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Monter une filière en commerce équitable : un long fleuve tranquille ?

Monter une filière en commerce équitable : un long fleuve tranquille ?

Le commerce équitable a le vent en poupe ces dernières années et vous êtes de plus en plus nombreux à déclarer vouloir consommer plus responsable (et aussi à le faire vraiment). Mais savez-vous vraiment comment se passe la labellisation d’une filière équitable ? C’est un travail de longue haleine aux enjeux différents selon la provenance des produits. Explications.

Référentiels, labels : comment s’y retrouver ?

Tous les labels du commerce équitable ne se valent pas, nous vous l’avons expliqué ici (lien vers l’article “la nécessité du commerce équitable”).En effet, le commerce équitable n’est pas une pratique unique. Si tous les labels s’appuient sur des engagements communs (par exemple la recherche d’un prix rémunérateur pour les producteurs), les référentiels (= le cahier des charges précis) diffèrent sensiblement. Les labels appartiennent à des organisations  qui peuvent faire appel à des organismes certificateurs qui doivent s’assurer, au travers d’audits réguliers, que les acteurs engagés dans le partenariat respectent le référentiel . Ils sont les garanties, visibles pour vous, consommateurs, des engagements contractés par les acteurs. Ils peuvent être à l’initiative d’une entreprise privée, d’une association ou de pouvoirs publics. Par exemple, le label Biopartenaire est piloté par une association d’entreprises de la bio), et s’appuie sur le référentiel FFL (FairForLife) si l’on est sur un commerce “Nord/Sud”, ou FiABLE si on est sur un commerce “Nord/Nord”. L’organisme qui se charge des contrôles est Ecocert. Le référentiel FFL appartient à Ecocert, et le référentiel FiABLE à Biopartenaire.

Le commerce Nord/Sud fait référence au commerce entre une entreprise d’un pays industrialisé et des producteurs en voie de développement. Le commerce Nord/Nord se développe entre entreprises et producteurs de pays industrialisés.

Pourquoi décide-t-on de labelliser “équitable” une filière plutôt qu’une autre ?

Une filière, qu’est-ce que c’est ? 

Avant de vous exposer les étapes qui mènent à la labellisation commerce équitable, revenons sur le terme de filière. En effet, pour bien des consommateurs, ce terme peut faire peur car il est souvent associé à l’industrie et à des échelles de travail inhumaines, avec moults intermédiaires. Quand on parle de filière équitable à Arcadie, on est très loin de cette représentation. Pour nous, une filière est une organisation de l’amont (les producteurs) vers l’aval (les transformateurs). Il y a parfois des acteurs intermédiaires comme des collecteurs qui regroupent les productions d’un ensemble de producteurs, mais nous sommes même dans ce cas au contact des producteurs. Dans cette définition de la filière, chaque acteur tient une place indispensable pour le bon fonctionnement et nous travaillons tous ensemble dans un même objectif. Il y a donc l’idée de la transparence derrière une filière équitable.

Pourquoi on ne labellise pas toutes les filières en même temps ?

Vous le verrez dans la partie suivante, la labellisation est un projet qui prend beaucoup de temps. C’est pourquoi il nous est impossible de labelliser toutes nos filières en même temps. Nous devons donc prioriser. La primeur revient aux partenariats historiques. En effet, une relation durable et de confiance se noue après plusieurs années de travail commun. Nous avons donc sondé nos plus anciens partenaires afin de savoir si cette démarche pouvait les intéresser. Il est aussi possible que ce soit notre partenaire qui nous sollicite directement pour engager les procédures de labellisation. Dans ce cas-là, nous sommes d’autant plus enthousiastes.

Le second critère concerne les risques de dérives que nous identifions pour certaines de nos matières premières. La vanille par exemple est une plante qui subit les cours du marché financier mondial.En effet, le cours de la vanille s’effondre depuis quelques années. En ce sens, une labellisation équitable systématique permet de garantir à notre partenaire de un prix rémunérateur, loin des aléas du marché financier. Précisons qu’en ce moment, le cours mondial de la vanille s’effondre, alors que le travail de culture et de récolte reste le même. A terme, c’est bien 100% de nos produits et filières que nous souhaitons labelliser “équitable”, même si aujourd’hui cela représente déjà 35% de nos approvisionnements.

carte du monde provenance BP

En 2022, nous avons 17 filières labellisées commerce équitable.

Les grandes étapes de la labellisation “commerce équitable” : exemple du label Biopartenaire

Les exigences du label Biopartenaire avant de monter un projet

Biopartenaire est le label de commerce équitable que nous avons choisi pour une raison simple : il était le seul, à sa création, à réserver la labellisation aux entreprises du circuit spécialisé bio. En d’autres termes, seuls des produits issus de l’agriculture biologique peuvent prétendre apposer ce label. C’est une garantie supplémentaire pour nous de préserver l’environnement et la santé de nos partenaires. 

La seconde exigence concerne le fait que les producteurs doivent monter une structure de regroupement. Cela leur assure d’avoir suffisamment de poids dans les discussions avec les transformateurs (donc Arcadie). Ainsi, la labellisation d’un producteur travaillant seul n’est pas possible pour Biopartenaire. Cela fait sens pour nous puisque de ce regroupement naissent beaucoup de solidarité  et d’échanges florissants entre producteurs. 

Chez Arcadie, nous rajoutons une exigence : avoir déjà noué une relation de confiance avec les producteurs concernés. Nous attendons donc au minimum 2 ans avant de proposer la démarche de labellisation à un fournisseur.

Le calcul des coûts de production

C’est la première étape et ce n’est pas la plus aisée ! Le calcul des coûts de production permet de déterminer le prix plancher, c’est-à-dire le prix en-dessous duquel un producteur ne peut pas vendre le fruit de son travail. Ce calcul demande beaucoup de minutie puisque chaque coût est intégré : travail de la terre, semis, salaires, amortissements, manutention, etc. La plupart des producteurs ne font jamais ce travail, et peuvent avoir des surprises à l’issue de cette opération ! Une fois tout cela calculé et le regroupement de producteurs créé, le dossier d’éligibilité est déposé à Biopartenaire. 

Reunion Annuelle Producteurs Curcuma Madagascar

Le regroupement de producteurs malgaches de curcuma est une association où chacun vote pour les projets qu’il veut voir grandir.

Signature du contrat-cadre et audit Biopartenaire

Le contrat-cadre définit les engagements des parties prenantes : producteurs, regroupement de producteurs, opérateur de production. On y stipule les volumes et le prix de vente, la durée d’engagement, les fonds de développement, etc. 

Pour Biopartenaire, les contrats sont signés pour 3 ans minimum. Cela signifie que les producteurs ont une visibilité sur le volume acheté de leurs récoltes et leurs revenus pendant les trois prochaines années, ce qui est très important pour les investissements. 

Biopartenaire vient ensuite auditer l’opérateur de production et s’assure que le contrat cadre soit bien respecté. Il y a deux audits par an : interne (Biopartenaire) et externe (Ecocert). Concrètement, un agent vérifie chaque critère du cahier des charges FFL ou Fiable. S’il y a moins de 20% de non conformité, la certification est délivrée. S’il y en a plus, les partenaires doivent travailler ensemble pour lever ces erreurs et demander un nouvel audit avant de pouvoir afficher le label.

Contrat Biopartenaire Exemple

Exemple d’un contrat-cadre signé Biopartenaire.

Filière Nord/Nord et filière Nord/Sud : des enjeux différents !

De légères différences sur les cahiers des charges

Si le commerce équitable est avant tout connu pour améliorer la rémunération des producteurs dans les pays à faible niveau de vie, il existe aussi pour les pays à plus haut niveau de vie dans lesquels des prix d’achat rémunérateurs pour les producteurs ne sont pas garantis . Cependant, les exigences ne sont pas les mêmes. Si Biopartenaire ne fait aucune différence sur les exigences agronomiques liées à l’agriculture biologique (la bio de Madagascar est la même que celle de France car le cahier des charges Eurofeuille est le même pour tous), une vigilance accrue est appliquée sur les points suivants pour les partenariats “Nord/Sud” : 

  • Le respect du droit du travail : dans les pays lointains, les personnes travaillant sur les filières n’ont pas toujours les mêmes droits que les travailleurs français. Il y a une attention particulière portée sur ce point, qui dépend du droit international du travail. Ajoutons à cela une attention particulière portée sur la place des femmes. Sur nos filières de Madagascar, ce sont souvent les femmes qui effectuent les tâches agricoles les plus pénibles, et ce sont elles qui gèrent les fonds de développement. 
  • Le fonds de développement : pour les filières Nord/Nord, le fonds de développement correspond à 1% du montant total des achats. Il monte à 5% pour les filières Nord/Sud. En effet, les besoins en termes de conditions “basiques” de vie ne sont pas les mêmes : les producteurs malgaches manquent souvent de services de base, encore plus lorsqu’ils se trouvent dans des régions encore difficiles d’accès. Dans tous les cas, ce sont les producteurs qui gèrent eux-même ce fonds et choisissent les projets sur lesquels ils veulent investir cet argent. 

Pays du Nord : des agriculteurs au statut économique encore très précaire

Si les agriculteurs des pays “modernisés” vivent dans des conditions meilleures que la plupart de leurs homologues en pays étrangers, ils n’en restent pas moins une des catégories professionnelles les plus défavorisées, surtout lorsqu’on fait le rapport entre temps de travail et rémunération.

Le calcul fin des coûts de production et l’engagement pluriannuel remettent en quelque sorte les pendules à l’heure. Parfois, le prix final du produit augmente considérablement, mais en expliquant aux consommateurs les raisons de ce changement, ces derniers soutiennent la démarche en poursuivant l’achat.

Le fonds de développement est souvent utilisé pour des actions collectives comme des voyages d’études ou autres rencontres entre producteurs, très enrichissantes pour chacun.

La labellisation d’une filière en commerce équitable Biopartenaire demande beaucoup de temps car chaque acteur engagé dans cette démarche doit faire un travail de fond sur les coûts de production, mais aussi du fait de la condition de regroupement des producteurs en collectif. 

Les partenariats Nord-Sud permettent souvent une amélioration très nette des conditions de vie des communautés rurales partenaires, tandis que les partenariats “Nord/Nord” aident à consolider une activité agricole très fragile économiquement.

 En ce qui concerne Biopartenaire, la mention bio, la vente exclusive des produits en magasins 100% bio et des engagements sur les volumes et les prix minimum sur 3 ans ne sont pas négociables. C’est ce qui fait de ce label l’un des plus exigeants du marché, et ce pour quoi nous l’avons choisi depuis 2002 et nous participons fortement à son développement. 

Mégane Forestier

Auteur de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d’être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d’une entreprise engagée.

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Arcadie avec Fedecovera Guatemala 2021
Mai 06, 2022 Martin Lacroix 0 comments
Commerce équitable : pourquoi est-il indispensable ?

Le commerce équitable est un terme désormais connu du grand public. Malgré tout, cette notion reste un peu floue pour un nombre non négligeable de personnes. De quoi s’agit-il plus précisément ? Pourquoi devrait-il être généralisé ?

Commerce équitable : pourquoi est-il indispensable ?

Les grands principes du commerce équitable

En 2001, les organisations mondiales du commerce équitable définissent la notion de commerce équitable comme “...un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.” (1)

Au-delà du principe de base du paiement d’un prix juste, les acteurs du commerce équitable s’engagent sur d’autres aspects : conditions de travail au sens large, valorisation de la contribution et de la place des femmes, développement de l’autonomie des producteurs, amélioration des pratiques environnementales, promotion du commerce équitable etc.

Petit historique du commerce équitable

Si le terme est utilisé dès le XIXè siècle et si un certain nombre de personnes s’offusquent du mauvais traitement des agriculteurs dans les plantations coloniales (2), l’émergence officielle du concept de commerce équitable est plus récente : apparu dans les années 1940 aux États-Unis et au Royaume-Uni, il voit sa première reconnaissance internationale en 1964 à la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement. En France, c’est Artisans du Monde, association créée en 1974, qui participe grandement à son essor.

En 1988, le premier label de commerce équitable, Max Havelaar (nom du personnage d’un roman dénonçant l’esclavagisme à Java), est créé aux Pays-Bas. En 1989, la structuration au niveau mondial progresse avec la création de la WFTO (World Fair Trade Organization = organisation mondiale du commerce équitable).

À la fin des années 1990, le commerce équitable apparaît dans les produits de la grande distribution, ce qui permet de passer un nouveau cap dans son expansion.

En 1997, Commerce Équitable France, la plateforme des acteurs français du commerce équitable, est créée. En 2001, c’est la première Quinzaine du commerce équitable en France, opération de communication visant à promouvoir cette démarche.

Dans les années 2000, les labels fleurissent ; le nombre de producteurs concernés et le marché se développent. En 2020, les ventes de produits issus du commerce équitable en France atteignent 1,83 milliard d’euros, trois fois plus qu’en 2014 (3) (4). Un grand nombre de catégories de produits ne bénéficient pas de labellisation, la traçabilité étant encore trop difficile à mettre en place.

Commerce de Charleville-Mézières

Le réseau associatif Artisans du Monde a été le premier à proposer des produits issus du commerce équitable en France (photo Wikipedia)

Une image encore très “Nord/Sud” et “humanitaire”

L’origine de la démarche du commerce équitable trouve ses racines dans une réaction face aux inégalités générées par le développement du commerce international (5). Les producteurs (agriculteurs, artisans) sont souvent le maillon le plus défavorisé de la chaîne, ne recevant qu’une très faible part du prix final de vente du produit.

Si l’impulsion de rétablir une relation commerciale et une répartition de la valeur plus équilibrées est louable, elle peut facilement dériver vers une poursuite souvent inconsciente d’une logique de dépendance des communautés de producteurs concernés.

Heureusement, un certain nombre d’acteurs du commerce équitable évitent cette ornière. Le cliché du “petit producteur étranger sauvé par un acheteur au grand cœur” est encore toutefois présent dans les représentations du commerce équitable pour les consommateurs finaux. N’oublions pas qu’il s’agit non pas d’une action de générosité, mais du simple rétablissement d’un équilibre qui devrait aller de soi dans les relations commerciales.

pub Oxfam

Cette campagne de publicité volontairement choquante d’Oxfam, sortie en 2016 pour dénoncer les dérives du commerce international, reprend le thème du colonialisme. Mais l’inégalité commerciale peut tout à fait se produire entre un acheteur et un producteur du même pays.

Le commerce équitable “Nord/Nord”, défi encore plus grand

Les producteurs des pays du “Nord”, même s’ils vivent souvent dans des conditions moins difficiles que ceux des pays très pauvres du “Sud”, sont souvent eux aussi payés à des prix insuffisamment rémunérateurs. Selon une publication de l’INSEE de janvier 2022, 38 % des agriculteurs français gagnent très peu (moins de la moitié du Smic) et 26 % vivent sous le seuil de pauvreté.

C’est pourquoi le développement d’un commerce équitable dit “Nord/Nord” (parfois aussi appelé “commerce équitable local”) s’est enclenché en parallèle des partenariats “Nord/Sud”. Le coût de la main d'œuvre étant plus élevé que dans de nombreux pays étrangers, un juste prix d’achat a un impact souvent plus important pour les acheteurs.

En 2020, les produits issus de filières françaises représentent 35% des achats de produits du commerce équitable en France (4).

producteur français

En France aussi, les agriculteurs sont une catégorie professionnelle souvent très mal rémunérée.

L’estimation des coûts de production

Pilier de la démarche : l’estimation des coûts de production pour chaque produit. Elle n’est pas conduite de la même façon pour tous les labels : certains se basent sur des données statistiques régionales, tandis que d’autres demandent aux producteurs d’effectuer l’estimation de leurs coûts de production {(6), page 14}.
Cette estimation fine est bien plus précise et très intéressante, car il apparaît bien souvent que les producteurs n’intègrent pas tous les coûts dans leur coût de production s’ils ne prennent pas vraiment le temps de s’y pencher.

Ce calcul occasionne parfois des remontées spectaculaires des prix d’achat, qui ne peuvent pas toujours être compensées par une baisse de la marge des autres acteurs de la chaîne, et se répercutent donc en partie sur le prix final de vente aux consommateurs. Cela demande donc un engagement accru de ces derniers pour concrétiser l’acte d’achat. Mais cela replace à sa juste valeur le travail “derrière le produit”.

Recolte curcuma Madagascar 2019 bio équitable

Seul un calcul fin permet de sortir un coût de production vraiment réaliste.

Commerce équitable et pas bio ? Le grand écart philosophique

Même si une amélioration des pratiques environnementales est encouragée dans la démarche de base du commerce équitable, pour la plupart des labels, la pratique de l’agriculture bio n’est pas une condition préalable à l’obtention de la mention “commerce équitable”.

Or, nous considérons que l’équité devrait comprendre la préservation à long terme de la santé des producteurs et de leur environnement. Payer des producteurs correctement et en même temps utiliser des pratiques de production néfastes pour la santé et l’environnement est éminemment contradictoire.

Inversement, promouvoir la pratique de l’agriculture biologique préservant l’environnement, sans assurer une viabilité économique et sociale aux producteurs perd de son sens.

C’est pourquoi un certain nombre d’acteurs du commerce équitable dans l’agro-alimentaire ont ressenti le besoin de créer des labellisations associant bio et commerce équitable. Biopartenaire et Bio équitable en France sont les deux labels associant systématiquement agriculture bio et commerce équitable.

On peut aussi trouver de nombreux produits associant un label de commerce équitable et les labels de l’agriculture biologique (logo AB et/ou logo “Eurofeuille”). Regardez bien les étiquettes !

Les produits bio sont désormais très bien représentés dans l’offre de produits issus du commerce équitable : pour la France en 2020, 90% des produits issus du commerce international et 59% des produits français sont également bio, soit 88% au global (4).

Produit Bio Equitable

Sur certains labels de commerce équitable précisent “Équitable et bio” (label cumulant les 2 engagements), la plupart sont apposés à côté du logo AB ou du logo Eurofeuille.

Autres différences entre labels de commerce équitable

Vous l’aurez compris : il y a de plus en plus de labels et tous ne se valent pas. Il est compliqué de résumer leurs différences, mais nous vous présentons certains critères de choix qui nous semblent les plus importants, en plus des critères “bio” et “prix d’achat rémunérateur”.

La durée d’engagement de l’acheteur : il y a une énorme différence selon que l’acheteur s’engage sur une seule année ou sur plusieurs. En termes de visibilité sur les débouchés pour les producteurs, de possibilités d’investissement, les engagements pluriannuels sont bien plus sécurisants. Tous les labels ne garantissent pas cet engagement pluriannuel. En d’autres termes, certains labels permettent qu’un acheteur change de fournisseur chaque année, ce qui est beaucoup moins sécurisant pour les producteurs.

Biopartenaire et Bio équitable en France comprennent un engagement sur 3 ans minimum.

Le contrôle externe : un certain nombre de labels de commerce équitable font de l’auto-évaluation, ce qui garantit beaucoup moins l’impartialité qu’en cas de contrôle externe par un organisme indépendant (généralement, il s’agit d’un organisme accrédité pour la certification en agriculture biologique).

Pour entrer dans les détails de ces labels, il existe un comparatif complet (manque malheureusement de tableau de synthèse) réalisé par la plateforme Commerce équitable France en 2020.

label commerce équitable

Les labels de commerce équitable se multiplient, rendant parfois difficile le choix en magasin (source : infographie de Commerce Équitable France).

Au-delà des labels ? La transparence

Vous voulez avoir d’autres indicateurs que le label sur l’engagement d’une marque ou d’une entreprise par rapport à ses pratiques d’achat ? Faites un tour sur leurs canaux de communication (site web par exemple). Vous pourrez assez rapidement faire la différence entre ceux qui se contentent de quelques phrases un peu “bateau” et ceux qui donnent véritablement de l’information (actualisée) sur leurs approvisionnements et leurs partenariats.

Consommez bio + équitable + le plus local possible !

De plus en plus de consommateurs déclarent que le critère “commerce équitable” est important dans leurs choix d’achat, de même que le critère “bio”. Allons plus loin et propulsons ce slogan : bio + équitable, c’est inséparable et indispensable !

Les labels se multiplient et il devient compliqué de distinguer les niveaux d’engagement. Au niveau local, le contact direct avec les producteurs est le meilleur moyen de s’assurer que le prix de vente n’est pas venu enrichir prioritairement d’autres acteurs que le producteur.

Mais comme il est difficile de s’approvisionner uniquement en direct, les labels sont utiles. Nous vous mettons des liens vers des sources d’informations plus complètes. A vous de jouer !. 

En ce qui nous concerne à Arcadie, nous labellisons progressivement nos approvisionnements (35% à ce jour) avec la labellisation Biopartenaire. C’est un travail de longue haleine que nous vous expliquerons dans un prochain article…

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_%C3%A9quitable

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Multatuli

(3) Observatoire du commerce équitable 2020 : https://www.commercequitable.org/ressources/editeur/chiffres/

(4) https://www.commercequitable.org/wp-content/uploads/cef-le-ce-a-la-loupe-2021.pdf

(5) https://www.commercequitable.org/quelques-dates/

(6) https://www.commercequitable.org/wp-content/uploads/guide-label-2019-francais-web.pdf

Insee Première • n° 1884 • Janvier 2022 https://www.grands-troupeaux-mag.fr/wp-content/uploads/2022/01/publication.pdf Intéressant sur le début de l’histoire du commerce équitable et l’origine du nom Max Haavelar : https://www.tibahou.com/PBCPPlayer.asp?ID=331252

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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mélange épices
Avr 29, 2022 guilhemg 0 comments
Confectionnez vos propres mélanges d’épices #2

Confectionnez vos propres mélanges d’épices #2

Astuces pour confectionner vos mélanges à partir d'épices “entières”

Vous pouvez vous lancer à la réalisation de vos propres mélanges à partir d'épices moulues et d'épices entières. Le broyage au dernier moment permet de profiter de manière optimale des parfums dégagés par les épices, surtout que les composés aromatiques de certaines s'évaporent rapidement après les avoir écrasées. C'est le cas pour les baies de genièvre et le poivre noir par exemple (on utilisera ce dernier broyé à l'avance surtout si on recherche surtout son piquant). Inutile cependant d'avoir à la maison des dizaines d'épices à l'unité pour composer. Vous pouvez réaliser des mélanges connus de quelques épices, vous en inspirer, ou laisser votre créativité faire son chemin et tester des compositions plus personnelles. Voici quelques conseils pratiques pour vous lancer.

Le broyage des épices

Il y a plusieurs façons de broyer des épices entières. On peut se munir d'un mortier et d'un pilon, qui s'avèrent très efficaces pour les épices de petite taille comme les baies, le cumin, le carvi, le fenouil, la cardamome... Faites tourner le pilon dans le mortier en appuyant bien contre ses parois jusqu'à l'obtention de la mouture que vous souhaitez. Ce matériel est idéal pour réaliser des pâtes d'épices avec des condiments frais. Optez pour un mortier lourd afin de faciliter le travail. 

Le moulin à épices, manuel ou électrique, pour moudre certaines épices comme les baies, les noix de muscade, les piments est une bonne solution. Il existe un moulin spécialement conçu pour moudre les bâtons de cannelle, qui peut également être utilisé pour réduire en poudre les épices dures comme les noix de muscade et les fèves tonka. La râpe à épices est un équipement intéressant pour réaliser ce travail. Les lames doivent être bien aiguisées, attention aux doigts ! Vous pouvez vous aider de votre mixeur pour certaines épices qui ne sont pas trop dures comme les bâtons de cannelle, les clous de girofle, le macis (fleur de muscade), la badiane par exemple, mais aussi les herbes séchées qui peuvent venir compléter votre mélange.

broyage épices

Le mortier et le pilon sont très efficaces pour broyer les petites baies et les épices

La torréfaction des épices

Pour que certaines épices expriment davantage leurs saveurs et apportent d'agréables notes toastées, vous avez la possibilité de les torréfier. Dans une poêle, à sec, faites chauffer à feu moyen les épices entières ou grossièrement concassées à l'aide d'un mortier et d'un pilon ou d'un petit robot mixeur. Faites-les tourner constamment dans la poêle jusqu'à ce qu'un parfum s'en dégage. Retirez du feu et transférez dans un récipient ou une assiette pour les faire refroidir et les moudre finement. Les graines de  cumin, de coriandre,  d'aneth, de céleri, d'ajowan, se prêtent par exemple très bien à la torréfaction. Ce processus permet de développer les pyrazines, des composés aux arômes de noisette grillée. Le poivre de Sichuan, à l'écorce épaisse, aimera être torréfié sans être grillé, pour l'aider à libérer ses saveurs. 

La conservation

Une fois vos épices moulues et votre mélange réalisé, conservez-les bien dans des flacons en verre propres et bien secs, équipés d'une fermeture hermétique, dans un lieu sombre, sec et à l'abri de la chaleur pour éviter l'oxydation rapide et les moisissures.

Exemple de recettes de mélanges

Les mélanges 4 épices et 5 épices chinois (ou 5 parfums) ont une composition simple. Nous pouvons facilement nous en inspirer pour réaliser nos premiers mélanges à la maison. 

Voici une proposition de recette d'un mélange 5 épices à partir d'épices entières. Peaufinez-la, modifiez-la selon vos goûts. 

Mélange 5 épices chinois, pour 80 g : 

  • 20 g d'écorces de cannelle 
  • 10 g de graines de fenouil + 10 g d'anis étoilé (ou 20 g d'une épice ou de l'autre, au choix)
  • 20 grains de poivre noir 
  • 20 g de clous de girofle

Pilez grossièrement les épices au mortier. 

Torréfiez à sec les épices dans une poêle, à feu moyen. Elles doivent dégager un agréable parfum. 

Retirez du feu et transférez la préparation dans un petit mixeur ou dans le mortier. Réduisez en poudre fine le mélange. 

Conditionnez-le dans un flacon propre et fermez hermétiquement. Parfumez vos viandes, vos légumes et même vos desserts avec ce délicieux mélange.  

tofu grillé pak choï, riz parfumé aux 5 parfums
Copyright Delphine Pocard

Riz parfumé, tofu et pak choi aux 5 parfums

Vous pouvez également préparer des mélanges d'épices concassées, conditionnés dans des pots en verre, destinés à l'infusion ou à la décoction. Le mélange mulling est un assortiment d'épices servant à aromatiser du jus de pomme, du cidre ou du vin chaud lors des célébrations hivernales au Royaume-Uni. 

Mélange pour 4 litres de boisson : 

  • 4 bâtons de cannelle
  • 5 clous de girofle
  • 4 anis étoilé
  • 6 capsules de cardamome verte
  • 4 feuilles de laurier séché
  • 1 gousse de vanille 

Dans un petit robot mixeur ou un moulin prévu à cet effet, mixez grossièrement les bâtons de cannelle, les clous de girofle, les anis étoilé, les capsules de cardamome verte. Coupez en petits morceaux la gousse de vanille. Emiettez les feuilles de laurier. Mélangez toutes ces épices. 

Jetez une cuillère café à une cuillère à soupe de ce mélange dans une casserole de vin rouge, de cidre ou de jus de pommes (1 litre). Portez au point d'ébullition. Laissez frémir 5 minutes. Ajoutez éventuellement selon les préférences un peu de sucre, de sirop d'érable, de rondelles d'orange. Servez dans des verres ou des tasses.

Les épices apportent de la magie aux plats en accroissant le plaisir gustatif : les sensations en bouche sont décuplées. La confection des mélanges d'épices repose sur l'intuition, l'expérience personnelle, ainsi que sur les traditions. Prendre de temps en temps un moment pour concasser des épices, les mêler les unes aux autres, profiter pleinement du parfum qui s'en dégage, réaliser de belles recettes... N'est-ce pas du bonheur en perspective ?

portrait Delphine Pocard

Auteur de l'article : Delphine Pocard

Créatrice, styliste et photographe culinaire, je m’intéresse tout particulièrement à cette cuisine gourmande et saine que j’ai toujours connue, réalisée à partir d’ingrédients de qualité, riche en couleurs, en saveurs, en textures… Je suis une partenaire culinaire pour Arcadie depuis quelques années.

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Zaatar
Avr 28, 2022 guilhemg 0 comments
Confectionnez vos propres mélanges d’épices #1

Les épices que nous consommons au quotidien sont en général des mélanges. Ces assemblages peuvent se composer de quelques épices, mais il est possible de trouver une quarantaine, voire une cinquantaine de parfums dans un seul mélange ! Il existe une multitude de variantes plus ou moins complexes de curry, de garam masala, de ras el hanout, et d'autres mélanges connus. Au sein d'une même composition, nous pouvons trouver des épices sous forme crue, mais aussi torréfiées et grillées pour rehausser les saveurs, apporter des notes toastées appréciables... Tout réside dans l'harmonie des saveurs. Les mélanges tout prêts du commerce sont très pratiques, mais voici quelques informations afin de vous aider à en réaliser facilement à la maison. 

Confectionnez vos propres mélanges d'épices

Les mélanges, les accords possibles...

Les épices sont issues des racines, des tiges, des graines, des fleurs, des fruits ou de l'écorce de plantes. Sous l'effet du broyage ou de la chaleur, les composés aromatiques conservés dans des bulles d'huile, sont libérés. Ils s’échappent sous forme de gaz odorant. Ces composés sont présents pour aider la plante à survivre, à se défendre des bactéries et des animaux, se reproduire. Certains composés sont des répulsifs dans le monde animal, mais ils enchantent les papilles des humains (certaines sensations amères, astringentes, brûlantes... ). 

 

Le food pairing consiste à cartographier les accords possibles entre les aliments selon leur ressemblance chimique. Un des secrets de la véritable créativité culinaire réside dans l'étude des composés aromatiques. Quand deux ingrédients partagent de nombreuses molécules en commun, ces molécules vont stimuler les mêmes récepteurs gustatifs, et une certaine harmonie en résulterait alors en bouche. 

On peut classer les épices en fonction de leurs composés aromatiques et ainsi, les marier entre elles lorsqu'elles partagent un ou plusieurs composés. Par exemple, le curcuma comporte des notes sèches et humides, boisées dues aux composés aromatiques turmérone et ar-turmérone. Cette épice s'associera harmonieusement à d'autres épices aux notes terreuses telles que le cumin, la cardamome et le paprika. Le curcuma s'accorde également à des épices comportant du zingiberène comme le gingembre et le poivre noir. La coriandre est un élément principal du curry avec le curcuma. Les deux épices ont en commun le citral, une molécule aux notes fraîches d'agrumes. 


Mais l'art des mélanges en cuisine ne s'appuie évidemment pas que sur ces considérations physico-chimiques. La dimension culturelle est primordiale. D'ailleurs la plupart des mélanges que nous utilisons aujourd'hui sont issus d'un métissage des cultures culinaires ancestrales.  

Le curry

Le curry, sans doute la plus grande star des mélanges d’épices, est originaire de l'Inde. Là-bas, on parle de « Masala » pour désigner cet assemblage d'épices, ce qui signifie « mélange » en langue Tamoule. Après avoir colonisé l'Inde au XVIIIe siècle, les anglais l'ont importé, et l'ont rebaptisé «  curry », faisant référence aux plats en sauce du pays.  

En Thaïlande, on a l'habitude d'utiliser des pâtes de curry. Les plus connues sont les pâtes de curry rouge, jaune, vert, et Massaman. On introduit dans la préparation des produits frais écrasés comme l'échalote, l'oignon, l'ail, des herbes comme la coriandre, le rhizome frais de curcuma, de gingembre, du piment... Mais aussi des feuilles de curry, une plante aux notes citronnées et aux arômes floraux d'herbes (à ne justement pas confondre avec le mélange curry…).

Dans les îles antillaises, le curry a été rebaptisé « colombo », comme la capitale du Sri Lanka. Même si chaque famille a sa propre recette, à la base du mélange on retrouve en général le curcuma, la coriandre, le clou de girofle, le cumin ou le carvi... 

Le roux de curry, originaire du Japon, est présenté en pâte ou en blocs. La couleur souvent brune est liée à l'oignon caramélisé et au roux à base de farine et de beurre. L’usage du curry est relativement récent dans le pays mais il est vite devenu répandu. Tout comme en Inde, de nombreux plats à base de riz sont agrémentés de curry. On aime l'ajouter également dans les plats de viande et de légumes. 

Voici une recette de roux avec deux de nos mélanges: le curry et le garam masala.

Le garam masala est un mélange indien d'épices chaudes comprenant par exemple la cardamome, le poivre noir, le cumin, la muscade, la cannelle, le clous de girofle... Ce roux de curry prêt à l'emploi se conserve quelques jours au réfrigérateur et plusieurs mois au congélateur, notamment conditionné dans des moules à empreintes individuels. Parfumez simplement votre riz avec, ou du lait de coco pour une sauce qui viendra agrémenter votre poulet, etc...

Roux au curry

Le roux de curry peut se conserver quelques jours au frais, et est prêt à l’emploi

Le mélange 5 épices

Originaire de Chine, le mélange 5 épices est composé de 5 parfums : la cannelle, le fenouil, l'anis étoilé ou la badiane, le clou de girofle et le poivre noir. Cette combinaison a été créée par des maîtres chinois selon le principe du yin et du yang : un mélange tout en équilibre, comportant les 5 saveurs (salé, acide, amer, piquant, sucré), et les 5 éléments : feu, terre, métal, eau et fer. Certains ajouteront à la composition de la racine de réglisse, pour une saveur plus persistante. Le 5 épices, appelé également 5 parfums, est utilisé couramment au sud-est de la Chine et au Vietnam. A ne pas confondre avec le mélange français 4 épices composé de cannelle, de muscade, de poivre et de clou de girofle. Cet assemblage s'utilise dans les marinades, les plats mijotés, pour les viandes à griller et à rôtir.

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Le ras el hanout

Le ras el hanout, originaire du Maroc, est un mélange très aromatique aux épices chaudes, avec des notes piquantes et sucrées. En arabe, ras el hanout signifie « tête de l'épicerie », le meilleur du magasin d'épices. Très prisé dans la cuisine algérienne et marocaine, les variantes sont infinies, et chaque famille a sa propre recette ! Il s'incorpore dans la préparation du mouton, du couscous, de tajines, des plats de riz. On trouve des mélanges comportant une dizaine d'épices et jusqu'à une cinquantaine. Certaines épices cependant sont incontournables : le curcuma, la coriandre, la cardamome, la cannelle, la noix de muscade, le gingembre. Il peut contenir du poivre, du piment, du clou de girofle, mais aussi des fleurs comme la lavande et les boutons de roses. 

Cook_Mélange_RasElHanout_Variations

Quelques autres mélanges connus

Voici quelques lignes sur plusieurs mélanges les plus célèbres du globe, issues d'un héritage gastronomique de plusieurs siècles.  Le mélange Jerk de Jamaïque intègre le mélange quatre épices constitué de poivre blanc, de clou de girofle, de noix de muscade et de gingembre. On ajoute parfois à cet assemblage parfois de la cannelle pour renforcer les notes chaudes. Le Jerk comporte aussi du gingembre, du piment, du paprika, de la noix de muscade, du thym, des condiments tels que de l'oignon, de l'ail, du thym, un peu de sucre et de sel. Inventé aux Caraïbes, le Jerk est avant tout une technique de préparation et de cuisson de la viande, qui a évolué au fil du temps : celle-ci était marinée pendant plusieurs heures ou frottée à sec avec un mélange d'épices bien choisies et elle était ensuite cuite à feu bas sur des copeaux de bois de piment de la Jamaïque (oui c’est un arbre). Le mot « Jerk » proviendrait de « charqui », un terme espagnol désignant la viande séchée.    C'est un assaisonnement qui s'utilisait pour le poulet et le porc, mais aujourd'hui, on l'utilise pour ce qu'on veut : volailles, poissons, bœufs, tofu, légumes...    En Syrie, on compose des recettes avec le zaatar, un assemblage d'épices et d'herbes très parfumé. Le terme arabe « zaatar » désigne une variété de thym ou d’origan sauvage. Il a donné son nom à ce mélange traditionnel. Un de sces composants, le sumac, apporte une jolie pointe d'acidité et les graines de sésame torréfiées ajoutent de la gourmandise au mélange.  Lancez-vous dans cette recette facile de zaatar, que vous pouvez modifier en fonction de vos envies : on peut ajouter par exemple du thym, de la sarriette, mais aussi de la coriandre, du cumin, de l'anis vert, du piment... Vous pouvez remplacer les graines de sésame par des graines de pavot ou de chia, des graines de tournesol concassées, des amandes ou des noisettes hachées... Ce mélange agrémente le houmous, les viandes, les poissons, les pizzas, des tartines de pain grillées et badigeonnées d'huile, les fromages (comme la feta par exemple... ). 
Zaatar

Le zaatar est un mélange Syrien traditionnel composé d’herbes et épices très parfumées.

Zaatar


Faites torréfier à sec dans une poêle les graines de sésame. Dans un récipient, mélangez ensemble le cumin, le sumac, l'origan, le sésame et le sel.  

Goûtez votre mélange et changez éventuellement les proportions à votre guise. Quand il est bien refroidi, Ttransférez-le dans un petit bocal hermétique.

La partie 2 de l'article vous attend pour découvrir encore plus d'astuces sur vos épices :

Confectionnez vos propres mélanges d’épices #2

portrait Delphine Pocard

Auteur de l'article : Delphine Pocard

Créatrice, styliste et photographe culinaire, je m’intéresse tout particulièrement à cette cuisine gourmande et saine que j’ai toujours connue, réalisée à partir d’ingrédients de qualité, riche en couleurs, en saveurs, en textures… Je suis une partenaire culinaire pour Arcadie depuis quelques années.

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grade poivre
Les poivres : des terroirs aux saveurs différentes

Les poivres : des terroirs aux saveurs différentes

Il existe une très grande variété de plantes appelées “poivre”, aux caractéristiques parfois très différentes. Pourtant, une bonne partie d’entre eux proviennent de la même espèce botanique : le poivrier noir, une liane qui pousse sur des terres tropicales et qui se cultive et se récolte aussi de toutes sortes de manières. Pourquoi alors le poivre noir de Kampot est-il si différent du poivre noir de Madagascar ? 

Ouvrières malgaches triant manuellement le poivre (photo Samuel Avril)

Quels points communs entre les différents poivres ?

Les poivres dits verts, blancs, noirs et rouges viennent tous de la même plante : Piper nigrum, le poivrier noir. Il s’agit d’une liane qui a besoin de supports (souvent des arbres) pour pousser et laisser ses fruits (les baies de poivre) s’épanouir. Il est ainsi souvent cultivé sur des tuteurs naturels qui peuvent également produire de la nourriture (on parle de cultures associées, voire d’agroforesterie lorsqu'on associe un végétal ligneux comme un arbre à des cultures comme des céréales ou des cultures maraîchères).  Originaire de la côte de Malabar, le poivrier noir a bénéficié du développement commercial des épices pour devenir, très vite, une épice incontournable. 

C’est la pipérine, une des molécules composant cette plante, qui lui donne ces saveurs piquantes si particulières qu’on ne retrouve pas dans d’autres épices. Pour autant, elle est beaucoup moins forte que la capsaïcine, présente dans les piments et qui est responsable de leur sensation brûlante.

Le poivrier noir est une liane qui pousse dans les climats tropicaux.

Mais des grades différents

Le nom “Poivrier noir” pourrait laisser penser qu’il ne produit que le poivre noir. En réalité, il produit toutes les couleurs de poivre connues, simplement ce sont des grades de cultures différents. Voici, dans l’ordre du moins mâture au plus mâture sur la liane : 

  • Le poivre vert : c’est le fruit pas encore mur ; 
  • Le poivre jaune orangé : il donnera le poivre noir et le poivre blanc. Comment obtient-on une couleur plutôt qu’une autre ? Tout est une question de méthode de séchage (on vous en parle plus bas) ; 
  • Le poivre rouge : à ne pas confondre avec les baies roses (qui viennent de la plante Schinus molle, originaire d’Amérique Latine). C’est le fruit cueilli à pleine maturité. On dit d’ailleurs qu’il s’agirait du meilleur poivre car le fruit a eu le temps de développer tous ses arômes. 
grade poivre

Ici vous pouvez retrouver différents grades de poivres.

Qu’est-ce qui conditionne les spécificités des différents poivres ?

Le climat, le sol  

Pour mieux comprendre les différences entre un poivre de Kampot et un poivre de Madagascar, il faut saisir la notion de terroir. Deux facteurs importants de ce dernier sont le climat et le sol. Reprenons notre exemple : le poivre de Kampot vient du Cambodge, &des régions de Kampot et de Kep. Le second poivre vient d’une île. Si les deux pays d’origine ont des climats tropicaux, les microclimats diffèrent, la terre n’est pas nécessairement la même, et la pluviométrie non plus.  

La période de récolte et  de séchage 

La saison des pluies a une forte incidence sur la préparation du poivre. En effet, si le séchage se fait durant les pluies, le poivre se gorge d’humidité, ce qui peut altérer son profil microbiologique et organoleptique. À Madagascar, la récolte se fait à partir d’octobre et le séchage se termine fin novembre tandis que la saison des pluies débute vers décembre. Un timing serré, mais il est important de comprendre que le poivre doit être bien séché avant les pluies. 

C’est d’ailleurs le type de séchage qui donne une “couleur de poivre” différente : 

  • Le poivre vert est cueilli encore jeune, et son séchage est artificiellement accéléré par déshydratation ou lyophilisation ; 
  • Le poivre noir est le résultat d’un séchage naturel (au soleil) de la baie cueillie jaune/orangée ; une légère fermentation est stoppée par le séchageLe poivre blanc est en réalité la baie débarrassée de sa chair (on appelle aussi cette dernière péricarpe). Pour faire cela, les baies doivent être trempées 24 à 48h dans de l’eau ; 
  • Le poivre rouge est lui aussi séché naturellement au soleil, mais cette fois-ci le fruit est récolté à sa pleine maturité. Il conserve une teinte rougeâtre après séchage.

D’une région de production à une autre, les méthodes et conditions de séchage varient donc, contribuant à la diversité des saveurs.

L'égrappage du poivre est une activité physique intense (photo Samuel Avril)

Sur une grappe de poivre, on trouve souvent des baies à des maturités différentes. Une phase cruciale de tri est effectuée juste après récolte pour séparer à la fois les maturités différentes, mais aussi les calibres/densités.

Les saveurs des poivres

Avant de faire un tour rapide des saveurs de nos différents poivres, sachez que tous les poivres n’ont pas un aspect piquant et brûlant fort. En général, les poivres verts et rouges brûlent très légèrement, voire pas du tout. C’est le poivre noir qui est le plus fort, et cela est dû notamment au séchage naturel en plein soleil.Quant au poivre blanc, il est beaucoup plus subtil, moins piquant, presque doux. 

Le poivre vert d’Inde 

Notre poivre vert nous vient du Kérala, dans le sud-est de l’Inde. Ce partenariat date de 2002, et a été labellisé Biopartenaire (commerce équitable) en 2005. Le poivre vert des Jardins de Nellyiampathy (lien vers page filière https://www.arcadie.fr/the-cafe-des-jardins-de-nelliyampathy-inde/ ) , est cultivé selon les principes de la biodynamie. Récolté encore jeune sur la liane, c’est un poivre aux saveurs boisées, résineuses et rondes. Sa puissance aromatique monte lentement en bouche, et il est très peu piquant. Idéal donc pour découvrir le poivre si vous n’aimez pas trop les sensations fortes. 

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Le poivre de Kampot

Le poivre de Kampot est commercialisé en poivre rouge ou noir. Le premier a une odeur de piment métallique, et laisse une sensation de grillé en bouche. Le piquant monte en bouche mais redescend rapidement. Le poivre noir de Kampot, au contraire, laisse le piquant se développer et rester. On sent également des notes mentholées et florales. 

POivre noir de Kampot IGP bio Cook
poivre rouge de Kampot IGP bio Cook

Le poivre blanc du Sri Lanka

Le fait de tremper le poivre pendant un à deux jours dans l’eau entraîne une perte de pipérine. Il est donc peu piquant. En fait, la sensation de piquant vient par vague légère, laissant toute la place pour apprécier la rondeur et les notes zestées.

Le poivre noir de Madagascar

La terre rouge de Madagascar donne un aspect souffré à ce poivre noir d’exception. Très puissant, chaud en bouche et crissant, il a aussi des notes métalliques, boisées et légèrement mentholées. 

Notre poivre de Madagascar nous vient d’un partenariat datant de 2012 . Depuis 2017, c’est une filière labellisée commerce équitable (Biopartenaire)   (Lien vers la filière  ​​https://www.arcadie.fr/poivre-et-vanille-madagascar/ )

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Le poivrier noir, liane poussant dans les climats tropicaux, nous offre des grades de poivres différents que chacun peut apprécier en fonction de ses goûts. Les terroirs, subtiles combinaisons du climat, des sols et des savoir-faire, nous offrent des poivres tous différents, chacun adapté à des usages particuliers. Tous s’apprécient mieux entiers, à moudre au dernier moment pour une saveur plus intense.. Si toutefois vous préférez la poudre, ajoutez-la au dernier moment afin d’éviter de perdre des saveurs. 

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d’être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d’une entreprise engagée.

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sumac des corroyeurs
Le sumac, une épice méconnue aux saveurs surprenantes

Le sumac, une épice méconnue aux saveurs surprenantes

D'où vient le sumac ?

Le sumac des corroyeurs vient de l’arbuste Rhus coriaria originaire des pourtours de la Méditerranée. C’est la baie de l’arbuste qui est utilisée comme épice. Elle est séchée et réduite en poudre. Le mot “Sumac” est dérivé de l’Araméen, et signifie “rouge”. Effectivement, cette baie est d’un rouge très profond.

Le sumac est historiquement utilisé au Moyen-Orient ; notamment au LIban, en Syrie, en Turquie et en Iran. Il fait partie des ingrédients entrant dans la composition du mélange za’atar. Dans l’Antiquité les Romains l’utilisaient comme agent acidifiant et colorant dans leur cuisine mais aussi en médecine. Les feuilles sont utilisées pour tanner le cuir (d’où son nom “des corroyeurs” qui désigne les personnes chargées du tannage).

sumac des corroyeurs
Le sumac des corroyeurs doit son nom à sa couleur, signifiant "rouge" en Araméen, mais aussi au fait qu'on tannait le cuir avec ses feuilles (les personnes en charge du tannage étaient appelées corroyeurs)

Les saveurs du sumac

Le sumac a un goût fruité et acidulé, avec des notes astringentes. Très concentré en sodium, c’est aussi une épice aux saveurs salées. Elle rappelle le vinaigre balsamique ou le citron, dont elle est un très bon substitut.

On peut également retrouver de légères notes boisées et florales.

Dans quels plats utiliser le sumac ?

En Iran, et de manière générale au Moyen-Orient, le sumac est utilisé comme un assaisonnement du quotidien au même titre que le sel et le poivre dans nos cuisines occidentales. On le propose donc à tous les convives, à saupoudrer au dernier moment.

Le sumac s’utilise donc sur des plats d’inspiration orientale, mais vous pouvez aussi le mettre dans vos vinaigrettes ou en remplacement du sel et du citron.

De manière générale, le sumac est une épice qui se marie bien à la cuisine salée : saupoudré sur des légumes-racines ou sur des condiments (comme le houmous), avec des tomates farcies, en grillades sur de la viande, ou dans les yaourts et fromages.

Le sumac s’ajoute en fin de cuisson, saupoudrez simplement votre plat afin de lui permettre de développer toutes ses saveurs.

Mast-o-Laboo, betterave au yaourt
Mast-o-Laboo, betterave au yaourt ©Photos Delphine Pocard

Avec quelles autres épices utiliser le sumac ?

Le sumac étant une épice très acide, il peut être intéressant de l’associer avec d’autres plantes qui viendront contrebalancer les arômes forts, parfois tranchants de cette épice :

  • La coriandre ajoute des notes florales et fraîches rappelant l’eucalyptus. Pour accentuer encore plus ces saveurs, vous pouvez aussi utiliser de la cardamome.
  • La noix de muscade vient ajouter des saveurs rondes, qui réchauffent.
  • La cannelle apporte de la douceur, de la rondeur et accentue les notes boisées du sumac.
  • L'anis ajoute des nuances de vanille, de cacao et de cerise. Vous pouvez, ici, remplacer l’anis par la vanille.
  • Le piment de la Jamaïque apporte un côté poivré et réchauffant.
Cuisses de poulet au sumac
Cuisses de poulet au sumac ©Photos Delphine Pocard

Retrouvez notre sumac bio d'Iran sur notre boutique en ligne ou en magasins bio.

sumac bio Cook
Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

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Crackers à l'orite piquante bio Cook
Mar 25, 2022 guilhemg 0 comments
5 plantes (injustement) méconnues à cuisiner

5 plantes (injustement) méconnues à cuisiner

Cuisiner sans se lasser demande toujours une dose de créativité. Les épices et les herbes nous aident dans cette recherche d'innovation. En plus de faire ressortir le goût des aliments, elles viennent titiller à chaque recette notre curiosité : un plat, selon la nature et les doses des épices ajoutées, est toujours une surprise pour notre palais. Il y a les incontournables, celles que nous connaissons bien : le poivre noir, le curry, la cannelle, etc... Et puis il y a celles qui viennent bousculer notre quotidien, que nous ne connaissons pas, ou peu... Nous vous proposons de découvrir 5 plantes injustement méconnues pour la cuisine : l'ortie piquante, le rhizome de galanga, la racine de raifort, les graines de fenugrec et les graines de nigelle.

L'Ortie piquante

L'ortie piquante est une plante herbacée vivace appartenant à la famille botanique des Urticacées. On la qualifie de mauvaise herbe car elle peut être envahissante dans les jardins et lieux de passage, mais aussi à cause de ses poils urticants dont le piquant disparaît avec le séchage et la cuisson. C'est pourtant une plante précieuse, très riche en nutriments, mais aussi  qui gagne à être connue en cuisine. L'ortie a une saveur végétale, un peu terreuse. Elle présente des notes de noisette, de champignon, rappelle un peu le goût de l'épinard et celui du haricot. Le printemps est la meilleure saison pour la cueillir. 

 

La poudre fine d'ortie piquante Cook permet de profiter toute l'année de la plante de manière pratique. On la glisse dans les soupes et les salades, dans les omelettes, les quiches... Elle s'accorde parfaitement bien avec les fromages de chèvre et de brebis. Elle donnera du goût à vos biscuits apéritifs maison et à vos cakes salés. Elle apportera une belle note végétale à vos sauces, vos mayonnaises pour l'accompagnement d'un poisson, d'une viande, de fruits de mer. On peut réaliser un pesto mêlant le basilic à l'ortie, ou une persillade à base de persil frais, d'ortie, d'ail et d'huile d'olive. L'ortie sera un bonus dans vos smoothies, dans vos purées de pommes de terre, dans un risotto, un plat de pâtes...

Crackers à l'orite piquante bio Cook

Découvrez ici l’ortie dans une recette de crackers

Elle est aussi à découvrir dans les desserts à base de cacao. Osez en ajouter dans un brownie, des biscuits ou dans une mousse au chocolat.

L'ortie piquante s'associe avec les herbes aromatiques comme le basilic, le persil, la ciboulette, la coriandre, la menthe... On peut également l'allier aux poivres, aux piments, à la noix de muscade, au gingembre, et à bien d'autres épices encore.

Le galanga

Le galanga est une plante herbacée vivace originaire du sud-est asiatique et du sud de la Chine, de la famille botanique des Zingiberacées. Très proche du gingembre par sa forme et son goût, il se présente également sous la forme d'un rhizome charnu très aromatique. Sa saveur d'abord douce, presque sucrée en bouche, se révèle au final brûlante, citronnée, un peu âpre et légèrement poivrée. 

En cuisine, on l'utilise frais, par exemple râpé, ou sec une fois réduit en poudre. Il rehaussera le goût des aliments. Supportant assez bien la chaleur, il peut être ajouté en début de cuisson et infuser dans vos plats. Il se mariera avec de nombreux légumes, notamment les légumes racines d'hiver : carotte, panais, patate douce et toutes les courges. 

Pour parfumer la viande rouge, la volaille mais aussi les fruits de mer, aromatiser une sauce au citron pour le poisson, pour compléter l'assaisonnement d'un curry, d'un tajine, d'un couscous... Dans la cuisine asiatique, les bouillons, les soupes et les plats à base de lait de coco sont souvent parfumés au galanga, infusant tout au long de la cuisson. En pâtisserie, il aura également toute sa place. Plus doux que le gingembre, il saura se glisser facilement dans de nombreux mets gourmands : au sein d'une crème anglaise pour accompagner une île flottante, d'un gâteau au chocolat, dans des sablés, dans une compotée de fruits... 

Associations avec d'autres épices : le galanga s'harmonisera parfaitement avec la cardamome, la cannelle, le clou de girofle, le gingembre. 

Arcadie galanga rhizome poudre bio
Arcadie galanga rhizome poudre bio

Galanga en poudre

Le raifort

Le raifort, littéralement « racine forte », est une plante herbacée de la famille botanique des Brassicacées, originaire du bassin méditerranéen ou de l'Europe orientale. La racine est utilisée comme condiment, en la râpant, ou sous forme sèche une fois réduite en poudre. Très prisée dans les pays nordiques, en Europe de l'Est et en Amérique du Nord, le raifort mérite d'être davantage connu en France. En Allemagne on l'utilise de la même manière que la moutarde : pour relever les sauces, les viandes, etc...    

 

Son goût rappelle en effet celui de la graine de moutarde : piquant et poivré. Mais son piquant disparaît après chaque bouchée, contrairement au piment. Il suffit de boire de l'eau pour neutraliser la chaleur du raifort. 

Nous proposons le raifort en poudre séchée. La saveur est donc un peu différente de celle du raifort frais, mais ce dernier est encore vraiment difficile à trouver dans le commerce (la solution ? en semer au potager… de bonnes graines par ici). La chaleur réduit fortement sa saveur : saupoudrez-le en fin de cuisson. L'acidité permet de la stabiliser. Vous pouvez ainsi réaliser une pâte de raifort avec un mélange constitué de la poudre, de vinaigre ou de jus de citron et éventuellement de sel et d'huile : elle se conservera au frais pendant 2 mois dans un petit bocal hermétique. Le raifort contenant des huiles très volatiles, il est important de fermer hermétiquement votre pot après chaque utilisation et de le conserver à l’abri de la chaleur. Vous pourrez l'utiliser avec des grillades, pour rehausser une sauce au fromage frais ou une mayonnaise, accompagner vos sushis à la place du wasabi, etc... 

Le raifort s'ajoute à de nombreux plats : une choucroute, une salade de pommes de terre, au sein d'une vinaigrette pour des crudités diverses, des œufs (brouillés, durs, en omelette...), une purée, un saumon cuit ou fumé, un bœuf bouilli, des fruits de mer... 

Le raifort s'accorde à la moutarde dont il est proche au goût, mais aussi au paprika, au poivre, ou encore au piment.

Pommes de terre rôties hasselback
Pommes de terre rôties hasselback ©Photos Delphine Pocard

Découvrez ici le raifort dans une recette de pommes de terre rôties à la suédoise.

Le fenugrec

Le fenugrec est une plante herbacée aromatique de la famille botanique des Fabacées. Elle possède une odeur caractéristique rappelant le champignon, un goût puissant de sucre brûlé ou de céréale doublé d'une amertume, légèrement piquant et astringent, avec des notes de céleri. Il entre dans la composition des currys On peut le griller à sec, sous sa forme de graines entières ou une fois réduit en poudre si on souhaite atténuer son amertume tout en développant ses arômes, et notamment une saveur délicieuse de noisette. 

Attention, la graine de fenugrec est très dure et se consomme uniquement après avoir été préparée. La cuisson ou le trempage dans l’eau froide un certain temps permet de rendre la graine plus tendre et donc comestible. 

En cuisine, on utilise la graine de fenugrec pour les ragoûts et autres plats mijotés, mais aussi par exemple pour les pickles de légumes (en saumure). Si on aime sa saveur une fois torréfié ou nature, on peut l'ajouter simplement dans un yaourt ou un fromage blanc. En Inde, on l'ajoute au café ou au thé pour apporter un supplément d'arôme. On l'appréciera beaucoup dans les fromages : on le retrouve dans la composition de goudas, de tommes de brebis ou de vache, de bleus... Testez des crackers maison au fenugrec et au fromage. On peut l'incorporer aussi dans une poêlée de légumes, il se plaira dans toutes sortes de gratins, les plats à base de riz, mais aussi dans les pains : pourquoi ne pas l'ajouter dans la composition de vos naans indiens ? Au Maroc, la soupe à la semoule d’orge, au lait et au fenugrec est très appréciée. Certains oseront l'employer dans les desserts : dans une mousse au chocolat, ou comme en Palestine, au sein d'un gâteau à base de semoule fine imbibé d'un sirop à l'eau de rose et à l'eau de fleur d'oranger, gâteau se nommant Helbeh. 

Le fenugrec s'associe bien avec le cumin, le poivre noir, le gingembre, le safran, les graines de coriandre, de moutarde, de nigelle et de fenouil.  

poulet au fenugrec bio
poulet au fenugrec bio ©Photos Delphine Pocard

Découvrez ici le fenugrec dans une recette de poulet avec une sauce au yaourt et au fenugrec.

La nigelle

On surnomme la graine de nigelle le « cumin noir », en raison de sa couleur foncée et de son goût. Elle est issue d'une plante aromatique de la famille botanique des Renonculacées. Elle est employée depuis l'Antiquité comme substitut du poivre. Sa saveur est poivrée, légèrement piquante et amère, citronnée.

On l'incorpore sous forme de graines entières en général, ou concassées si l'on préfère, dans les naans indiens, dans le riz, le poisson, les légumes variés, les chutneys, les couscous, les tajines. On peut saupoudrer les graines sur la volaille, les fruits de mer tels les crevettes, les noix de Saint Jacques, les intégrer dans des préparations au fromage comme des biscuits au parmesan pour l'apéritif... Vous l'avez compris, les graines de nigelle peuvent se glisser à peu près partout en cuisine et viendront apporter du pep's à beaucoup de vos plats. Vous pouvez les faire torréfier à la poêle afin qu'elles libèrent toute leur saveur avant de les cuisiner. Vous pouvez également les utiliser sous forme d'huile, à fabriquer maison : pour cela il vous faut un volume d'huile (d'olive, de tournesol... ) pour un volume de graines de nigelle. Il suffit de broyer les graines à l'aide d'un mortier et d'un pilon, ou d'un bon blender, puis de les laisser macérer au sein d'une bouteille en verre fermée, pendant au moins deux semaines en remuant de temps en temps. Filtrez avec un tamis afin d'éliminer toutes les particules de graines de nigelle. Conservez votre huile dans un lieu à l'abri de la lumière et de la chaleur. Ajoutez-la dans votre assaisonnement pour rôtir votre poulet, dans vos vinaigrettes pour les meilleures salades, sur vos fruits de mer, votre poisson, etc...  

huile de nigelle
huile de nigelle

Vous pouvez faire votre propre huile de nigelle en utilisant les huiles végétales que vous avez déjà chez vous. Utilisez-la en vinaigrettes ou comme assaisonnement.

La graine de nigelle peut être appréciée aussi dans les mets sucrés. Elle s'allie très bien au citron et autres agrumes. Elle se glissera dans les brioches ou même dans les gâteaux au yaourt, dans des sablés ou dans une salade de fruits. Dans la pâtisserie orientale, on l'intègre dans les gâteaux à base de dattes et aux multiples épices, aromatisés à l'eau de rose et à l'eau de fleur d'oranger... On peut réaliser une pâte gourmande à base de graines de nigelle torréfiées puis broyées et de miel, à tartiner sur du pain ou des biscottes au petit déjeuner ou à ajouter dans du thé ou du lait chaud. 

Les graines de nigelle se plairont au côté du curcuma, de la cardamome, de l'anis vert, du fenugrec, de la cannelle, du clou de girofle...  

Conclusion

5 plantes à tester sans tarder dans votre cuisine ! Bousculez vos habitudes, lancez-vous sans à priori : faites découvrir de nouvelles saveurs à votre palais. Une petite dose de graines de nigelle dans votre riz, de graines de fénugrec dans votre yaourt, une dose d'ortie dans votre mousse au chocolat... C'est assez simple de goûter de nouvelles saveurs en les incorporant simplement dans vos plats quotidiens et au sein de certaines de vos recettes favorites !  

portrait Delphine Pocard

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Créatrice, styliste et photographe culinaire, je m’intéresse tout particulièrement à cette cuisine gourmande et saine que j’ai toujours connue, réalisée à partir d’ingrédients de qualité, riche en couleurs, en saveurs, en textures… Je suis une partenaire culinaire pour Arcadie depuis quelques années.

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Les déchets à Arcadie

Les déchets à Arcadie

Les déchets, un enjeu de taille pour une entreprise de l’agroalimentaire

Toute entreprise produit des déchets. Ce sont généralement des emballages que vous, consommateurs, ne voyez pas, mais qui répondent à certains enjeux. Ces derniers sont au nombre de quatre :

  • L’hygiène : afin de préserver la salubrité des produits ;
  • La sécurité : pour protéger les collaborateurs ;
  • La qualité : les emballages protègent les matières premières des agressions extérieures et des risques d’altération ;
  • La logistique : faciliter les manipulations, la manutention, la rapidité des opérations logistiques, etc.

Dans tous les cas, le raisonnement que nous mettons en place est en premier lieu la suppression du déchet, chaque fois que cela est possible. Cela demande une veille constante afin de découvrir de nouveaux concepts qui peuvent parfois bouleverser notre manière de travailler. Le cap à suivre est de supprimer tout déchet généré par notre activité.

Lorsque cela n’est pas possible, on essaye d’en diminuer l’impact : on cherche à réduire la quantité de déchet (par exemple, nous avons pu diminuer l’épaisseur de notre film palette pour une fonctionnalité identique) ou bien on opte pour des matériaux recyclés, ou plus facilement recyclables)

La démarche globale d’Arcadie et les avancées réalisées

Nous nous challengeons quotidiennement pour diminuer le plastique : le supprimer, en réduire la quantité, le substituer par des matériaux dont les filières de recyclage sont plus accessibles et vertueuses. Nous avons par exemple changé nos supports d’étiquettes en PET (non recyclable sous ce format) pour de la glassine, un papier de texture très fine traité à la glycérine, recyclable : 2T de glassine ont été valorisées pour recyclage sur 2021. 2 tonnes qui ne seront pas destinées à l’enfouissement (déchets ultimes : DIB) et qui bénéficieront d’une revalorisation.

Quand ce genre de solution pas (encore) envisageable, nous faisons le choix de nous orienter vers du plastique recyclé : 100% de nos flacons PET (une sorte de plastique) sont du PET recyclé.

Aujourd’hui, beaucoup de nos déchets sont mieux valorisés grâce à un effort logistique : la mise en place de bennes basculantes a permis notamment d’améliorer les conditions de manutention des contenants de matières à trier, et donc de favoriser un tri optimum à plusieurs niveaux de l’entreprise. Nous collectons ainsi par exemple beaucoup mieux nos biodéchets (= déchets organiques : poussières d’épices, de plantes, lots abimés…) que ce soit dans les ateliers de production ou dans les espaces communs (cuisine : restes alimentaires). Déchet qui deviendra compost et sera destiné à nourrir les terres locales particulièrement pauvres et en demande de matières organiques.

Nos flacons sont en PET 100% recyclés.
Nos flacons sont en PET 100% recyclés. Photo Max Beaufey

La sensibilisation au coeur de notre démarche de gestion des déchets

Chaque Arcadien est sensibilisé à la gestion des déchets. En octobre 2020, Géraldine, responsable RSE, est passée voir chaque bureau et atelier afin de leur expliquer le nouveau tri des déchets mis en place. Plus qu'une sensibilisation, c’est une véritable exigence que chaque collaborateur inclut ces nouvelles habitudes dans ses procédures de travail.
Géraldine a également demandé à chacun de se responsabiliser et de challenger toute la chaîne de valeur (fournisseurs, prestataires, clients,...). C’est ainsi que le service “Informatique” a fait remonter à l’un de ses fournisseurs de matériel que les cartons de livraison étaient souvent beaucoup trop grands eu égard aux produits qu’ils contenaient. Résultat : le fournisseur a fait des efforts pour réduire la taille de ses colis. Un petit pas, mais c’est aussi comme cela qu’on avance.

Conclusion : limites extérieures et avancée réglementaire

Les déchets produits par une entreprise de notre taille (120 collaborateurs salariés) constituent un volume important. A Arcadie, ces déchets font l’objet d’une réelle réflexion afin de les éliminer, les substituer ou les réduire. Cependant, ils répondent souvent à des enjeux liés à notre activité et chaque réflexion amène vers une complexité plus grande. Les objectifs ambitieux qui sont désormais fixés par loi AGEC (loi antigaspillage pour une économie circulaire) vont obliger les industriels à travailler notamment sur les déchets plastiques d’ici 2025.

Ces mesures sont importantes et vont permettre, nous l’espérons, de pousser toute la chaîne de valeur (fournisseurs, prestataires, clients) à faire des propositions innovantes en termes de performance environnementale. Car aujourd’hui, nous nous heurtons encore à des fournisseurs ou prestataires qui n’ont pas encore réfléchi à des manières différentes de faire les choses, et donc ne peuvent pas nous proposer de changement de concepts

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

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cueillette du cynorrhodon
La cueillette du cynorrhodon : rencontre avec Medhi

Medhi Bozendorf est cueilleur de cynorrhodon à la SICARAPPAM, la coopérative de cueilleurs (et cultivateurs) du Massif Central avec laquelle nous travaillons pour bon nombre de PAM (plantes aromatiques et médicinales) depuis 1998. Cette filière est labellisée Biopartenaire, c’est-à-dire que – entre autres – nous sommes engagés sur une durée de 3 ans renouvelables avec des volumes et des prix fixés ensemble, en amont.

Portrait d’un cueilleur – et pas n’importe lequel ! – qui nous relate la cueillette de ce petit fruit rouge si précieux.

La cueillette du cynorrhodon : rencontre avec Medhi

Medhi Bozendorf, ou « Monsieur Cynorrhodon »

Medhi est Monsieur Cynorrhodon à la SICARAPPAM. Il s’est spécialisé dans cette cueillette et il est devenu le plus gros cueilleur de cynorrhodons de la SICARAPPAM, avec 400 kg de petits fruits frais cueillis chaque année, soit 200 kg une fois séchés.

Voilà 10 ans que Medhi exerce ce travail. Il a découvert la SICARAPPAM grâce à des collègues cueilleurs, et il a commencé avec l’aubépine, le frêne et le hêtre. Aujourd’hui, Medhi est aussi salarié sur une exploitation viticole, et il ne lui reste plus qu’un peu de temps en fin d’automne, pour récolter des plantes sauvages : cette période coïncide avec la cueillette du cynorrhodon.

« Je ne fais plus que ça, après les vendanges, et avant la reprise de l’activité de taille de la vigne. Ça permet d’arrondir mes fins de mois ! ».

Le cynorhodon, (faux) fruit de l’églantier

Cynorrhodon (ou cynorhodon avec un seul “r“, c’est ok aussi) est le drôle de nom du fruit d’un petit rosier sauvage, l’églantier, encore assez répandu dans nos campagnes. Cette baie rouge est aussi appelée “poils à gratter“ ou “gratte-cul“ à cause des poils irritants qu’elle contient.

le cynorrhodon, fruit de l'aglantier
Rosa canina, l’églantier sauvage et ses petits cynorrhodons Crédits Photo ©Max Beaufey

Le terme cynorrhodon désigne plus généralement les fruits de tous les rosiers (genre Rosa de la famille des Rosacées), mais dans notre cas on parle bien de l’églantier, le rosier sauvage.

Pourquoi parle-t-on de « faux » fruit ?

Botaniquement parlant, le fruit est issu du développement de l’organe sexué femelle de la plante (les carpelles) ; pour l’églantier, les “vrais-fruits“ sont les poils urticants (et la petite graine au bout) ; ici il y a un autre organe de la plante qui s’est développé suite à la fécondation : la base de la fleur (qu’on appelle réceptacle). C’est elle qui donne toute la partie charnue, rouge, comestible, de la baie. L’ensemble est appelé « faux-fruit ».

Une vraie gourmandise !

Le cynorrhodon est réputé riche en vitamines C et B.

Il se consomme en hiver, après les 1res gelées (c’est à ce stade qu’il devient pulpeux). Notre cueilleur Medhi s’en régale pendant toute sa cueillette : consommé immédiatement, au pied de l’arbre, c’est toujours meilleur ! On peut également en faire des confitures.

« C’est vraiment une gourmandise » relate Medhi, qui a trouvé sa technique : il presse le fruit entre 3 doigts et parvient à en extraire la pulpe délicieuse, sans les pépins.

« C’est comme un bonbon Arlequin acidulé ».

Chaque année au mois de novembre, Medhi profite de la cueillette pour se faire une cure vitaminée bienvenue !

Une récolte hivernale et piquante

Comme beaucoup de cueilleurs de la SICARAPPAM, Medhi cueille ses plantes autour de chez lui, dans le Massif-Central. Le cynorrhodon lui prend 30 à 40 jours, en novembre-décembre. Medhi attend que les fruits soient bien rouges, et c’est parti !

le cynorrhodon peut être récolté
Des fruits bien rouges ? L’heure de la cueillette a sonné pour Medhi ! Crédits Photo ©Max Beaufey

Son équipement ? Un sac à dos derrière, un petit panier de récolte devant, suspendu grâce à un harnais de débroussailleuse. Et une paire de lunettes :l’églantier est épineux, et la sécurité des yeux est primordiale pendant la cueillette.

Medhi cueille le cynorrhodon à la main
L’équipement du cueilleur de cynorrhodon : un panier à l’avant… Crédits Photo ©Max Beaufey
Medhi cueille le cynorrhodon avec peu de matériel
... un sac à dos à l’arrière... Crédits Photo ©Max Beaufey
Medhi cueille le cynorrhodon avec peu de matériel
... et la paire de lunettes indispensable pour protéger les yeux ! Crédits Photo ©Max Beaufey

En revanche, Medhi ne porte pas de gants ; ceux-ci lui éviteraient les 20 à 30 min passées chaque soir à se retirer les épines des mains, mais « avec des gants, on n’a pas le toucher nécessaire», explique-t-il.

« Je cueille une dizaine de cynorrhodons que je cale dans le creux de chaque main, avant de les vider dans le panier, ça m’évite des allers-retours incessants entre l’arbuste et le panier ; avec des gants, ce serait impossible ».

Medhi cueille le cynorrhodon à la main
La cueillette de cynorrhodons nécessite un doigté fin ; avec des gants, c’est trop compliqué. Crédits Photo ©Max Beaufey

Medhi cueille entre 25 et 30 kg de baies fraîches chaque jour. Son panier en contient 3 à 3,5 kg une fois plein, puis est vidé dans le sac à dos. Et quand le sac à dos est plein à son tour (2 paniers suffisent !), il est temps de retourner à la voiture pour remplir un sac plus gros encore.

medhi met le cynorrhodon dans un sac pour l'apporter chez lui
Retour à la voiture pour vider le petit panier de récolte dans un plus gros sac. Crédits Photo ©Max Beaufey

Chaque soir la récolte est étalée dans son séchoir (voir plus bas). Et rebelote le lendemain !

Bien choisir ses sites, bien choisir ses fruits…

Pour trouver des sites préservés, « on a un œil qui cherche » dit Medhi ; tous les cueilleurs développent cette capacité à toujours être à l'affût, même inconsciemment, et repérer les zones les plus propices pour leurs futures cueillettes.

Les cueilleurs ont toujours “un oeil qui cherche !
Les cueilleurs ont toujours “un oeil qui cherche ! Crédits Photo ©Max Beaufey

Ensuite, comme pour toutes les récoltes sauvages, les organismes certificateurs de l’agriculture biologique demandent avant cueillette la position GPS de tous les sites identifiés ; ceux-ci ne peuvent être au bord d’une voie ferrée, d’une autoroute. Chaque année, quelques sites sont contrôlés au hasard ; en plus des informations disponibles sur les cartes topographiques, le contrôleur vient vérifier sur le terrain qu’il n’y a pas sur site ou à proximité une source de pollution potentielle.

Le choix des fruits ? « Il y a plusieurs variétés, explique Medhi.

Je trouve des fruits parfois très allongés, d’autres fois des gros, ou des très petits. Je choisis ceux qui paraissent bien fournis, visuellement. Plus les fruits sont gros, plus je peux remplir vite mon panier ! Mais le plus important, c’est la couleur : je ne commence la cueillette que lorsque les fruits sont bien rouges ».

Dans le panier du cueilleur : une sélection des fruits les plus charnus rencontrés
Dans le panier du cueilleur : une sélection des fruits les plus charnus rencontrés Crédits Photo ©Max Beaufey

Après la récolte, séchage chez le cueilleur…

Le séchage fait partie intégrante du travail du cueilleur, et chaque cueilleur a son propre séchoir. Medhi a construit le sien sur un ancien châssis de caravane, et en est plutôt satisfait. A tel point qu’on lui envoie parfois de futurs postulants-cueilleurs qui veulent s’équiper, pour qu’ils voient son installation.

Chaque soir, Medhi étale sa récolte du jour dans des cagettes, mises au séchoir, mais la ventilation proprement dite ne sera déclenchée qu’au bout du 10e jour, pour économiser quelques jours où le séchage “naturel“, sans ventilation électrique ni réchauffeur suffit.

Au 10e jour, en plus de  la ventilation de l’air, un système de chauffage monte la température à 28°C ; c’est un maximum : au-delà, les baies risquent de noircir.

Le choix des fruits ? « Il y a plusieurs variétés, explique Medhi.

Je trouve des fruits parfois très allongés, d’autres fois des gros, ou des très petits. Je choisis ceux qui paraissent bien fournis, visuellement. Plus les fruits sont gros, plus je peux remplir vite mon panier ! Mais le plus important, c’est la couleur : je ne commence la cueillette que lorsque les fruits sont bien rouges ».

De retour chez lui, Medhi étale les fruits dans des cagettes”
De retour chez lui, Medhi étale les fruits dans des cagettes Crédits Photo ©Max Beaufey
Puis il les met au séchoir : un caisson ventilé
Puis il les met au séchoir : un caisson ventilé Crédits Photo ©Max Beaufey

Le séchoir va ensuite tourner en continu pendant environ 40 jours, jusqu’à ce que la dernière récolte de cynorhodon soit bien sèche, soit environ 20 jours après.

Je sais que les fruits sont bien secs quand ils sont bien durs, et cassent si je les presse entre mes doigts.

Les fruits secs seront livrés à la SICARAPPAM.

Les fruits après séchage
Les fruits après séchage Crédits Photo ©Max Beaufey

Chaque cueilleur s’engage sur une certaine quantité. Cette année 2021, les cynorhodons se sont faits plus rares ; était-ce le résultat des gelées tardives de printemps ? Medhi s’était engagé sur 200 kg en sec, et il a tout de même pu en livrer 188 kg à l’automne 2021, mais c'était un défi. Début décembre, il devait reprendre la taille de la vigne, sa “saison“ de cueillette était déjà terminée, et son objectif atteint !

… enfin, mondage, calibrage puis mise en sac à la SICARAPPAM !

Les cynorrhodons secs livrés à la coopérative par les cueilleurs sont passés à la mondeuse pour enlever les petites feuilles, les petites brindilles ou autres débris et corps étranger.

Ils passent ensuite au “sasseur“ pour être calibrés, puis mis en sacs. Ils sont alors prêts à être distribués chez les différents utilisateurs, dont Arcadie.

ensemble convoyeur-mondeuse-sasseur
Les outils utilisés à la SICARAPPAM après séchage et livraison par les cueilleurs : un convoyeur (rouge et gris) fait monter la récolte, qui descend ensuite dans la mondeuse (vert foncé) puis passe dans le sasseur (vert clair). Crédit photo ©SICARAPPAM
mondeuse
La mondeuse, aussi appelée Effeuilleuse par soufflerie, ou encore Séparateur pneumatique, permet de séparer les éléments légers des éléments plus lourds grâce à un système de ventilation ; pour les cynorrhodons, cela permet de retirer les éventuelles feuilles (légères) mélangées aux fruits (plus lourds) Crédit photo ©SICARAPPAM
sasseur
Le sasseur, ou “trieur”, ou “crible” permet de calibrer la récolte, via des tamis successifs ; dans le cas du cynorrhodon, les trop petites baies, graines et baies cassées sont ainsi mises de côté, ainsi que d’autres indésirables éventuels Crédit photo ©SICARAPPAM

Et côté Arcadie / L’Herbier de France ?

Préparé en décoction, il apporte une touche acidulée très appréciable à votre tisane.

Vous pouvez aussi le réhydrater en le faisant tremper dans de l’eau pendant 48h pour le savourer tel quel.

Rien ne vaut le cynorrhodon frais, mais pour en profiter toute l’année, le séchage est précieux !

Arcadie a besoin de 400 kg de cynorrhodon (poids sec !) chaque année, et s’approvisionne exclusivement à la SICARAPPAM.

Sauf en 2021 qui a été un peu particulière (une année où les besoins en « vitalité » ont été sur-multipliés ?) : les besoins sont montés à 500 kg et Arcadie a dû trouver exceptionnellement un complément chez un autre fournisseur (français).

Le cynorrhodon se retrouve dans 2 produits L’Herbier de France. Il constitue 30% du mélange “Vitalité“ sous forme de morceaux, dans lequel il rejoint l’hibiscus, le cassis et le thym. Et il peut être consommé en “pur“ en fruits entiers.

Place du cynorrhodon à la SICARAPPAM

A la SICARAPPAM, une vingtaine de cueilleurs s’est engagée sur du cynorrhodon en 2021, destiné à l’herboristerie ou à la cosmétique. Ce cynorrhodon est proposé sous deux formes : en baie entière (c’est ce qu’achète Arcadie pour ses tisanes) et en baie éclatée : sans les graines et les poils contenus à l’intérieur.

Seul Medhi est “mono plante“, la plupart des autres cueilleurs réalisent leur chiffre d’affaires avec des plantes récoltées surtout au printemps-été voire début d’automne.

En 2019 et 2020, les besoins de la SICARAPPAM n’étaient pas suffisants pour que cela soit intéressant pour Medhi : il n’a pas cueilli. Entre le coût de la certification bio, le temps passé, et le coût de fonctionnement du séchoir, Medhi ne cueille que pour un minimum de volume…

En 2021, la demande a augmenté (la SICARAPPAM avait besoin d’environ 850 kg de baies sèches), et Medhi a repris sa cueillette, s’engageant pour 200kg.

Puisse cet article vous permettre de vous relier à Medhi, et à ses collègues, au moment de savourer cette précieuse petite baie rouge, au goût acidulé. Et de vous relier aussi aux grands espaces de nature parcourus par Medhi pour cueillir les baies.

« Je viens des Ardennes, un pays de nature, et je suis plutôt un solitaire. Passer des journées seul à cueillir, en pleine nature, est globalement un grand plaisir pour moi, d’autant plus que ça me procure un complément de revenu appréciable. En revanche, c’est beaucoup moins drôle quand il pleut, qu’il fait très froid… ou quand je ne trouve pas ce que je veux. Quand je rentre d’une journée sans avoir pu cueillir autant que je le voulais, c’est plus difficile ! »

Au-delà de sa richesse nutritionnelle, la précieuse petite baie rouge porte toute cette histoire, toute cette nature, l’histoire des cueilleurs, et la nature du Massif Central.

églantier à l'état sauvage
Des grands espaces de nature autour de Medhi, cueilleur de cynorrhodons Crédits Photo ©Max Beaufey

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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savoir doser les épices en cuisine
Fév 18, 2022 meganeforestier 0 comments
Comment doser les épices en cuisine ?

Curry, cannelle, piment, poivre, vanille... Nous avons à disposition une panoplie d'épices pour apporter à nos petits plats un supplément de saveur. Elles peuvent relever, sublimer une recette, comme la dénaturer en cas de surdosage. Cependant, à part avec le piment et quelques autres exceptions, vous n'aurez que rarement de mauvaises surprises. Alors, osez les épices !  

Voici quelques astuces pour apprendre à les doser dans votre cuisine. 

Comment doser vos épices en cuisine ?

Goûtez vos épices avant ajout

Faites connaissance avec vos épices en prenant d’abord le temps de les sentir, de cerner leurs parfums. N'hésitez pas aussi à les goûter du bout des doigts. Ecoutez ensuite votre instinct, mais aussi votre raison ! Dosez-les de manière progressive si vous n'êtes pas sûr : il vaut mieux assaisonner vos plats avec parcimonie au départ, puis goûter, et rajouter des épices si nécessaire. La mesure parfaite est très personnelle, même si vous pouvez avoir des suggestions sur les recettes que vous suivez. C'est surtout avec la pratique que vous deviendrez à l'aise.

Trop ou pas assez ?

Suivant la puissance aromatique des aliments composant un plat, la dose d’épice va plus ou moins rapidement influer sur la saveur. Pour une même recette, varier les doses est intéressant. Un sous-dosage n’est pas un problème. Il est toujours plus simple d’ajouter des épices que d’en retirer.

En cas de surdosage, le goût des aliments est saturé. Au lieu de révéler les saveurs, on vient les écraser. Le plat peut-être difficilement consommable à cause d’un excès de piquant. La sensation de brûlure - qui n'est pas une vraie brûlure, rassurez-vous - liée à la capsaïcine du piment peut être atténuée par du lait, du yaourt, et non de l’eau, car la capsaïcine est liposoluble (= soluble dans les graisses). Le raifort et la moutarde sont deux autres épices au goût piquant lié à d’autres substances (l’allyl isothiocyanate et la sinigrine). Ce piquant disparaît vite après chaque bouchée ou en buvant de l’eau. Dans une préparation, on atténuera la puissance avec un produit crémeux, en sucrant ou encore en ajoutant de l’eau.

Une autre astuce évidente pour rattraper un plat en cas d’excès d’épices : le rallonger en ajoutant des légumes, un féculent, une sauce tomate...

Des mélanges pratiques

Si vous êtes débutant, vous pouvez opter pour les mélanges. Le curry Madras, le mélange paëlla, le mélange ras-el-hanout, le mélange colombo, le mélange garam masala, les épices pour tandoori, le mélange pour pâtes ou pour riz, etc...Avec des épices douces et des épices plus fortes judicieusement assemblées pour un véritable équilibre des saveurs, ces mélanges comportent moins de risques de surdosage et vont transformer vos plats les plus simples : un plat de légumes, une volaille, un poisson, des féculents... Comptez de 2 cuillères à café jusqu’à 2 cuillères à soupe d’un de ces mélanges d’épices pour un plat destiné pour 4 personnes, à incorporer en début de cuisson. Goûtez pour ajuster vos proportions. Faites attention aux mélanges comportant des piments forts, comme le curry Madras fort dont une des épices est le piment de Cayenne, ou le mélange Tandoori pouvant comporter aussi un piment fort. Lisez la composition, goûtez, et allez-y déjà par pincées.

Catégorie Mélanges Epices Cook

Spécificités de certaines épices

Le safran est une épice rare qu'il convient de consommer toujours en petite quantité. Une pincée de pistils de safran suffit pour aromatiser votre plat, et apporter une jolie couleur dorée. Ce qui est important est de l'utiliser de la bonne façon : le safran doit infuser dans un liquide avant d'être incorporé dans la préparation. C'est pendant ce moment d'infusion, dans un bouillon, du thé, du vin, une crème, qu'il libérera tous ses arômes.

Stigmates safran bio Arcadie
Stigmates de safran bio

La vanille en gousse est une épice précieuse qui recèle beaucoup d'arômes. Une fois grattée, la gousse peut être infusée à plusieurs reprises pour être intégrée à vos préparations. Pour retrouver d'autres conseils sur l'utilisation de la vanille en cuisine, c'est par ici

Filiere Vanille Madagascar Arcadie
Gousses de vanille bio

Les piments : l'échelle de Scoville est une échelle de mesure servant à déterminer la force des piments, selon la contenance en capsaïcine, la substance qui donne la sensation de piquant. Elle porte le nom de son créateur, le pharmacologue Wilbur Scoville, et a été inventée en 1912. Concrètement, cette échelle va montrer le niveau de dissolution nécessaire à l'élimination de la sensation de brûlure.  Si un piment est mesuré à 2500 unités sur l'échelle de Scoville, cela signifie qu’il faut diluer 2500 fois avant que son piquant disparaisse. Ce classement en fonction de la force de chaque piment vous orientera sur la quantité à ajouter dans votre cuisine.

Le « piment langue d'oiseau » et le piment de Cayenne sont des piments à la saveur brûlante et piquante, en position 8 sur l'échelle de Scoville allant de 0 à 10. Autant dire qu'il convient d'avoir la main très légère avec ces piments si l'on n'y est pas habitué. Vous pouvez incorporer un piment langue d'oiseau entier, sans l'ouvrir, dans une préparation et le retirer quelques minutes après afin d’aromatiser le plat tout en apportant  un piquant léger. Une autre manière de le consommer est de faire macérer 6 à 8 piments d'oiseau, pendant une quinzaine de jours, dans 50 cl d'huile d'olive. Utilisez votre huile parfumée pour les débuts de cuisson : faire revenir des légumes, de la viande, ou pour agrémenter votre pizza chaude. Le piment de Cayenne, proposé en poudre chez Cook, est à utiliser par petites pincées, de manière très progressive en fonction de la tolérance et des goûts personnels.

Différents types de piments
Différents types de piments

Les poivres, piquants et aromatiques, seront plus forts mais aussi plus gouteux quand ajoutés en fin de cuisson, et moulus fraîchement, pour préserver et ainsi profiter aux mieux de leurs parfums. La quantité est à adopter selon les palais. Pour faciliter le service, moudre parfaitement et éviter le surdosage, utilisez notre moulin à épices.

différents types de poivres
Ici, du poivre noir, blanc et des baies roses.

La noix de muscade est une épice puissante, chaude, même si elle est juste très légèrement piquante. On l'utilise avec parcimonie, moulue fraîchement, en la frottant contre une petite râpe à épices ou à l'aide d'un moulin prévu à cet effet. Le plus souvent, l'équivalent d'une pincée de cette épice suffira pour aromatiser votre plat. Le macis est le tégument de la noix de muscade et il en porte le goût. Ou on dit même que son parfum est plus raffiné que celui de la noix. Concassez la fleur séchée de macis et ajoutez de petits morceaux dans vos préparations.

Le clou de girofle a un goût âcre et piquant. On aime ses notes boisées, poivrées et chaudes. 2 ou 3 clous dans un plat (ragoût, plat mijoté... ) pour 4 à 6 personnes suffisent pour donner du goût. Piquez-les dans un oignon, une pièce de viande et n'oubliez pas de les retirer avant le service.

girofle encore sur pied
girofle encore sur pied

Le gingembre aura son goût piquant et aromatique préservé si on prend soin de ne pas le chauffer ou très peu : suivant vos goûts, il sera ajouté en début ou fin de cuisson voire directement sur le plat, à l'assiette, en fonction des palais.

Les graines de fenugrec et de moutarde jaune sont également des épices potentiellement piquantes, qu'il convient de doser avec précaution.

graines de fenugrec
graines de fenugrec

La fève de Tonka est une épice que l'on va râper comme la noix de muscade, en fin de cuisson ou sur un plat prêt à servir. On peut également la faire infuser dans un liquide. Évaluez par vous-même la quantité à mettre sur vos plats en sachant que son goût est intense mais reste doux.

fèves de tonka
fèves de tonka

Le cumin est une épice qui a une certaine puissance, sans piquant, tout comme le curcuma, le paprika, les graines de fenouil... A forte dose, c'est leur amertume qui peut être gênante. La quantité sera à apprécier selon les goûts de chacun.

Pour apprendre à mieux doser les épices, inspirez-vous de nos nombreuses recettes et fiez-vous à votre instinct, car chaque conseil de dosage doit toujours s'adapter à vos goûts personnels, à vos habitudes culinaires et aussi à celles de vos convives ! 

portrait Delphine Pocard

Auteure de l'article : Delphine Pocard

Créatrice, styliste et photographe culinaire, je m’intéresse tout particulièrement à cette cuisine gourmande et saine que j’ai toujours connue, réalisée à partir d’ingrédients de qualité, riche en couleurs, en saveurs, en textures… Je suis une partenaire culinaire pour Arcadie depuis quelques années. 

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