Tisanes Simples et mélanges L'herbier de France
Juil 26, 2021 meganeforestier 0 comments
Comment déguster une tisane : 5 conseils à suivre !

Peut-être avez-vous déjà été confronté à cette question existentielle : à quelle température dois-je faire infuser ma tisane ? Et d’abord, est-ce que je dois la faire infuser ? Ne devrais-je pas choisir la macération ou la décoction ? Autant de questions que nous passons en revue ici. 

Avant de commencer, dotez-vous de matériel idoine !

Vous allez peut-être avoir le sentiment qu’on cherche la petite bête, mais utiliser une bonne tisanière est important. C’est une question de saveurs avant tout ! En effet, plus la matière de votre tisanière est neutre, moins il y aura de problèmes de saveurs “parasites” ajoutées à votre infusion. A ce titre, 3 types de matières sont préconisées : la terre, la fonte et le verre. Pour ce dernier, attention aux dépôts de tanin ou autres composants de vos plantes. En somme, si une couronne noire commence à se former autour de votre tisanière, il est temps de la laver soigneusement (un petit bain au vinaigre blanc ou à l’acide citrique fera l’affaire).

Ensuite, vient le choix de l’eau ! Nous ne vous recommandons pas de prendre de l’eau en bouteille car on connaît leur fort impact environnemental. Mais, si l’eau du robinet est, de manière générale, très bonne en France, le chlore qu’on lui rajoute pour des raisons sanitaires devient très perceptible (et désagréable) quand on la chauffe. Notre conseil serait donc d’utiliser une eau filtrée. Pour cela, différentes solutions existent : depuis l’appareil que vous branchez sur votre chaudière, jusqu’à des billes de céramique en passant par du charbon de bambou ou encore des carafes filtrantes. Trouvez celle qui vous convient le plus.

Enfin, parlons de la bouilloire ! Évidemment, vous pouvez faire vos infusions à la casserole, elles seront bonnes, n’en doutez pas un instant ! Cependant, le mieux reste de vous équiper d’une bouilloire électrique qui permet de gérer la température à votre place. Explications plus bas !

Infusion Bio Detox Digestion Santé
Infusion Bio Detox Digestion Santé

Choisir la bonne méthode de préparation pour bénéficier de tout le potentiel de la plante

Nous avions déjà fait un article sur les 3 méthodes existantes, nous vous conseillons de le lire si vous découvrez les notions de macération, d’infusion et de décoction.

Quelle méthode choisir ? Cela dépend de plusieurs critères:

  • La partie de la plante : plus elle est coriace, plus il faudra “faire d’efforts” pour en extraire les saveurs. Ainsi, les racines coriaces sont meilleures avec une décoction, et les fleurs délicates sont les plus savoureuses en macération ;
  • La surface de contact : plus les morceaux sont gros, plus on s’oriente vers une décoction.
infusion froide de feuilles de menthe

Pourquoi est-ce important de choisir la bonne méthode ? Tout simplement parce que c’est cela qui va permettre de développer tout le potentiel de la plante. De manière générale, on dit que les fleurs doivent être infusées à 70°C, les feuilles à 80°C et les racines à 90°C. Certaines bouilloires ont un thermomètre intégré voire réglable, ce qui s’avère très pratique si on souhaite être précis. Si vous n’en avez pas, sachez que l’eau bout à 100°C au niveau de la mer, et qu’on perd 1°C tous les 300m. Donc vous aurez une température entre 90°C et 100°C dans les zones habitées en France.

Bien connaître la plante pour déguster une tisane parfaite !

Chaque plante a sa propre composition physico-chimique. Cette dernière définit l’odeur, le goût et la couleur de la matière que vous utilisez. C’est pourquoi on ne peut pas vraiment dire que telle partie de plante est meilleure en infusion qu’en décoction. En effet, la menthe et la mélisse, par exemple, ont des compositions différentes, et une méthode idoine pour l’une, ne l’est peut-être pas pour l’autre.

Ajoutons que cette composition induit un relargage spécifique. Le relargage est le phénomène de sortie des éléments de la plante dans l’eau. Ainsi, la plante induit son mode de préparation et non l’inverse. C’est pour cela que nous vous conseillons de bien vous renseigner sur les plantes que vous utilisez avant de déguster vos tisanes.

Déguster une tisane de plantes fraîches ou de plantes sèches ?

Enfin, cette composition est aussi différente selon l’état de votre plante : sèche ou fraîche ...C’est une affaire de goût évidemment, mais aussi de … relargage. Ainsi, certaines plantes auront plus de saveurs sèches que fraîches, et vice versa. La méthode de préparation idoine sera donc différente selon l’état de votre plante. De manière générale, il est conseillé d’infuser les plantes sèches, mais de faire macérer les plantes fraîches.

Expérimentez et faites selon vos goûts !

“Mélanger” les méthodes pour une dégustation encore plus savoureuse

Si vous êtes attaché aux mélanges de plantes, vous utilisez certainement des plantes aux aspects différents. Ainsi, peut-être mélangez-vous des racines de guimauve avec de la menthe poivrée ? Là aussi, dans l’idéal, il convient de respecter une certaine précaution : “mélanger” les méthodes de préparation. Ainsi, commencez par faire une décoction de racine de guimauve, et ajoutez votre menthe poivrée lorsque vous coupez le feu, pour une infusion. Les saveurs de votre tisane n’en seront que meilleures ! C’est encore une question de relargage.

Tisanes Vrac Lherbier De France
les plantes peuvent se trouver sous différentes formes : racines, sommités fleuries, etc.

Et après la préparation : la dégustation !

Maintenant que vous savez (presque) tout sur les méthodes de préparation des tisanes, passons à la dégustation en elle-même. Dans certains pays, comme la Chine ou le Japon, il s’agit d’un moment important et tout doit être là pour parfaire cet instant. Si vous n’êtes pas tenu à une telle exigence, peut-être qu’une petite anecdote vous permettra de découvrir de nouvelles choses. Le maté est souvent couvert et dégusté à la paille. En effet, le fait de couvrir la tasse permet de laisser un bouquet odorant qui apporte des saveurs supplémentaires. Intéressant, non ?

Ceci étant dit, soulignons que la dégustation d’une tisane peut être l’occasion pour vous de prendre un temps de repos, un temps pour soi. Trouvez donc un endroit dans lequel vous vous sentez bien, prenez quelques respirations profondes et dégustez votre tisane en pleine conscience.

Conclusions

Déguster une tisane dans les règles de l’art demande un temps de préparation assez important. Cependant, même si votre méthode de préparation n’est pas 100% adéquate, ce n’est pas grave tant que vous appréciez ce que vous faites. Car le maître mot est bien d’apprécier sa tisane. Aussi, nous vous conseillons d'être le plus rigoureux possible tout en vous laissant guider par le plaisir.

Article écrit avec la collaboration de Morgan, Arcadien chevronné en dégustation !

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

Read More
Juil 22, 2021 matthieubrunet 0 comments
[On met les voiles]#2 : premières esquisses

On mets les voiles #2 : premières esquisses

Il y a quelques jours, Nils m’a envoyé les premières esquisses de notre bateau, réalisée par le bureau d’architecture navale Dykstra, spécialisés dans les voiliers, et entre autres auteurs du spectaculaire Maltese Falcon, le premier à mettre en œuvre des voiles de type “dynarig”.

Inutile de vous dire qu’à la vue de ces images, j’ai eu un petit moment d’émotion ! Jugez par vous-même !

Alors Nils me le répète, le bateau final sera certainement assez différent, car il ne s’agit là que de recherches pour définir plus précisément la taille, le coût, le type de propulsion, la vitesse… Mais bon, ça permet déjà de se projeter !

Pour vous permettre de comprendre un peu mieux, voici la première réaction d’un membre de l’équipe Zéphyr et Borée, Bernard Peignon : 

Avec ses lignes d'eau avant et sa largeur, il va débouler au "reaching" ! La solution "sheet support" pour le point d'écoute offre l'avantage d'offrir un bon plan d'appui pour les pontons ou les panneaux de cales pour une bonne étanchéité. Les slots frigo en pontée suffiront. Vraiment un bon début . Le tirant d'eau reste un sujet mais c'est un premier jet.

Vous avez rien compris ? rassurez-vous, moi non plus ! Grâce aux explications de Bernard et de Simon (ingénieur naval chez Z&B), j’ai pu faire ce petit lexique : 

  • débouler, c’est quand un bateau avance très vite ;
  • le reaching, c’est quand un bateau à le vent qui arrive de côté ou légèrement de l’avant ;
  • donc “débouler au reaching”, si j’ai bien compris, ce sont les moments où le contraste du vent de travers et de la grande vitesse donnent une impression particulièrement dynamique du navire, où il semble surgir, débouler à travers les vagues ;
  • Le “sheet support”, c’est la pièce en métal qui dépasse légèrement entre les deux voiles ;
  • Le point d’écoute est l’endroit où la voile s’accroche au “chariot d’écoute”, une sorte de rail qui permet de l’orienter ;
  • Les panneaux de cale sont des panneaux mobiles qui viennent fermer la cale une fois que les conteneurs sont chargés ;
  • Les slots sont les emplacements dans lesquels sont arrimés les conteneurs. Ils sont en pontées quand ils sont sur le pont et non dans la cale. Ils sont “frigo” quand ils ont un branchement électrique pour assurer la régulation de la température (pour le transport des produits frais) ;
  • Le tirant d’eau est la hauteur immergée du bateau, et donc la profondeur d’eau minimum dont il a besoin.

Plus aucun cargo à voile n’a été construit depuis 1926

Pourquoi ces recherches préliminaires ? Et bien pour la bonne et simple raison que plus aucun cargo à voile n’a été construit depuis 1926 (en raison de l’avènement des moteurs à vapeur, puis des moteurs diesel), à l’exception du Grain de Sail il y a quelques mois. Et comme les techniques et connaissances ont quand même pas mal évolué depuis un siècle, il faut répondre à plein de questions qui ne s’étaient jamais posées.

En effet, la construction de voiliers de plaisance, et de course, ne s’est jamais arrêtée, et les performances se sont beaucoup améliorées. Mais le transport de marchandise répond à des besoins complètement différents, surtout depuis l’avènement du conteneur dans les années 50. Pour ranger ces grosses boîtes carrées, le plus simple est de les mettre dans une boîte carrée encore plus grosse, ce que sont les porte-conteneurs d’aujourd’hui. Ils ne sont pas très “hydrodynamiques”, mais ce n’est pas grave, au prix où est le fuel lourd (37 centimes le litre), il suffit de faire tourner les moteurs un peu plus vite !

©Marc Ryckaert

Pour un voilier, c’est une toute autre histoire, il faut absolument optimiser la vitesse, au risque de se trainer comme un escargot. Mais comme on le voit sur ce plan du Grain de Sail, les formes arrondies ne sont pas du tout optimisées pour les conteneurs, ce qui explique que la plupart des projets de voiliers-cargos modernes privilégient pour le moment le transport sans conteneurs. 

Ce choix que nous avons fait pour le moment d’explorer une hypothèse avec conteneur apporte une autre contrainte, qui est liée, c’est celle de la taille du bateau. En effet, quelle que soit la forme définitive du bateau, il y aura toujours l’arrière (la poupe) et surtout l’avant (la proue) qui seront un peu profilés, et donc peu propice à l’imbrication de conteneurs. Le seul moyen est donc d’avoir le plus de “milieu” possible. Or, sur un 24 mètres comme celui de Grain de Sail, on voit qu’en gros, il n’y a qu’un arrière et un avant. C’est à partir de 50 mètres qu’on commence à pouvoir avoir une petite zone droite au milieu. C’est entre autres pour cela que ces premières recherches se sont basées sur une hypothèse de 70 mètres. Comme on le voit, on commence à avoir une zone centrale suffisamment grande pour ranger les conteneurs sans trop de pertes de place.

©Grain de Sail
Plan de notre première hypothèse à 70m

Mais pourquoi choisir le transport par conteneurs, me demanderez-vous ? Et bien principalement pour 2 raisons :

  • La première est que c’est pratique : les conteneurs sont remplis à quai par le producteur, puis sont fermés et scellés. Pendant tout le voyage, nous avons donc l’assurance qu’ils sont à l’abri de l’eau, du soleil, des nuisibles, du vol, etc. Cela permet aussi d’isoler facilement les matières bio des autres, simplifiant ainsi le travail des douanes. Et puis le chargement et le déchargement sont bien plus rapides : en une manipulation, on décharge l’équivalent de plusieurs dizaines de palettes et centaines de sacs.
  • La deuxième tient à la nature de notre projet, qui se veut d’emblée multi-chargeurs, et plutôt orienté agro-alimentaire. Il est fort probable que chaque voyage réunisse une dizaine de chargeurs différents, ce qui sera beaucoup plus simple à gérer avec des conteneurs fermés qu’avec des palettes ou des sacs !

Je reviendrais sur cette question de taille dans un prochain article, car c’est une question cruciale que nous devons trancher d’ici septembre. En attendant, je vous souhaite un bon été !

Retrouvez le premier article de cette série :

Auteur de l'article : Matthieu Brunet

La marmite Arcadie, je suis tombé dedans quand j'étais petit ! Et je suis aujourd'hui très fier d'en assurer la direction avec ma femme et mon frère, et faire d'Arcadie un endroit où on peut vraiment changer le monde !

Read More
cueillette de plantes sauvages
Juil 15, 2021 Martin Lacroix 0 comments
Cueillir soi-même ses plantes : 5 précautions essentielles

Quoi de plus réjouissant que de récolter des plantes aromatiques et médicinales (PAM) dans la nature ? Cette pratique bénéfique à bien des égards n’est cependant pas exempte de risques, pour vous… ou pour les plantes ! Nous vous donnons ici les principales indications pour des cueillettes en toute sécurité.

 

1/ Identifier les plantes avec certitude

Si une majorité de plantes est facilement identifiable et sans cousine toxique ressemblante, il y a des exceptions. Vérifiez toujours les risques de confusion !

Quelques exemples de confusions risquées :

  • Feuilles d’Ail des ours (très bon) et de Muguet (très toxique). Elles se ressemblent et poussent dans le même milieu. L’Ail des ours est aussi parfois confondu avec la également très toxique Colchique d’automne.
  • Cerfeuil des bois (comestible sauf la racine) et Grande ciguë (très toxique). Cette famille botanique à laquelle appartient la carotte comprend plusieurs espèces très toxiques ressemblant à des espèces comestibles.
  • Fleurs de robinier faux-acacia (comestible savoureux) et de Cytise (très toxique).

Le plus sûr : vous faire accompagner par un cueilleur expérimenté et éviter les plantes difficiles à distinguer de cousines toxiques.

Et surtout, en cas de doute, même le moindre : abstenez-vous ! Il en va de votre santé et de celle de ceux qui consommeront le produit de vos cueillettes.

fleurs de Cityse et fleurs de robinier
des fleurs qui se ressemblent énormément, mais la jaune (Cytise) est toxique tandis que la blanche (Robinier faux-acacia) est comestible.
ouvrage d'identification des plantes
Il est indispensable de se familiariser avec le vocabulaire botanique pour identifier sérieusement les plantes. Quelques bons ouvrages vous y aideront. Les applications de reconnaissance sur téléphone portable se développent mais ne remplacent pas la connaissance de l’anatomie végétale...

2/ Choisir des endroits de récolte non pollués

Encore un risque pour vous et ceux qui consommeront vos cueillettes : la contamination par la pollution de l’environnement. Par précaution, évitez les bords de route, de voies de chemin de fer, de cultures, les abords d’usine ou d’autres bâtiments, des maisons individuelles (oui, vous savez, le voisin qui fait du zèle et traite non seulement son jardin mais tout le voisinage avec des produits toxiques*).

Méfiez-vous des paysages ruraux agréables à l’oeil, comme un beau vallon avec prairies, cultures et haies : qui dit culture dit forte probabilité de traitement.
Il est très rare que ces contaminations entraînent des réactions aiguës, mais autant ramasser des plantes les plus préservées possible.

* Depuis janvier 2019, la détention de pesticides par les particuliers est un délit, mais certains ont fait des stocks… Seuls les produits portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » sont encore autorisés à la vente.

haie de prunelier à éviter pour la cueillette de plantes sauvages
cette haie fleurie de Prunellier appelle à la cueillette, mais la culture qui la jouxte doit nous en dissuader
chemin de cueillette de plantes sauvages
si les bords de route regorgent parfois de plantes aromatiques et médicinales, ils sont trop sujets à pollution pour être de bons lieux de cueillette.

3/ Éviter les parasites/moisissures

En plus de la toxicité intrinsèque de certaines plantes, tous les végétaux peuvent porter des hôtes dont les effets sont parfois très indésirables : bactéries, vers, insectes.

Les milieux humides sont encore plus propices à la présence des parasites (comme la Douve du foie, un minuscule ver transmis par le bétail, qui peut occasionner d’importants dégâts sur le foie ou d’autres organes humains).

Pour diminuer très fortement les risques :

  • Évitez les cueillettes dans les zones de pâturage.
  • Cuisez les plantes des zones humides (comme le Cresson de fontaine).
  • Délaissez toute plante attaquée par des moisissures ou des champignons.
  • Récoltez à plus de 50 cm de hauteur (oui, ce n’est pas toujours possible...).

Et de retour de balade (surtout en forêt), pensez bien à vous inspecter (on veut dire le corps, pas juste les vêtements) pour ne pas laisser s’installer une éventuelle tique qui aurait réussi à vous grimper dessus !

pâturage à éviter pour la cueillette de plantes sauvages
évitez les cueillettes en zones pâturées ; le risque de présence de parasites augmente fortement avec celle d’animaux.

4/ Cueillir avec autorisation

Certaines zones protégées sont soumises à limitation ou interdiction de prélèvement (réserves naturelles, parc nationaux...). Renseignez-vous et respectez les consignes.

La récolte sur terrains privés, qu’ils soient forestiers ou agricoles, doit recueillir l’autorisation préalable du propriétaire/gestionnaire. Sans quoi le prélèvement est considéré comme un vol, avec les possibles dépôts de plainte et amendes correspondantes.
En contactant le propriétaire, vous éviterez ces tracas, ou une simple remontrance désagréable ; et pourrez même avec un peu de chance sensibiliser votre interlocuteur à la richesse de ses parcelles. Pour de petites quantités, vous avez des chances d’obtenir un accord sans contrepartie autre que de respecter les lieux et de ne pas trop prélever.

Chez certains peuples, l’autorisation est demandée à la plante elle-même, ou du moins un remerciement lui est adressé pour la vie qu’elle représente et qui va être prélevée. Ce que certains considèrent comme du sentimentalisme peut aussi être vu comme une sagesse et une conscience devenues malheureusement trop rares.

foret et champs, demander l'autorisation pour faire votre cueillette suavage
Les forêts et les zones agricoles sont souvent des endroits privés ; il est nécessaire de demander l'autorisation avant d'effectuer vos cueillettes. ça mar

5/ Prélever avec parcimonie

Voici un risque qui concerne les plantes que vous allez prélever dans votre environnement. Ces ressources ne sont pas infinies ; chacun a sa part de responsabilité pour garantir leur préservation.

  • Ne ramassez pas une plante isolée que vous n’aviez jamais vu auparavant dans votre région.
  • Renseignez-vous sur les plantes protégées ou rares. Ce serait tellement dommage de contribuer involontairement à la disparition de certaines plantes !
  • Ces précautions prises, choisissez des endroits de prélèvements où la plante est abondante, et ne prélevez pas plus d’⅓ des plantes présentes.
  • Ne prélevez que la partie que vous allez utiliser et s’il s’agit d’une récolte détruisant la plante (racine, écorce), prélevez encore moins.
  • Enfin, ne prélevez que la quantité que vous êtes sûr de pouvoir préparer, quelle que soit la suite des opérations (cuisson, séchage etc).
fruit des églantiers cueillette de plantes sauvage
Ici, une belle station pour prélever une partie (⅓ max) des fruits de l’églantier (rosier sauvage), les cynorrhodons.

En suivant ces recommandations, vous garantissez une cueillette sans risque pour vous-même, pour les consommateurs de vos récoltes ou pour les précieuses plantes que nous aimons tant. Bonnes cueillettes et soyez prudents !

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

Read More
Infusion glacée sureau et fraises
Juil 09, 2021 meganeforestier 0 comments
Comment utiliser les épices et plantes pour aromatiser votre eau fraîche ?

Si vous avez envie de changer des sodas habituels et autres boissons sucrées, pourquoi ne pas essayer d'aromatiser votre eau fraîche avec des épices et des plantes ? Dans cet article, nous vous donnons quelques clés d’une infusion fraîche réussie !

 

Comment utiliser les épices et plantes pour aromatiser votre eau fraîche ?

Le mariage des saveurs : tout un art !

Lorsqu'on commence à vouloir confectionner ses propres tisanes à base de plantes et/ou d’épices, il est tout à fait possible de le faire de manière instinctive. Mais connaître certains principes peut vous permettre d’améliorer sensiblement vos préparations. Le premier d’entre eux porte sur la combinaison des saveurs. Il y a trois facteurs à prendre en compte dans la composition d’une tisane :

  • La matière “primordiale” : elle est présente à 70-80% dans votre tisane et représente la saveur que vous souhaitez à tout prix retrouver ;
  • La matière “soutien” : se retrouve entre 15 et 20% de votre préparation et vient, comme son nom l’indique, soutenir la matière primordiale. Il est donc important que ses saveurs ne viennent pas gommer celles de votre matière principale ;
  • La matière “catalysante” (entre 5 et 10% de votre mélange) permet le déploiement du système olfactif. Elle soutient la matière...soutien ! Et apporte des odeurs qui viennent soutenir quelque chose d’important pour votre préparation et sa dégustation.

Ces trois facteurs sont assez faciles à mettre en pratique si l’on a en tête un autre principe : la saisonnalité.

les 3 matières premières pour une infusion maison réussie
les 3 matières premières pour une infusion maison réussie

Saisonnalité & saveurs : comment choisir les bonnes épices et plantes ?

En effet, aromatiser votre eau fraîche avec des plantes et/ou des épices peut se faire en conscience des saisons. Pour cela, rien ne vaut de se fier à un calendrier de fruits et légumes de saison ! Cela paraît bête, et pourtant certaines matières ont des échos avec des fruits (et des légumes !). Aussi, si vous aimez marier les fruits et les épices ou plantes, et que vous manquez de créativité, fiez-vous à un calendrier saisonnier !

Certaines épices sont dites "chaudes'', tandis que d’autres sont dites “froides”. Cela vient des saveurs (nous parlons bien ici en termes culinaires et non médicaux) qu’elles développent. En effet, les premières se déploient extrêmement vite et sont donc très puissantes : cannelle, badiane, réglisse, etc. Ces épices sont parfaites pour tenir chaud en hiver. Les secondes, dites “froides”, ont des saveurs plus latentes : cardamome, baies roses, poivre de timut, etc. Ces dernières accompagnent très bien des boissons fraîches.

Enfin, dernier paramètre important : l’imaginaire. Fiez-vous à votre créativité, qui sera elle-même guidée par l’imaginaire développé par certaines saveurs. Ainsi, mélanger le gingembre, la menthe et le citron fera apparaître une sensation de pétillement, ce qui est plus adapté à une boisson fraîche que le réconfort sucré (= retour en enfance) apporté par la cannelle (parfait pour un chocolat chaud lors d’un temps froid et pluvieux !).

Infusion glacée sureau et fraises
Infusion glacée sureau et fraises

Quel type de préparation pour une tisane glacée optimale ?

Une fois que vous avez choisi vos matières pour votre mélange, il vous reste à choisir le type de préparation : macération, infusion ou décoction ? Sur cette question précise, nous avions déjà écrit un article afin de vous aider dans votre choix. Mais apportons tout de même quelques précisions : l’infusion diffusera des saveurs de manière très puissante, elle est donc parfaite si vous aimez les tisanes qui ont du pep’s ! Ajoutons également que les couleurs ne seront pas les mêmes : plus présentes et plus sombres à chaud !

Enfin, notre conseil : si vos matières sont sèches, leurs saveurs seront mieux diffusées à chaud qu’à froid ; infusez puis laissez refroidir. Privilégiez cependant la macération pour des matières premières fraîches.

Quelques idées de recettes pour aromatiser votre eau fraîche. Quant à trouver la matière primordiale, de soutien et catalysante, notre conseil est simple : testez en fonction de vos envies :

  • hibiscus, ananas, vanille
  • pomme, verveine, menthe, anis
  • hibiscus, framboise, rose
  • fraise, hibiscus, basilic
  • citronnelle, pomme, romarin
  • abricot, lavande,/ romarin
  • carotte, gingembre, pomme

En résumé

Que vous soyez ou non débutant dans la confection de vos propres tisanes, ayez toujours en tête la formule des trois matières qui donneront des saveurs équilibrées à vos préparations. Mais faites également confiance à votre instinct et à votre créativité pour développer les associations de saveurs qui vous raviront le plus.

Enfin, en été plus qu’en n’importe quelle saison, ne buvez pas que des boissons aromatisées : privilégiez l’eau ! Cet article a pour but de vous ouvrir des alternatives aux sodas et sirops, non de remplacer l’eau dans sa forme la plus simple. Elle reste le liquide le plus adapté à notre corps.
Dans tous les cas, lancez-vous, testez et voyez ce qui vous convient le mieux !

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

Read More
Juil 01, 2021 matthieubrunet 1 comment
[ON MET LES VOILES]#1 Et si on transportait nos épices à la voile ?

[ON MET LES VOILES]#1 Et si on transportait nos épices à la voile ?

À Arcadie nous rêvons depuis longtemps de transporter nos épices sur des voiliers plutôt que des portes-conteneurs propulsés au fioul lourd. Le transport maritime est certainement un des plus écologiques, mais il n’en reste pas moins polluant.

Sur ce sujet comme sur d’autres, notre volonté de diminuer toujours plus nos impacts négatifs sur le monde se heurte à certaines réalités sur lesquelles nous avons l’impression de ne pas avoir de prise. Parmi celles-ci, il y a bien sûr le transport, et pas seulement le transport maritime : les camions qui livrent nos produits dans les magasins roulent au diesel, les avions - que nous prenons parfois pour aller visiter nos producteurs - brûlent du kérosène, et mêmes nos voitures individuelles que nous prenons pour venir travailler, toutes hybrides ou électriques qu’elles soient parfois, font leur part de la pollution mondiale. Je pourrais aussi parler de nos outils informatiques, dont on sait que la fabrication est non seulement polluante, mais est aussi responsable de conditions de travail révoltantes dans les mines de terres rares, ou encore de nos banques (Nous avons bien sûr un compte à la Nef, la seule banque vraiment écologique, mais nous avons aussi besoin d’avoir d’autres partenaires bancaires, qui eux le sont beaucoup moins), qui continuent à financer les énergies fossiles…

Notre volonté de diminuer toujours plus nos impacts négatifs sur le monde se heurte à certaines réalités sur lesquelles nous avons l’impression de ne pas avoir de prise.

Alors on fait notre maximum pour améliorer ce qui dépend directement de nous, pour encourager nos fournisseurs à faire de même. Mais quel impact pouvons nous avoir sur les fabricants d’ordinateurs ou les compagnies maritimes ?
Nous sommes bien sûr à l'affût des solutions plus écologiques qui arriveraient sur le marché, mais elles sont rares. Et pour ce qui est du transport à la voile, il existe bien quelques pionniers, mais qui se sont tous concentrés sur le transport transatlantique (principalement les Antilles, pour ramener du cacao, du café ou du rhum…). Personne ne va à Madagascar, qui est pourtant notre origine principale pour les épices…

En discutant avec un ami marin, j’ai compris quelle en était la raison : la voie maritime la plus directe pour venir de Madagascar jusqu’en Europe passe par le canal de Suez, et avant ça, devant les côtes somaliennes, infestées de pirates. Un petit bateau serait bien fou de s’y risquer sans escorte militaire (même si les attaques sont en baisse ces dernières années).

mort-de-edward-teach-dit-barbenoire
Illustration d’une bataille de pirates mettant en scène la mort de Barbe Noire.

Bref, le problème semblait insoluble. Il ne nous restait plus qu’à attendre que les grosses compagnies se décident à verdir un peu leurs bateaux. (Il existe déjà quelques porte-conteneurs moins polluants, mais d’une part il s’agit toujours d’une propulsion diesel, et d’autre part il est quasiment impossible de pouvoir s’assurer que ce sont ces bateaux qui seront utilisés pour nos marchandises.)

Pourtant, le malaise restait là, et de plus en plus important au fur et à mesure que j’y pensais. En plus du côté écologique, une question m’a rapidement semblé encore plus problématique, c’était celle des conditions de travail à bord de ces bateaux. En effet, le système des pavillons de complaisance permet d’embaucher les marins selon le droit du travail du pays le moins exigeant en la matière. Et si les officiers de ces grands bateaux sont en général des occidentaux assez bien payés, les simples marins, eux, viennent souvent de pays pauvres, et sont payés une misère, dans des conditions de travail qui peuvent être assez épouvantables, et ce dans l'indifférence générale du droit international (Voir à ce sujet l’excellent article de multinationales.org ou encore celui de l’ITF). Il y a bien quelques scandales de temps en temps, qui vont rarement jusqu’à une condamnation, mais en règle générale, c’est “business as usual”. Des équipages philippins et roumains travaillant sous pavillon panaméen, ne pouvant rentrer chez eux qu’une à deux fois par an, payés moins de 500 dollars par mois et souvent avec beaucoup de retard, devant travailler 7 jours sur 7 pendant des mois d’affilés sans quasiment jamais descendre du bateau… Bien sûr, toutes les compagnies ne se comportent pas comme ça. Mais l’opacité qui règne dans le milieu ne permet pas de savoir ce qu’il en est réellement et de choisir les “bons” bateaux au moment où nos marchandises sont prêtes à être expédiées.

L’opacité qui règne dans le milieu ne permet pas de choisir les “bons” bateaux au moment où nos marchandises sont prêtes à être expédiées.

cargo rio targus au port de Sète
Le Rio tagus est un exemple emblématique des bateaux rongés jusqu’à la moelle et utilisés sans vergogne par des armateurs peu scrupuleux.

Et il y a quelque chose d’insupportable à imaginer que nos produits bio et équitables, pour lesquels notre certification Biopartenaire s’assure que tous les acteurs de la filière sont correctement payés, depuis le producteur jusqu’au distributeur, soient parties prenantes de ce qui s’apparente parfois à de l’esclavage moderne. De plus, en utilisant ces systèmes de transport, voire en les mettant parfois en concurrence pour obtenir les meilleurs prix, nous diminuons artificiellement le prix de nos produits. Les économies réalisées sur le dos des marins (et des océans, ne les oublions pas quand même), vont en partie dans notre poche, et dans les vôtres, vous qui consommez nos produits.

Nos produits Biopartenaire trouveront-ils un mode de transport aussi vertueux que les partenariats bio et équitables ?

Peut-être trouverez-vous que ce raisonnement est un peu exagéré, mais c’est pourtant celui que j’avais en tête en fin d’été dernier, après une bonne soirée passée en Bretagne chez mon ami marin, quand m’est venue cette idée saugrenue : plutôt que d’attendre que quelqu’un nous propose du transport décarboné depuis Madagascar, pourquoi ne pas acheter notre propre bateau ? Et si Madagascar est trop compliqué dans un premier temps, pourquoi ne pas commencer par la Méditerranée ? Après tout, nous avons aussi beaucoup d’épices et de plantes qui viennent de Turquie, Grèce, Italie, Espagne, souvent par camion, mais ne pourrions-nous envisager de les transporter par bateau ? Mon ami marin m’avait parlé de voiliers de plaisance d’occasion à 200 000 - 300 000€ qu’il imaginait possible de reconvertir pour transporter des marchandises. Arcadie fait maintenant plus de 20 millions de chiffres d’affaires par an, ça devrait être à notre portée. Et même si nous ne pouvions transporter qu’une petite partie de nos besoins sur ce bateau, ce serait déjà un premier pas !

Plutôt que d’attendre que quelqu’un nous propose du transport décarboné depuis Madagascar, pourquoi ne pas acheter notre propre bateau ?

Premier voilier de Grain de Sail
L’entreprise Grain de Sail fait partie des pionniers dans le retour du transport à la voile, avec son voilier de 24 m. Copyright Grain de Sail

C’est à ce moment-là que j’ai entendu parler du projet de Grain de Sail, qui était en train de terminer la construction d’un premier cargo à voile pour des transports transatlantique. J’ai aussitôt contacté son président, Jacques Barreau, qui a eu la gentillesse de me partager son expérience et de répondre à toutes mes questions de béotien. Il faut dire que malgré toutes les métaphores marines que vous trouverez sur la page “historique” de notre site, je n’ai jamais mis les pieds sur un voilier, et j’étais un néophyte total sur le sujet. Cette discussion avec Jacques Barreau a été mon premier pas dans la découverte de ce monde et de son langage. Je commence à apprendre des mots comme “chargeur”, “tirant d’eau”, “vent apparent”…

L’information principale que j’apprends cette fois-ci, c’est que pour une question de réglementation, il n’est pas possible de convertir un voilier de plaisance en voilier de transport. Et comme il n’existe aucun voilier récent qui soit accrédité pour le transport de marchandises, la seule solution est d’en construire un, ce que Grain de Sail a donc fait. Un superbe 24 mètres (la longueur du bateau), capable de transporter 50 tonnes de marchandises, pour environ 2 millions d’euros. C’est beaucoup plus d’argent que ce que j’imaginais au début, mais après tout, ça reste possible. Il doit bien y avoir des banquiers qui sont habitués à accorder des prêts pour des bateaux beaucoup plus chers que ça… L’autre information que j’apprends ce jour-là, c’est que le coût du transport, ramené au kilo de marchandises, diminue énormément avec la taille du bateau. En gros, le transport sur un bateau 2 fois plus grand coûtera 3 fois moins cher. Grain de Sail est donc déjà en train de travailler sur un bateau de 50 mètres, pour environ 6 millions d’euros et 350 tonnes de capacité.

Le trajet en voilier depuis Madagascar en passant par le cap de Gibraltar et l'Afrique de l’Ouest n’est pas plus long que nos délais actuels !

Quelques temps après, grâce à un ami commun, je suis mis en contact avec Nils Joyeux, de Zéphyr et Borée : cette entreprise dont l’objectif est de développer le transport maritime à faible impact carbone vient de commencer la construction d’un premier navire avec des voiles rigides (qui font économiser 30% de carburant), et cherchent justement des chargeurs (On désigne sous le terme de “chargeur” les clients du bateau. Les entreprises qui vont “charger” leurs marchandises dessus) prêts à partir sur des projets plus ambitieux, avec un objectif de 90% d’économie de carburant. Au cours de nos échanges, nous réalisons rapidement un élément qui change tout : le trajet en voilier depuis Madagascar en passant par le cap de Bonne Espérance et l'Afrique de l’Ouest n’est pas plus long que nos délais actuels ! Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’il n’existe pas de ligne directe Madagascar-Marseille. Actuellement, nos conteneurs sont d’abord envoyés en Inde, transbordés sur un autre bateau qui revient ensuite à Marseille en passant par le canal de Suez. Merveilles de la mondialisation… Et cette petite promenade prend au minimum 6 semaines, quand ce n’est pas plus. Or, le trajet en voilier contournant l’Afrique ne prendrait lui que 5 semaines ! Voilà qui change la donne, et qui relance l’hypothèse Madagascar. Si ça ne prend pas plus de temps, et que la taille du bateau permet que le surcoût ne soit pas trop important, rien ne s’oppose à ce que nous transportions à terme l’ensemble de nos épices malgaches (soit 20 % de nos volumes de matières premières) sur des voiliers !

cargo Zpphyr& Borée
L'entreprise Zéphyr et Borée développe des bateaux à faible impact environnemental, comme ce futur cargo spécialement dédié aux transports d’éléments pour la fusée Ariane (mise à l'eau prévue en 2022) Copyright Zéphyr & Borée

Mais si nous voulons partir sur un voilier de 50 mètres ou plus, il faut trouver des partenaires, d’autres chargeurs qui compléteront le remplissage du bateau. En effet, Arcadie n’importe “que” 200 tonnes par an de Madagascar. Or, un voilier de 50m a une capacité de de 280 tonnes, et peut faire 4 à 5 rotations par an…

Avec Nils et toute l’équipe de Zéphyr et Borée, le courant passe, et nous décidons rapidement de travailler ensemble sur ce projet. Nous nous mettons en quête de nouveaux partenaires, des bureaux d’études sont mis à contribution pour calculer la meilleure taille du bateau, et on commence déjà à rêver à une mise à l’eau dans 2 ans !

Nous faisons le pari que nos clients sont prêts à payer quelques centimes de plus par flacon pour garantir un transport respectueux des hommes et des océans.

Ce n’est donc que le début de l’aventure, et nous allons avoir à surmonter beaucoup de difficultés. C’est un projet qui nous enthousiasme, mais le risque d’échec est élevé, car tout est à inventer, et d’autres s’y sont cassés les dents avant nous. Il y a ces dernières années beaucoup d’annonces médiatiques de projets de construction de cargo à voile, mais à ma connaissance, seul Grain de Sail a réussi à aller jusqu’à la réalisation. Nous allons sans doute devoir nous endetter assez lourdement, sans garantie que le bateau soit rentable à terme. Pourtant, il nous semble que le jeu en vaut la chandelle.

Nous aimerions vraiment que les choses changent dans le transport maritime, et si notre expérience peut faire avancer les choses, même si nous ne sommes pas encore certains d’y arriver, cela aura valu le coup de prendre le risque. Et nous faisons le pari que nos clients sont prêts à payer quelques centimes de plus par flacon pour garantir un transport respectueux des hommes et des océans.
Alors, à bientôt pour le prochain épisode !

Auteur de l'article : Matthieu Brunet

La marmite Arcadie, je suis tombé dedans quand j'étais petit ! Et je suis aujourd'hui très fier d'en assurer la direction avec ma femme et mon frère, et faire d'Arcadie un endroit où on peut vraiment changer le monde !

Read More
pulvérisation d'un préparat biodynamique
Juin 24, 2021 cdefeche 0 comments
[Les Pieds dans la Terre] La biodynamie à la Ferme d’Arcadie

L’agriculture biodynamique est dans l’ADN de la ferme d’Arcadie depuis ses débuts… Elle n’avait pas encore pu s’y exprimer jusqu’à présent. Nous avions du matériel, nous avions des formations et des compétences mais il manquait encore de réellement prendre le temps de s’y lancer. Pour 2021 on se lance dans la grande aventure, même si, force est de le constater, les produits issus de l’Agriculture Biodynamique ne sont pas très nombreux dans le catalogue d’Arcadie !

Agriculture Biodynamique/Demeter

L’Agriculture Biodynamique, labellisée Demeter*, intègre les règles de l’Agriculture Biologique - pas d’utilisation d’intrants chimiques de synthèse, ni comme engrais, ni comme pesticides -, auxquelles s’ajoutent des soins particuliers tournés autour de la vie globale de l’ensemble du domaine. Celui-ci est perçu comme un organisme à part entière, si possible auto-suffisant, dont toutes les parties, tous les “organes“, sont pris en compte : le domaine physique (sol, relief…), les végétaux (cultures, mais aussi haies, jachères, etc.), les animaux (ce peut être aussi les animaux sauvages, les oiseaux… les sangliers !) et… les Hommes qui y œuvrent et apportent une impulsion fondamentale à ce tout. Toutes ces parties interagissent, si possible en symbiose, et forment un paysage, considéré lui aussi comme un fruit important de l’activité agricole.
Des préparations spécifiques sont pulvérisées sur les sols et les cultures pour développer vitalité et qualité. C’est l’équilibre global du domaine qui est recherché. La notion de “forces“ est assez centrale – même si parfois difficile à appréhender.
On vous en dira plus au fur et à mesure de nos pratiques, découvertes, observations… car in fine, c’est bien la mise en œuvre et l’observation qui priment sur toute théorie…

*Pour la vigne, on trouve encore d'autres labels : Biodyvin, Naturel, etc

Pourquoi la biodynamie à la Ferme d'Arcadie ?

Pour favoriser la vie sur nos terres !

Toutes les analyses et autres observations de celles-ci aboutissent à la même conclusion : des sols peu vivants, très peu résilients face aux épisodes météo extrêmes, courants dans notre région : trombes d’eau à l’automne, sécheresse estivale très prononcée. Même pour des plantes dites “de garrigue“, ces conditions sont de plus en plus difficiles à supporter ! D’autant plus que sur la ferme d’Arcadie, il n’y a pas d’irrigation.

Couvrir le sol par les plantes, introduire des arbres dans les cultures, apporter des composts, favoriser la biodiversité… sont autant de pratiques à l’essai sur le site de la ferme pour améliorer la fertilité globale du domaine, diminuer l’évaporation, augmenter les régulations naturelles. L’approche proposée par l’Agriculture Biodynamique, qui intègre déjà en soi toutes ces pratiques globales, attire notre attention sur la notion subtile de “vivant“. L’animal et le végétal ne sont pas des machines, qui, moyennant certains carburants, produisent de la matière. La plante n’est pas qu’un capteur solaire produisant de la cellulose.

A travers l’approche biodynamique à la ferme, nous aspirons à une autre manière de se reconnecter à la nature. Nous souhaitons (ré) apprendre à percevoir ces plantes avec lesquelles nous travaillons de manière plus sensible que ce que nous pouvions faire auparavant ; parce que nous sommes persuadés que le travail de ce lien ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble de l’espace cultivé, Homme compris.

La biodynamie bouge dans le Gard

Arcadie est adhérente au MABD, Mouvement d’Agriculture Biodynamique, grâce auquel elle a pu bénéficier de plusieurs formations nouvellement organisées dans le Gard, ainsi que de la visite d’un conseiller.

Stephan, Yoachim et Jean Marot conseiller en biodynamie
Dans la parcelle de vigne rouge. Jean Marot, ancien viticulteur, conseiller pour le Mouvement d’Agriculture Biodynamique, se trouve pour la 1re fois devant un cas de vigne cultivée pour ses feuilles… C’est sûr, c’est pas commun !

En plus du contenu des formations, ces temps d’échange et de rencontre sont importants pour la création d’un réseau de praticiens.

Du concret sur le terrain de la Ferme pour 2021

Préparats biodynamiques sur notre tas de compost

le 1er février, nous avons préparé et apporté les préparats biodynamiques sur notre tas de compost à l’essai.

préparat biodynamique à partir de bouse de vache
“5 préparats différents sont introduits dans le tas de compost via des boulettes de terre
préparat biodynamiqueliquide épandu sur compost à la balayette
Le 6e préparat pour compost est liquide et épandu… à la balayette !!
essai de compost à la Ferme d'Arcadie
Le compost à l’essai sur les terres de la ferme. Après avoir reçu des préparats biodynamiques pour accompagner le processus, le tas est couvert et restera un certain temps à maturer… Février 2021

Première pulvérisation de préparat

Mi juin, une grande partie des terres a reçu une première pulvérisation de préparat. Avec ces pulvérisations, nous n’apportons pas de la matière (comme par exemple en apportant du compost ou des engrais organiques) mais une impulsion pour améliorer des processus autour du vivant (digestion, croissance, dégradation, etc…).

préparat biodynamique fait à base de bouse de vache
Une toute petite quantité de préparat (à base de bouse de vache) a été ajoutée à 100L d’eau de bonne qualité, brassée énergétiquement pendant 1h (ici à la machine). C’est cette préparation qui est apportée aux cultures
pulvérisation d'un préparat biodynamique
Notre jeune parcelle de sarriette reçoit sa première pulvérisation de préparat biodynamique mi juin. Au total c’est environ 4,5 ha qui ont pu être couvertes, avec le pulvérisateur attelé au tracteur… pas encore la totalité des terres de la ferme !

Une large place donnée à l'animal

Nous œuvrons également pour essayer de rééquilibrer le site en donnant une plus large place à l’animal, souvent absent dans nos régions (peu d’élevage). Le travail réalisé pour accueillir plus d’oiseaux en fait partie.

nichoir autour de la Ferme d'Arcadie
Les nichoirs installés sur le site, avec l’aide du Centre Ornithologique du Gard, invitent les oiseaux cavicoles à s’y installer

Aussi les échanges que nous avons avec l’éleveuse de chèvres Mohair qui avoisinent les terres de la ferme : celles-ci pâturent sur une partie de nos terres non cultivées.

Nous aimerions également améliorer notre processus de compostage en y introduisant du fumier animal, même en petite quantité.

chèvres Mohair en pature
les chèvres Mohair de l’élevage voisin de “la Pastourelle” apportent une belle présence animale en hiver dans nos cultures très végétales…

Enfin, nous avons programmé un temps de travail collectif régulier autour de réflexions, observations, retours sur les pratiques. C’est un temps pris sur le flux du travail quotidien, pour se poser, observer plus en profondeur telle ou telle plante, tel paysage (le dessin est une pratique intéressante !), pouvoir s’y connecter de manière plus subtile et qualitative.

Une minorité de produits Demeter au catalogue d'Arcadie

Au catalogue d’Arcadie, 5 produits sont labellisés Demeter, issus de 3 fermes différentes. Deux en Europe, produisant pour l’une le piment doux d’Espagne et pour l’autre la camomille (française). Et trois en Inde, issus du vaste domaine agricole de POABS : thés vert et noir, café, poivre.

Pour le piment doux d’Espagne et la camomille, on a affaire à des producteurs pionniers de l’Agriculture Biologique, qui ont ensuite voulu aller plus loin avec l’Agriculture Biodynamique. En 2021, Arcadie a commandé 5 tonnes de piment d’Espagne Demeter, et 400 kg de camomille.

Le partenariat historique avec POABS est, lui, symbolique de l’intérêt que portent les fondateurs d’Arcadie pour ce type d’agriculture et surtout la philosophie et le regard sur la nature qu’elle implique.

plantes aromatiques et médicinales en biodynamie
Au domaine agricole de POABS, dans le Kerala, en Inde, toutes les préparations biodynamiques sont réalisées sur place, ainsi que les cultures nécessaires : achillée millefeuille, camomille matricaire, pissenlit, etc.

Ces productions issues d’Agriculture Biodynamique restent cependant très minoritaires à Arcadie. Pour Anna, responsable de notre service commercial, la labellisation Demeter est clairement un plus pour nos produits. Elle fait sens et apporte une réelle valeur ajoutée, même si en France, c’est peu connu et reconnu par les consommateurs.

D’autres critères - comme les partenariats équitables, l’implication de nos producteurs en matière de développement de la biodiversité et la relocalisation de la production en France pour les plantes qui y sont cultivables - sont considérés comme plus prioritaires aujourd’hui.

Par ailleurs, les producteurs de plantes aromatiques en Agriculture Biodynamique certifiée ne courent pas les rues (pour le moment !), et les volumes demandés par Arcadie dépassent bien souvent l’échelle de production de l’Agriculture Biodynamique.

Et puis cette Agriculture Biodynamique questionne forcément, en interne aussi on peut entendre : “L’Agriculture Biodynamique ? Reste encore à prouver que ça marche“… Il y a débat, et tant mieux, ça nous met en vie !

En attendant, les réflexions et impulsions pour re-questionner le lien de l’homme à la nature animent Arcadie. L’expérimentation de l’Agriculture Biodynamique à la ferme, qui commence tout juste, est un pas concret de plus, qui fera certainement cheminer la réflexion par l’observation, et le vécu. Par la vie quoi !

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

Read More
Domaines d'action et piliers de l'économie circulaire. Source Ademe
Juin 18, 2021 Martin Lacroix 0 comments
(ECO-CONCEPTION) #1 L’éco-conception : indissociable de l’économie circulaire

(ECO-CONCEPTION) #1 L'éco-conception : indissociable de l'économie circulaire

L'eco-conception est un sujet complexe que nous ne pouvions traiter en un seul article. C'est pourquoi nous vous proposons une série de plusieurs épisodes sur ce sujet. Commençons par expliquer ce qu'est l'économie circulaire et quels sont ses enjeux actuels.

Urgence : sortir de l’économie “linéaire”

La conscience grandissante de l’urgence à s’engager dans une transition écologique et sociale pousse le secteur économique à remettre de plus en plus fortement en question ses fonctionnements.
Le concept d’économie circulaire, décrit à la fin des années 1980, vise à limiter le gaspillage des ressources et les impacts environnementaux des produits, en augmentant leur efficacité à tous les stades de l’économie. Plus concrètement, cette approche vise à réduire l’exploitation des ressources et à faire durer, ainsi qu’à réutiliser ou recycler plutôt que jeter.
Il est opposé à celui de l'économie “linéaire”, basée sur le fonctionnement suivant : “je conçois - je consomme rapidement - je jette”.

Domaines d'action et piliers de l'économie circulaire. Source Ademe

Piliers et de l'économie circulaire (source : ADEME)

Notions d’économie circulaire

Parmi les mutations à opérer, la conception des produits dans un objectif de longue durée de vie, qui implique des matériaux de qualité et une “réparabilité” (exemple : rendre facile le changement de la batterie d’un téléphone portable...). Mais tous les produits ne sont pas concernés : lorsque vous buvez un jus de fruits, la bouteille vide n’est pas cassée mais vous n’en avez plus l’usage initial.
S’ouvrent alors les voies du réemploi (la bouteille est récupérée et remplie du même produit) ou de la réutilisation (je garde la bouteille comme carafe d’eau). Pour les objets plus complexes, le “remanufacturing” est possible (exemple : récupérer des ordinateurs usagés et en refaire de “nouveaux” à partir des éléments qui fonctionnent encore). Le recyclage ne devrait intervenir qu’après avoir épuisé toutes ces possibilités.

Révolutionnaire, l‘économie circulaire ? Pas si sûr… La réparation, le recyclage, le réemploi, la réutilisation étaient des pratiques courantes jusqu’au milieu du XXe siècle (1). L’évolution de l’économie au cours de la seconde moitié du 20è siècle est plutôt allée dans le mauvais sens et il est grand temps d’inverser la tendance, sans toutefois revenir aux modèles anciens d’économie circulaire, qui ne pourraient répondre aux enjeux actuels.

Exemple de représentation des phases de la vie d'un produit source (source : Cahiers du développement durable.be)

L’eco-conception s’intègre à l’économie circulaire

L’eco-conception est une approche de la conception des produits qui correspond aux objectifs de l’économie circulaire. Elle intègre des notions autres que la seule rentabilité économique et l’efficacité d’utilisation : l’impact sur les ressources naturelles pour la fabrication du produit, sa durée de vie, ses possibilités de seconde vie ou de recyclage sont pris en compte.

De plus en plus d'entreprises s’engagent à faire évoluer la conception de leurs produits pour diminuer leurs impacts écologiques. Elles dépendent d’évolutions à plus grande échelle, comme la disponibilité en certains matériaux, l’amélioration des filières de réemploi, de réutilisation et de recyclage.

Ref. :

1 - L’économie circulaire : mise en perspective historique et enjeux contemporains. Publié par Franck AGGERI | N° 498 - INTELLIGENCE ARTIFICIELLE / ÉCONOMIE CIRCULAIRE

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

Read More
Juin 11, 2021 meganeforestier 0 comments
Arcadie, pionnier des épices bio ?

Arcadie, pionnier des épices bio ?

L’aventure Arcadie débute il y plus de 30 ans, dans une humanité en pleine mutation, au sein de laquelle certaines personnes commencent à se poser la question de leur place et d’une forme de justice pour la planète et tous ses habitants. Mais cette histoire est aussi celle de rencontres, d’initiatives qui ont permis de poser les bases de la bio telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Retour aux sources avec Dominique Kimmel, co-fondatrice d’Arcadie…

 

Un amour pour la vie végétale et une soif de liberté

Aux fondations d’Arcadie, il y a un couple : Dominique et Bernard Kimmel. Citadins, ils décident de réorienter leur vie pour “retourner” à la terre : ils s’installent producteurs de plantes aromatiques et médicinales dans l’Aude. Ils souhaitent ainsi allier leur amour des plantes, leur volonté de sortir du monde tel qu’il est et le fait de vivre de cette passion. Il s’agit donc d’une recherche de la liberté qui,pour eux, passe par ce retour à la terre et par l’entreprenariat. Avec en filigrane, une valeur très ancrée dans leur pratique : la justice pour la Terre et les Hommes. Un idéal difficile à défendre dans le monde d’alors !

Dominique et Bernard Kimmel furent eux-mêmes agriculteurs bio avant de créer Arcadie, Cook et L’Herbier de France en 1990.

Le problème de l'offre et de la demande

Dans les années 1970-80, les circuits de distribution bio n’existent pas encore. Les petits producteurs bio déjà existants dans les plantes aromatiques et médicinales (PAM) commercialisaient leurs produits en vente directe, sur les marchés, les foires bio.

Les PAM sont assez méconnues du grand public, de même que leurs vertus.
La fin des années 80, début des années 90 marquent un tournant important : des circuits de magasins spécialisés bio commencent à se monter ! La demande grandit et les magasins sont friands de nouveautés.

L’irrégularité des récoltes et l’étendue de gamme sont deux points limitants pour cette production. Dominique & Bernard savent que leurs petites productions ne suffiront pas. Après des formations, ils décident de créer une coopérative. Le but : proposer une gamme étendue de produits et sécuriser les approvisionnements en étant plusieurs à cultiver toute une gamme de plantes. Un nouveau défi qu’ils ont relevé, non sans difficultés face à son ampleur :

« On ne savait pas forcément, on ne se rendait pas compte ».

La demande est telle que parfois, les producteurs doivent compléter leurs productions par d’autres venant de plus loin : des plantes venues d’Espagne notamment, ou de Pologne.

Boussole dans romarin
La boussole représente pour nous un cap à tenir, une direction à suivre.

D'heureuses rencontres et un marché à prendre

C’est au détour des formations sur la gestion d’une entreprise ou sur l’agriculture que Bernard et Dominique rencontrent les personnes qui les accompagneront pendant quelques années. Déjà adhérents au label Nature & Progrès, Bernard & Dominique travaillent avec d’autres groupements de producteurs sur la création d’un cahier des charges pour la production de PAM qui précise les conditions de productions de PAM et permet un contrôle plus strict, par Nature et Progrès, des provenances.

Nous sommes alors vers la fin des années 1980, et le groupement de producteurs doit faire face aux premières incertitudes : les décalages entre les stocks et la vente. On se retrouve avec un surstock… Or, dans une coopérative, les produits ne sont payés aux producteurs que lorsqu’ils ont été vendus !
Ce qui est inconfortable pour certains producteurs qui préfèrent suivre leur propre route.

En circuits de distribution bio, on commence à voir apparaître de la vanille bio commercialisée par une entreprise allemande… Bernard se demande s’il n’y a pas là un marché à prendre, une opportunité de faire découvrir les épices bio en France. Et ainsi de sécuriser économiquement le projet. Car à l’époque, il est très difficile de dégager des revenus suffisants pour vivre de cette production ! Alors que Bernard et Dominique entrent en contact avec le contrôleur de Nature et Progrès pour les pays du tiers monde pour en apprendre plus sur la possibilité de trouver des épices certifiées bio ; ils sont alors contactés par une productrice de Madagascar qui justement souhaite faire certifier ses épices en bio. Une nouvelle aventure commence.

Aujourd’hui, 30 ans plus tard, 20% de nos épices nous viennent encore de ce pays et nous permettent de faire, à elle seules, 18% de notre chiffre d'affaires. Si les partenaires ont changé avec le temps, notre amitié pour la grande île n’a pas changé.

1ers produits Cook et L'Herbier de France
1ers produits Cook et L'Herbier de France

En résumé

Si Arcadie n’a pas été la première entreprise à travailler dans les plantes & épices bio, elle a été pionnière dans sa manière de le faire, au travers d’une coopérative, puis d’une entreprise classique. Cela a été possible grâce à des rencontres, la force et la patience de ses fondateurs, et la passion des personnes impliquées dans ce projet. Si l’entreprise a beaucoup évolué, elle reste fidèle à ses valeurs et à son idéal et fera tout son possible pour garder le même cap.

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

Read More
désherbage d'une parcelle de thym bio dans le tarn
Juin 04, 2021 Martin Lacroix 0 comments
Notre vision de la bio : ce n’est pas une option !

Depuis toujours, le choix de la bio est pour nous un choix exclusif avec 100% de nos produits certifiés bio depuis la création de la coopérative de producteurs en 1985. Et à l’heure où le dérèglement climatique devient une réalité que nous pouvons toucher du doigt tous les jours, ce choix sans compromis nous apparaît encore plus indispensable.
La bio n’est pas un simple sigle qualité, une option que nous pourrions choisir parmi d’autres, selon notre envie du moment. La bio est la seule solution pour sauver l’humanité, et il faut cesser de toute urgence de déverser des millions de tonnes de pesticides (15 millions de tonnes de pesticides par an, et 150 millions de tonnes d’engrais chimiques), qui tuent la flore, la faune et transforment les terres arables en poussière morte.

Notre vision de la bio : ce n'est pas une option !

Le Bio ou La Bio ?

LE Bio peut être défini comme l’aspect réglementaire et pratique du label “Agriculture Biologique” : les cahiers des charges et autres règlements.

LA Bio est en revanche l’esprit de l’agriculture biologique, la philosophie qui sous-tend cette démarche. Elle va au-delà d’un simple ensemble de règles techniques. Il s’agit d’une vision de l’agriculture - et même de l’alimentation - dans laquelle les pratiques agricoles respectent l’environnement et les êtres humains, avec des filières dont chaque maillon de la chaîne (producteurs, transformateurs, distributeurs) respecte les mêmes engagements.

Nos fondateurs, très engagés dans la bio

Avant de créer Arcadie, Cook et L’Herbier de France, Dominique et Bernard Kimmel ont effectué un “retour à la terre” au début des années 1980. Ils ont produit des plantes aromatiques et médicinales en agriculture biologique dans l’Aude et ont même participé à l’élaboration du premier cahier des charges pour la culture AB de ces productions !

Dominique et Bernard ont réussi à transmettre leur passion et leurs valeurs à leurs équipes et cela explique en partie pourquoi notre lien à la terre est encore bien présent après leur départ, malgré la taille grandissante de notre entreprise.

Dominique et Bernard Kimmel furent eux-mêmes agriculteurs bio avant de créer Arcadie, Cook et L’Herbier de France en 1990.

Bio et commerce équitable devraient être indissociables

Les partenariats avec nos fournisseurs ont toujours été au cœur de nos préoccupations. Nous cherchons le bon équilibre, avec des prix suffisamment rémunérateurs pour les agriculteurs.

Pour nous, une agriculture biologique avec des prix d’achats insuffisants est un non-sens. Le modèle de l’agriculture chimique (qui nous l’espérons, ne s’appellera plus un jour “agriculture conventionnelle”), en plus de polluer notre environnement et de détruire la fertilité des terres et la biodiversité, rémunère souvent très mal les agriculteurs (qui ne survivent alors que grâce aux primes de la Politique Agricole Commune).

De même, une production agricole qui serait certifiée “commerce équitable” mais avec les méthodes de l’agriculture chimique n’a pas de sens selon nous : est-il vraiment équitable de laisser les agriculteurs s’empoisonner (ainsi que l’environnement) avec des produits chimiques ?

logo Biopartenaire commerce équitable et bio
Le label Biopartenaire® est le seul label de commerce équitable uniquement réservé aux productions issues de l’agriculture biologique.

C’est pourquoi nous avons choisi d’engager nos approvisionnements dans la labellisation Biopartenaire®. Ce label certifie en commerce équitable uniquement les productions issues de l’agriculture biologique. Fin 2021, nous devrions atteindre 50% de nos volumes labellisés Biopartenaire® .

La véritable durabilité est à la fois économique, environnementale et sociale

La véritable durabilité n’est atteinte que lorsque ces 3 domaines sont pris en compte : l’environnement, les aspects sociaux et bien sûr la dimension économique.

Par notre engagement d’achat pour minimum 3 ans, sur des prix et des volumes rémunérateurs, le côté “économique” est atteint avec un contrat Biopartenaire®. Pour évaluer ce prix juste, un calcul fin des coûts de production est effectué par le producteur.

La pratique de l’agriculture biologique est garante de la durabilité environnementale.

Quant à l’aspect social, chaque partie d’un partenariat Biopartenaire® s’engage à avancer dans une démarche globale de progrès social. Un “fonds de développement” de 1 à 5 % du montant annuel du contrat, géré par les producteurs, facilite la mise en place des progrès sociaux.

Schema developpement durable
Schéma conventionnel du développement durable (Source : Ministère de l’écologie et du développement durable et commissariat général du Plan (France)

Les productions doivent être au maximum locales

Il est urgent de relocaliser tout ce qui peut l’être. Pour répondre à la demande actuelle française en plantes aromatiques et médicinales, les capacités de cueillette ou de production en France sont actuellement insuffisantes.

Nous déployons ainsi beaucoup d’énergie pour participer à la construction de nouvelles filières agricoles pour ces productions, comme par exemple pour la filière “plantes de garrigues en régions Sud et Occitanie”.

désherbage d'une parcelle de thym bio dans le tarn
Désherbage d’une parcelle de thym chez une agricultrice de notre filière “plantes de garrigues” (photo Martin Lacroix)

Biodiversité agricole : un enjeu crucial à mieux prendre en compte

La biodiversité est capitale pour la durabilité de l’agriculture :

+ de biodiversité = + de fertilité ;

+ de biodiversité = meilleure adaptation des plantes/animaux à leur environnement (variétés et races anciennes plus rustiques) ;

+ de biodiversité = + de régulations naturelles = moins de maladies.

Si les pratiques de l’agriculture biologique favorisent la biodiversité et la fertilité des sols, d’autres approches complémentaires plus spécialement focalisées sur l’ensemble de la biodiversité sont intéressantes pour améliorer encore cet aspect. Parmi elles, le Biodiscore, mis au point par un de nos partenaires, semble une piste intéressante pour évaluer les systèmes agricoles en matière de biodiversité et les améliorer.

Il est nécessaire d’aller au-delà du label “agriculture biologique”

Au-delà du respect des cahiers des charges de l’agriculture biologique (contrôlé par un organisme externe indépendant), nous sommes très attentifs aux risques de contamination des produits issus de nos producteurs par des pesticides issus de cultures non bio proches : nous vérifions les éventuelles contaminations par la recherche systématique de plusieurs centaines de molécules pesticides de synthèse.

Nous sommes également très exigeants sur les qualités sanitaire et organoleptique (saveur, odeur) des productions.

parcelles de thym bio
Les productions issues de l’agriculture biologique ne sont malheureusement pas exemptes de risque de contamination (photo Maxime Beaufey)

Nous souhaitons enfin favoriser au maximum une agriculture paysanne, avec des fermes à taille humaine, et accentuons la prise en compte de la biodiversité dans les zones de production ou de cueillette.

Notre vision de la bio c’est donc une agriculture durable, qui prend soin de l’environnement (fertilité des sols, absence de pollution, maintien d’une grande biodiversité) mais également des Hommes (conditions de travail dignes, rémunération suffisante, haute qualité des produits). Et au-delà de l’agriculture, il s’agit d’une chaîne d’acteurs solidaires et engagés, depuis les agriculteurs jusqu’aux magasins où vous trouvez nos produits.

C’est avec joie que nous progressons chaque jour vers cet idéal, avec l’aide de l’ensemble de nos partenaires.

Sources :

https://www.agencebio.org/questions/quelle-difference-entre-le-logo-ab-et-le-logo-europeen-ab/

https://www.quechoisir.org/conseils-produits-bio-dans-la-jungle-des-labels-n45768/

https://auris-finance.fr/normes-biologiques/

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

Read More
Visite chez Phaël Flor Madagascar
Notre engagement commerce équitable : témoignage de la responsable des achats à Arcadie

Julie est responsable des achats à Arcadie. Arrivée en 2000, elle a vu Arcadie grandir et évoluer sur bien des questions. Son engagement et son travail au sein d'Arcadie permettent de mieux comprendre les évolutions que nous envisageons à long terme, notamment en matière de commerce équitable au travers du label Biopartenaire. Témoignage.

 

Notre engagement commerce équitable : témoignage de la responsable des achats à Arcadie

Arcadie : Est-ce que tu peux te présenter rapidement en quelques mots ?

Julie : Arrivée dans l'entreprise dans les années 2000, jeune adulte, j'ai eu la chance de pouvoir "grandir" aux côtés d'Arcadie. J'ai pu la voir se tromper, recommencer, essayer mais toujours progresser dans un environnement changeant. Les différentes évolutions ont fait d'Arcadie la société que l'on connaît maintenant. Je suis fière d'avoir pu m'accomplir ici, apporter ma pierre à l'édifice, devenir ce que je suis devenue dans la communauté arcadienne.

Julie Visite Fournisseur Madagascar Arcadie
Julie en visite fournisseur à Madagascar
Contrat Biopartenaire Exemple
Exemple d'un contrat Biopartenaire
A. Quand tu es arrivée à Arcadie, où en était-on avec le commerce équitable et Biopartenaire ?

J : A mes débuts d’Arcadienne, la notion de commerce équitable était déjà ancrée.
En effet, les pratiques d’achats ont toujours été vertueuses avec nos fournisseurs mais malheureusement ces démarches n’étaient pas certifiées ; peu de filières, peu de produits l’étaient à ce moment-là.

A. Cela signifie-t-il que pour toi il manquait une formalisation de cet aspect équitable qui permettait de protéger les producteurs & Arcadie ?

J : Il manquait la partie de formalisation des contrats pluriannuels avec un engagement sur les prix minimum et les volumes, ainsi que le versement du fonds de développement. La partie commerciale fondée sur le dialogue, la transparence et le respect était en revanche très ancrée.

Partenariat POABS Arcadie Jardins de Nelliyampathy rencontre 2005
Signature du contrat avec les Jardins de Nelliyampathy en 2005

"La mise en place de contrats équitables permet également de garantir une stabilité, une vision à long terme sur les volumes et les prix pour les producteurs."

A. Quel a été ton positionnement par rapport à cela ?

J : Pour moi, il s’agissait d’une priorité. Le fait qu’une filière soit certifiée, surtout les filières lointaines, nous garantit que de bonnes pratiques sont effectuées.
Clairement, la mise en place de contrats équitables permet également de garantir une stabilité, une vision à long terme sur les volumes et les prix pour les producteurs.
De plus, le versement du fonds de développement permet de créer des projets qui ont du sens pour les communautés locales.
Concernant la qualité des matières premières, grâce aux contrats équitables de longue durée, nous pouvons être dans un système d’amélioration continue, faire progresser les producteurs en termes de qualité et de connaissance.

A. Pourquoi est-ce important que la certification se fasse surtout sur les filières lointaines ?

J : Un audit externe de notre organisme de certification est réalisé sur ces filières afin de garantir l’usage de bonnes pratiques. En effet, plusieurs critères sont audités au cours du partenariat à savoir :

  • Des critères économiques : accès au marché facilité ; paiement d’un prix juste ; relations commerciales à long terme ; préfinancement des commandes si besoin ; transparence et traçabilité...
  • Des critères sociaux : respect des conventions fondamentales de l’organisation Internationale du travail avec absence du travail des enfants et du travail forcé
 ;
  • Des critères de renforcement et d’autonomie des producteurs : fonctionnement démocratique et participation aux décisions ; égalité des travailleurs...
  • Des critères environnementaux : respect de la biodiversité ; interdiction des substances dangereuses ; utilisation des ressources naturelles ; gestion écologique des déchets et des emballages...
  • Des critères de sensibilisation : sensibilisation des populations aux enjeux d’un commerce mondial plus juste
    Pour moi, les risques majeurs sont ceux qui touchent aux critères sociaux et économiques.

En effet, le travail peu ou mal rémunéré dans les pays en voie de développement est d’usage. Le fait de devoir présenter des calculs de coûts de production pousse les structures commerciales à de bonnes pratiques.

Reunion Annuelle Producteurs Curcuma Madagascar
Réunion annuelle de producteurs à Madagascar. Elle a notamment pour but de faire évoluer les pratiques dans le respect de l'environnement.
A. Lorsque tu parles de qualité des matières premières livrées, tu veux dire que le contrat équitable établi le fait que nous devons apporter notre aide aux producteurs pour les aider à gagner en qualité & en maîtrise de leur filière ?

J : En effet, dans la structure du contrat que nous avons choisi, nous ajoutons nos critères qualité afin de “parler” tous le même langage. Lorsqu’on discute d’une matière, le fournisseur/producteur connaît nos attentes en termes de qualité. Il n’y a pas de surprise. Celui-ci s’engage à nous livrer la qualité attendue. Si pour X raisons la qualité de la production de l’année n’est pas au rendez-vous, une discussion s’engage pour comprendre pourquoi et surtout trouver un terrain d’entente. Il s’agit également d’un but à atteindre. Nous sommes en soutien pour évoluer en termes de qualité tout au long du partenariat afin que le partenaire puisse également s’ouvrir d’autres marchés.

"Grâce aux contrats équitables de longue durée, nous pouvons être dans un système d’amélioration continue, faire progresser les producteurs en termes de qualité et de connaissances."

A. Et pour l’avenir, comment vois-tu le commerce équitable à Arcadie ?

Il me semble essentiel que l’ensemble de notre gamme réponde aux critères du commerce équitable.
En effet, pour les pays tiers, le fonds de développement permet une réelle amélioration de la qualité de vie locale.
Je souhaite que, par nos achats de matières premières équitables, nous ayons un impact sur le long terme sur l’ensemble de la communauté locale.

A. Cela signifie-t-il qu’Arcadie travaille actuellement à faire labelliser toutes nos filières via le label Biopartenaire ?

Nous recherchons des filières alignées à nos valeurs, des projets qui font sens. En effet, nous souhaitons que l’ensemble de notre gamme produits finis soit certifiée Biopartenaire.
Il s’agit d’un critère important dans la sélection de nos fournisseurs.

A : Si tu devais caractériser l'engagement d'Arcadie dans le commerce équitable, quel mot ou phrase te viendrait spontanément à l'esprit ?

J : Durable

Mégane Forestier

Propos recueillis par : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

Read More
Facebook
Panier
Il n'y a pas d'articles dans le panier !
Continuer mes achats