une manière très globale. Leur utilisation a déjà commencé sur le compost, le reste est à venir. Un article spécifique à l’agriculture biodynamique sur la ferme d’Arcadie sortira bientôt !
Pose bache tas de compost ferme Arcadie 1000px
Le compost à l’essai sur les terres de la ferme. Après avoir reçu des préparats biodynamiques pour accompagner le processus, le tas est couvert et restera un certain temps à maturer… Février 2021

… et sauvegarde de la biodiversité

En plus de ces aspects agricoles (et donc paysagers), la ferme d’Arcadie développe un certain nombre de projets en faveur de la biodiversité et du soin à l’environnement. Les projets agricoles cités vont déjà dans ce sens. En plus : tout un travail autour de la faune sauvage, et notamment des oiseaux. Un partenariat avec le Centre Ornithologique du Gard (CoGard) a commencé. En janvier-février, le CoGard et Arcadie ont fabriqué et posé 20 nichoirs sur le site de la ferme à St Etienne de l’Olm et sur le site industriel de Méjannes-les-Alès dans le cadre de leur programme "Nichoirs et Biodiversité". Installation d’un perchoir à rapace, réalisation d’une petite mare, dégagement des anciens murets de pierre soutenant les terrasses, entretien et plantations de haies, entretien des chemins, sont autant de travaux d’aménagement qui ont été et vont continuer à être réalisés sur ces terres.

Des visiteurs à La Ferme d'Arcadie
Des visiteurs à la ferme, au pied d’un grand chêne dégagé des broussailles et mis en valeur comme il se doit. Janvier 2021.

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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bénévoles pour les nichoirs
Fév 26, 2021 cdefeche 0 comments
Et les oiseaux, à Arcadie ? Où il est question de biodiversité et de partenariat avec le Centre Ornithologique du Gard

Février 2021 : des membres bénévoles du Centre Ornithologique du Gard (CO Gard) sont venus construire puis installer des nichoirs à la ferme d’Arcadie. Une opération menée dans le cadre du programme « Nichoirs et biodiversité ». Programme « Nichoirs et biodiversité » Ce projet a été initié par le CO Gard fin 2018. L’intention ? Faciliter et pérenniser l’installation de […]

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Retournement compost arcadie
Jan 22, 2021 cdefeche 0 comments
Compost de biodéchets à Arcadie

Des biodéchets… ? secs et taniques et peu aérés, c’est dire ! Lors de ses processus de transformation et de conditionnement des épices, Arcadie génère une certaine quantité de déchets organiques, appelés biodéchets, via le process d’aspiration des poussières de plantes et d’épices sur nos lignes de transformation et de conditionnement par les rejets de production ou […]

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