Juil 22, 2021 matthieubrunet 0 comments
[On met les voiles]#2 : premières esquisses

On mets les voiles #2 : premières esquisses

Il y a quelques jours, Nils m’a envoyé les premières esquisses de notre bateau, réalisée par le bureau d’architecture navale Dykstra, spécialisés dans les voiliers, et entre autres auteurs du spectaculaire Maltese Falcon, le premier à mettre en œuvre des voiles de type “dynarig”.

Inutile de vous dire qu’à la vue de ces images, j’ai eu un petit moment d’émotion ! Jugez par vous-même !

Alors Nils me le répète, le bateau final sera certainement assez différent, car il ne s’agit là que de recherches pour définir plus précisément la taille, le coût, le type de propulsion, la vitesse… Mais bon, ça permet déjà de se projeter !

Pour vous permettre de comprendre un peu mieux, voici la première réaction d’un membre de l’équipe Zéphyr et Borée, Bernard Peignon : 

Avec ses lignes d'eau avant et sa largeur, il va débouler au "reaching" ! La solution "sheet support" pour le point d'écoute offre l'avantage d'offrir un bon plan d'appui pour les pontons ou les panneaux de cales pour une bonne étanchéité. Les slots frigo en pontée suffiront. Vraiment un bon début . Le tirant d'eau reste un sujet mais c'est un premier jet.

Vous avez rien compris ? rassurez-vous, moi non plus ! Grâce aux explications de Bernard et de Simon (ingénieur naval chez Z&B), j’ai pu faire ce petit lexique : 

  • débouler, c’est quand un bateau avance très vite ;
  • le reaching, c’est quand un bateau à le vent qui arrive de côté ou légèrement de l’avant ;
  • donc “débouler au reaching”, si j’ai bien compris, ce sont les moments où le contraste du vent de travers et de la grande vitesse donnent une impression particulièrement dynamique du navire, où il semble surgir, débouler à travers les vagues ;
  • Le “sheet support”, c’est la pièce en métal qui dépasse légèrement entre les deux voiles ;
  • Le point d’écoute est l’endroit où la voile s’accroche au “chariot d’écoute”, une sorte de rail qui permet de l’orienter ;
  • Les panneaux de cale sont des panneaux mobiles qui viennent fermer la cale une fois que les conteneurs sont chargés ;
  • Les slots sont les emplacements dans lesquels sont arrimés les conteneurs. Ils sont en pontées quand ils sont sur le pont et non dans la cale. Ils sont “frigo” quand ils ont un branchement électrique pour assurer la régulation de la température (pour le transport des produits frais) ;
  • Le tirant d’eau est la hauteur immergée du bateau, et donc la profondeur d’eau minimum dont il a besoin.

Plus aucun cargo à voile n’a été construit depuis 1926

Pourquoi ces recherches préliminaires ? Et bien pour la bonne et simple raison que plus aucun cargo à voile n’a été construit depuis 1926 (en raison de l’avènement des moteurs à vapeur, puis des moteurs diesel), à l’exception du Grain de Sail il y a quelques mois. Et comme les techniques et connaissances ont quand même pas mal évolué depuis un siècle, il faut répondre à plein de questions qui ne s’étaient jamais posées.

En effet, la construction de voiliers de plaisance, et de course, ne s’est jamais arrêtée, et les performances se sont beaucoup améliorées. Mais le transport de marchandise répond à des besoins complètement différents, surtout depuis l’avènement du conteneur dans les années 50. Pour ranger ces grosses boîtes carrées, le plus simple est de les mettre dans une boîte carrée encore plus grosse, ce que sont les porte-conteneurs d’aujourd’hui. Ils ne sont pas très “hydrodynamiques”, mais ce n’est pas grave, au prix où est le fuel lourd (37 centimes le litre), il suffit de faire tourner les moteurs un peu plus vite !

©Marc Ryckaert

Pour un voilier, c’est une toute autre histoire, il faut absolument optimiser la vitesse, au risque de se trainer comme un escargot. Mais comme on le voit sur ce plan du Grain de Sail, les formes arrondies ne sont pas du tout optimisées pour les conteneurs, ce qui explique que la plupart des projets de voiliers-cargos modernes privilégient pour le moment le transport sans conteneurs. 

Ce choix que nous avons fait pour le moment d’explorer une hypothèse avec conteneur apporte une autre contrainte, qui est liée, c’est celle de la taille du bateau. En effet, quelle que soit la forme définitive du bateau, il y aura toujours l’arrière (la poupe) et surtout l’avant (la proue) qui seront un peu profilés, et donc peu propice à l’imbrication de conteneurs. Le seul moyen est donc d’avoir le plus de “milieu” possible. Or, sur un 24 mètres comme celui de Grain de Sail, on voit qu’en gros, il n’y a qu’un arrière et un avant. C’est à partir de 50 mètres qu’on commence à pouvoir avoir une petite zone droite au milieu. C’est entre autres pour cela que ces premières recherches se sont basées sur une hypothèse de 70 mètres. Comme on le voit, on commence à avoir une zone centrale suffisamment grande pour ranger les conteneurs sans trop de pertes de place.

©Grain de Sail
Plan de notre première hypothèse à 70m

Mais pourquoi choisir le transport par conteneurs, me demanderez-vous ? Et bien principalement pour 2 raisons :

  • La première est que c’est pratique : les conteneurs sont remplis à quai par le producteur, puis sont fermés et scellés. Pendant tout le voyage, nous avons donc l’assurance qu’ils sont à l’abri de l’eau, du soleil, des nuisibles, du vol, etc. Cela permet aussi d’isoler facilement les matières bio des autres, simplifiant ainsi le travail des douanes. Et puis le chargement et le déchargement sont bien plus rapides : en une manipulation, on décharge l’équivalent de plusieurs dizaines de palettes et centaines de sacs.
  • La deuxième tient à la nature de notre projet, qui se veut d’emblée multi-chargeurs, et plutôt orienté agro-alimentaire. Il est fort probable que chaque voyage réunisse une dizaine de chargeurs différents, ce qui sera beaucoup plus simple à gérer avec des conteneurs fermés qu’avec des palettes ou des sacs !

Je reviendrais sur cette question de taille dans un prochain article, car c’est une question cruciale que nous devons trancher d’ici septembre. En attendant, je vous souhaite un bon été !

Retrouvez le premier article de cette série :

Auteur de l'article : Matthieu Brunet

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Un vaste de domaine de 500 ha, entre 1000 et 1200 m d’altitude, au sein d’une forêt préservée… 22°C de température moyenne, pluviométrie 2 fois plus élevée que dans le reste du pays (4000 mm/an). C’est dans le Kérala, en Inde du Sud Ouest, que la société familiale indienne POABS Estates a étendu ses superbes cultures de thé et de café, menées en agriculture biodynamique.

Agriculture biodynamique

Demeter. C’est le label de l’agriculture biodynamique, qu’a le domaine de Nelliyampathy depuis ses débuts. L’agriculture biodynamique intègre les règles de l’agriculture biologique - pas d’utilisation d’intrants chimiques de synthèse, ni comme engrais, ni comme pesticides -, auxquelles s’ajoutent des soins particuliers tournés autour de la vie globale de l’ensemble du domaine. Celui-ci est perçu comme un organisme à part entière, si possible auto-suffisant : s’y mêlent élevage et cultures végétales, pour une optimisation des ressources ; la fabrication sur place et l’épandage de compost de qualité font perdurer (et améliorent) la vie des sols ; des préparations spécifiques précises sont réalisées sur place, à l’aide des ressources disponibles (plantes, animaux, minéraux), et pulvérisées sur les cultures pour développer leur qualité. C’est l’équilibre global du domaine qui est recherché.

Filiere Thé Inde Arcadie

Filiere Thé Inde Arcadie

Des cultures très soignées

Lors de sa dernière visite sur place, en février 2020, Arcadie a pu réaffirmer son engagement pour soutenir le travail réalisé sur ce domaine. « J’avais rarement vu un tel site en Inde, voire dans le monde, aussi vaste et soigné » déclare Christelle L., en charge du développement des filières équitables à Arcadie, à son retour.
Les plantations de thé sont quadrillées de Silver Oak Trees (une variété de chêne), apportant aux théiers l’ombre nécessaire, et servant de support aux lianes de poivriers. Ici et là, des fruitiers s’adjoignent aux plantations, apportant des ressources précieuses aux travailleurs sur place, et vendues dans la petite échoppe du domaine. Un peu de cardamome, de vanille… un potager sont également cultivés sur le domaine.

Soin des plantes, mais surtout soin des Hommes

430 personnes sont salariées sur le domaine. Les familles sont hébergées sur place, dans des maisons individuelles avec eau et électricité. Dispensaire pour les premiers soins, accès aux écoles, bourses d’étude, petite épicerie sont autant d’aménagements mis en place pour subvenir aux besoins des familles.

Ambulance de POABS

Ambulance de la société POABS pour amener les malades au dispensaire

Un partenariat de longue date, pour une filière labellisée Commerce Equitable Biopartenaire®

Depuis ses débuts, POABS Estates fait figure d’exemplarité sur les plans écologiques, économiques et sociaux, ce qui a tout de suite plu à Arcadie, quand les dirigeants des 2 sociétés se sont rencontrées sur un salon bio, en 2003. Deux ans plus tard, une filière équitable était lancée. Cette filière tient particulièrement à cœur d’Arcadie, fière de ses gammes de thé*, pourtant minoritaires au regard de sa large gamme d’épices et de plantes aromatiques. Un thé qui met l’Homme et la nature à l’honneur. A déguster sans modération.

* Arcadie y achète également le café pour la fabrication de ses arômes, un peu de cardamome, et du poivre, en développement.

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Voyage à Madagascar – La cannelle

Lorsque nous arrivons chez le producteur de cannelle ce matin-là, il nous emmène visiter une nouvelle parcelle qu’il a défrichée et qu’il reboise avec de jeunes plants de canneliers et de girofliers.IMG_3333
Il nous explique qu’il fait très attention à la biodiversité de sa parcelle, grands arbres, arbres à fruits, canneliers, girofliers, ravenales, cultures au sol de patates douces, d’ananas se côtoient. Il nous montre comment les oiseaux, qui mangent les graines des canneliers et vont ensuite se percher sur les arbres, produisent à leurs pieds grâce à leurs excréments de merveilleuses pépinières de jeunes plants de canneliers (!)
C’est là que le gardien de la parcelle les prélève, si possible avec des petites feuilles rougissantes car ils reprennent mieux, et les rempote dans des pots réalisés en pots de bambous coupés entre deux nœuds. Ce pot a l’avantage d’être complètement biodégradable et ne nécessite pas de sortir le plant de la terre où il a commencé à se développer.
Les plants sont ensuite protégés par 3 branchettes installées en trépied qui leur donne un peu d’ombre.
Le producteur procède de la même manière pour les plants de giroflier.IMG_3343
Quand les paysans préparent la cannelle, pour obtenir de la cannelle non grattée, ils prélèvent l’écorce et l’aubier sur les troncs de canneliers. Pour obtenir de la cannelle grattée, ils vont gratter l’écorce (couche extérieure qui protège l’aubier) et prélever la partie aubier en plus ou moins gros morceaux de couleur caramel. Cette partie est la plus sucrée de la cannelle.
Ensuite ils mettent les morceaux à sécher. Un tri est ensuite fait pour écarter les morceaux de bois (partie plus blanche) qui auraient été oubliés.IMG_3347
Ensuite, la cannelle est stockée dans un local dédié à cet usage, bien hermétique avec dalle de béton pour le sol et bois de ravenales pour les parois.
Lorsqu’une quantité suffisante est produite, Phaël Flor envoie un camion pour enlever la cannelle et la ramener dans ses locaux.
Là, elle subit un tri final pour limiter les corps étrangers entre autres ceux de type ferreux et un concassage grossier pour les plus gros morceaux avant d’être exportée.

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Voyage à Madagascar – Le gingembre – Partie 2

Le 13 juillet
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Lorsque le gingembre est livré dans l’usine de transformation la plus ancienne de Phael Flor, les rhizomes sont retournés avec une pelle sur une grille pour en faire tomber le plus gros de la terre, puis ils sont lavés à l'eau dans une brosseuse en inox et tranchés en rondelles régulières pour optimiser le séchage.
Les rondelles sont ensuite étalées dans les bacs des séchage à air chaud pulsé produit par une chaudière à bois.
Lorsque le gingembre est sec, il est conditionné en sacs et stocké dans un espace attenant.IMG_3053
Les lots ainsi obtenus sont transférés dans la nouvelle usine pour le tri final qui écarte tous les morceaux non conformes, la poudre ou les morceaux trop petits.
Ces derniers pourront être valorisés en distillation dans les alambics de l’entreprise.
Avant l’export, un échantillon représentatif du lot est envoyé en Europe pour une vérification par analyse accréditée de l’absence de pesticides et de la qualité organoleptique.
C’est avec l’aval de Golgemma et d’Arcadie que l’export sera organisé.
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Les employées saisonnières de Phael Flor qui font le tri du gingembre et du curcuma
travaillent habituellement 7 h par jour du lundi au samedi avec une pause d’une heure pour le repas.
La plupart des saisonniers habitent à la campagne juste à côté de l’usine, et ils peuvent cultiver des légumes et élever des animaux autour de leur maison.
Dans la nouvelle usine, les ouvriers qui s’occupent du séchage du curcuma travaillent aussi la nuit avec roulement d’équipes car la période de récolte du curcuma est une saison intense pendant laquelle le séchoir fonctionne sans interruption.
L’entreprise a embauché récemment Dina (prononcer “ Dine”) pour s’occuper du suivi qualité sur les deux usines de transformation et du suivi terrain pour les filières équitables.
Daniel, à sa gauche sur la photo, est responsable de la distillation et Edmond est responsable du site de l’ancienne usine.IMG_3069

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Juil 18, 2016 Dorothée Cauvy 0 comments
Voyage à Madagascar – épisode 13 : le gingembre

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Voyage à Madagascar – épisode 12 : la plantation de Moramanga – gingembre et curcuma

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