Convention des Entreprises pour le Climat séance pléniere participants
Fév 23, 2022 Martin Lacroix 0 comments
Convention des entreprises pour le climat – Témoignage de nos participants

Convention des Entreprises pour le Climat

Témoignages de nos participants

Géraldine Givran, pilote “RSE”, responsable du service “Qualité - Sécurité - Environnement“ et Matthieu Brunet, co-dirigeant, sont nos représentants à la Convention des Entreprises pour le Climat, un rassemblement de 150 entreprises pour imaginer comment transformer leur secteur afin de s'aligner sur les objectifs des accords de Paris signés en 2015 pour lutter conter le réchauffement climatique.

Petit point d’étape avec eux, à mi-parcours de cette aventure quelque peu extraordinaire.

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Arcadie : Matthieu, Géraldine, pouvez-vous nous raconter dans quel état d’esprit vous avez embarqué pour la Convention des Entreprises pour le Climat ?

Matthieu : Quand tu nous as parlé de ce projet, je me suis demandé ce que ça allait être. Je restais un peu dubitatif, avec la crainte d’un énième forum du type “RSE (ndR : Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) à la papa”, des boîtes qui se congratulent les unes les autres. Je suis arrivé avec une posture un peu haute en me demandant si en gros, on avait vraiment besoin de ça. Je pensais “être arrivé”, ne plus apprendre beaucoup de choses sur ces sujets liés au climat. Je me trompais en fait lourdement.

Géraldine : Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. J’ai accepté la proposition de me joindre à Matthieu en tant que “Planet champion”, mais, intimidée et remplie d’humilité, je me questionnais sur comment trouver ma place et être pleinement utile dans ce processus, et ce malgré ma conscience écologique très forte et mon expérience de plus de 10 ans à Arcadie. J’ai un rôle connecté à l’opérationnel, et non une posture de dirigeant. Or, je savais qu’on allait soulever la question du rôle de l’entreprise dans le monde.

Quelle a été votre première impression en arrivant à la session 1 ?

Géraldine : On était dans un grand amphi, ça m’a ramené à mon époque “étudiante” mais sans les copains d’école. La peur de ne pas être à ma place s’est immédiatement envolée. J’ai dû sentir quelque chose de réceptif et de posé chez les autres participants. J’étais ouverte à ce qui allait se passer. Je pressentais qu’il y avait quelque chose à vivre, là. Et je n’avais pas envie d’être ailleurs. Je me souviens aussi particulièrement de la rencontre avec les membres de notre “camp de base”, avec qui il a été possible de partager les premières émotions. Je me suis sentie parcourue d’un frisson d’humanité.

Matthieu : La première chose qui m’a marqué c’est dès l’arrivée, la mise en place d’outils d’intelligence collective que j’ai reconnus et que je ne m’attendais pas forcément à retrouver dans ce cadre. Au-delà du contenu, il y a 50 coachs-facilitateurs qui ont mis la barre hyper haut au niveau “échange humain” et “processus collectifs”.

Convention des Entreprises pour le Climat séance pléniere participants

Séance plénière lors de la deuxième session à Lille en octobre 2021

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué jusqu’à présent ?

Géraldine : Le nombre de bénévoles est impressionnant. Les coachs-facilitateurs sont uniquement là pour le bien-être des participants. Des personnes sensibles, engagées. Ainsi que les processus que j’ai expérimentés à Arcadie et que je retrouvais ; ils m’ont aidé à me sentir à l’aise.
La qualité des contenus est incroyable : comment c’est possible de réunir autant de compétences, d’énergie, de profondeur ? J’ai vraiment la sensation d’une chance et d’une fierté de participer à cet évènement.

Matthieu : L’expertise apportée sur ces sujets, la radicalité sur le fond et la bienveillance sur la forme constituent une expérience extraordinaire.
Ça a été en fait une claque monumentale : il y a vraiment l’intention d’aller challenger en profondeur. J’ai pu personnellement bouger sur des sujets que je suis pourtant depuis longtemps. J’en retire également une sensation d’expérience humaine très forte.

Quels enseignements retirez-vous déjà de cette expérience en cours ?

Géraldine : Une évidence, celle  qu’on ne fait rien tout seul, même avec les meilleures intentions du monde. L’expérience humaine forte, la puissance du collectif sont comme des catalyseurs d’élan vers une démarche de transformation. Il y a plusieurs moments forts où l’on se sentirait pousser des ailes !

Matthieu : Ma principale prise de conscience, c’est qu’on ne peut pas se contenter de diminuer nos impacts négatifs au maximum, et d’espérer que ça suffise pour éviter le pire. Il faut en même temps nous préparer à vivre avec les changements climatiques inéluctables qui s’annoncent, et qui risquent de provoquer des désordres considérables dans nos sociétés. Nous devons œuvrer à rendre notre entreprise, mais aussi la société, plus résiliente. Il faut mettre en place des dynamiques, des solidarités, des interdépendances locales, qui pourront contrebalancer les tentations de repli sur soi et de peur de l’autre qui ne vont pas manquer d’aller en s'aggravant dans les années à venir.

Matthieu Brunet CEC Fresque Climat Septembre 2021 IMG_0322

Matthieu (à droite) en pleine fresque du climat lors de la session 1 à Paris en septembre 2021

Avez-vous déjà rapporté des choses de cette expérience à Arcadie ?

Géraldine : Cette aventure ouvre la possibilité de redéfinir le sens et la place de la démarche “RSE” au sein de l’organisation, vers de nouvelles dimensions, connectées à la raison d’être. Parlons de “raison d’exister” plus que de raison d‘être même. Les entreprises ont une véritable mission aujourd’hui dans le contexte dans lequel nous vivons, et cela s’inscrit bien au-delà de chercher à limiter l’impact de nos activités. La CEC donne un élan nouveau, un désir fou de se mettre en mouvement, de se requestionner à tous les étages, et les témoignages d’entreprises donnent du courage.

Matthieu : Je suis rentré un peu “sur le cul” et très motivé, même si la première session avait un côté dur avec le constat de l’état de la planète. La CEC a mis un coup d’accélérateur sur des projets qui étaient dans les tuyaux, comme le bilan carbone, sur lesquels on aurait peut-être encore un peu procrastiné.
Ça a joué dans ma motivation à lancer des projets plus ambitieux pour le futur, d’affirmer des choix plus radicaux, au-delà de la volonté d’amélioration continue.

Globalement, comment avez-vous perçu le vécu des autres entreprises participantes ?

Géraldine : L’enthousiasme prédomine. Il y a aussi beaucoup d’attentes perceptibles. J’admire les entreprises qui sont venues à la CEC avec beaucoup de risques de remise en question profonde. Cela demandait un courage incroyable et ils l’ont eu. Pour nous Arcadie, c’est plus “confortable” car on est dans la bio, avec une volonté d’activité durable affirmée depuis déjà longtemps.

Matthieu : J’ai l’impression que beaucoup d’entreprises arrivaient avec de l’humilité. Même si les constats étaient difficiles, on était très bien accompagnés. J’ai senti les participants très enthousiastes sur ce qu’il est possible de faire. Je n’ai pas senti d’ambiance de comparaison. Il y a un côté très simple et accessible.

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En dehors des sessions plénières, de petits groupes de participants sont constitués (toujours avec des facilitateurs pour les accompagner). Ici, les membres du pavillon "Alouettes" dont font partie Géraldine et Matthieu.

Un partage d’une rencontre marquante humainement ?

Géraldine : Ce qui me vient c’est ma rencontre avec le dirigeant des Vedettes de Paris lors d’une session de co-développement. Son activité ? Proposer des croisières sur des gros moteurs diesel sillonnant la Seine pour le plaisir des touristes. Il témoignait de la remise en question profonde de son modèle d’entreprise, et de ce qu’il ressentait vis-à-vis des choix qui s’imposaient à lui. Ça m’a remuée.

Matthieu : Pour moi c’est la rencontre avec l’entreprise Interface, dont Manu (ndR : Manuel Brunet, frère de Matthieu, co-dirigeant d’Arcadie) nous parlait depuis longtemps. Ce témoignage est venu me montrer qu’on pouvait être bien plus exigeants que nous. Qu’une boîte cotée en bourse ait pris la décision zéro carbone il y a 25 ans et l’ait concrétisée, ça incite à l’humilité.

Propos recueillis par Martin Lacroix

Pour en savoir plus sur la CEC c'est par ici...

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meilleurs voeux 2022 blog arcadie
Jan 03, 2022 Martin Lacroix 0 comments
Nos vœux et nos grands projets RSE 2022

Nos voeux et nos grands projets RSE pour 2022

En ce début d'année 2022, nous avons envie de vous insuffler un peu de l'énergie et du souffle qui traverse notre entreprise, en vous partageant certains des grands projets qui vont nous occuper. Mais avant ça...

Qu'est-ce qu'on vous souhaite ?...

Entre autres :

- Du courage pour regarder bien en face le monde et les défis qui nous attendent.
- De la force pour retrousser vos manches et faire de votre mieux en toutes circonstances.
- De l'attention pour saisir toutes les joies qui se présentent.
- De la chaleur humaine, du temps dans la nature, pour recharger les batteries.
- Du changement, du mouvement, du dynamisme.
- Des saveurs, de la douceur, de la simplicité.

À vous de compléter la liste...

nuage-de-mots-positif-horizontal-vertical credit Martouf le syntheticien

Allez, une petite liste de mots positifs pour démarrer l'année ! (crédit : Martouf le synthéticien)

3 grands projets RSE qui vont nous porter 2022

1) Un voilier-cargo pour la liaison maritime Madagascar-France

Madagascar est notre plus gros fournisseur d'épices (près de 25% de nos montants d'achat sur notre dernier exercice budgétaire). Décarboner cette ligne de transport maritime ne sera donc pas anecdotique dans la réduction de notre impact. Ce projet un peu fou est impulsé par un de nos dirigeants, Matthieu Brunet, en partenariat étroit avec la compagnie maritime Zéphyr et Borée (et bientôt d'autres comparses).
Et comme Matthieu sait bien écrire, c'est lui qui vous raconte cette aventure depuis le début, sur notre blog...

Image de synthèse de ce à quoi ressemblera le futur voilier-cargo (crédit Zéphyr et Borée)

2) De nouveaux bâtiments écolonomiques !

Écolonomique ? Kesako ? Ça veut dire qui concilie économie et écologie, car les deux sont complètement compatibles, pourvu qu'on s'y emploie. Merci à l'entreprise Pocheco pour avoir inventé ce néologisme, pour l'avoir appliqué avec brio à leur projet et pour partager largement leur expérience.
Pour nos nouveaux bâtiments, nous allons donc renforcer encore notre exigence en termes de performance énergétique, d'accueil de la biodiversité locale, de qualité de vie au travail, et d'efficacité industrielle bien sûr !

Batiment Arcadie Image Synthese Cabinet Seuil Architecture decembre 2021

Ébauche de plan 3D en image de synthèse, du premier nouveau bâtiment dont la construction démarrera cet été 2022 (image Cabinet Seuil Architecture, décembre 2021)

3) La convention des entreprises pour le climat (CEC)

Autre projet fou, impulsé par une poignée de dirigeants d'entreprise : créer une onde de choc positive dans les entreprises françaises en organisant une convention inspirée de la Convention Citoyenne pour le Climat, pour aligner le monde de l'entreprise sur les accords de Paris adoptés lors de la COP21 en 2015.
La Convention des Entreprises pour le Climat est née, portée par une incroyable équipe.
Nous avons la chance d'avoir été retenus parmi les 150 entreprises qui se réunissent sur 6 sessions de septembre 2021 à juillet 2022. En plus des propositions qui émaneront de cette convention, chaque participant devra prendre des engagements pour réduire 55% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Matthieu Brunet CEC Fresque Climat Septembre 2021 IMG_0322

Matthieu, co-dirigeant d'Arcadie, en plein atelier de Fresque du climat, lors de la session 1 à Paris en septembre 2021

Alors, a-t-on réussi à vous donner un peu la patate ? Nous l'espérons.
Merci d'être à nos côtés dans nos aventures végétales et épicées !

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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Schema simplifié du Cycle de Vie d'un objet
Oct 29, 2021 Martin Lacroix 0 comments
[Éco-conception] épisode #2 : l’Analyse du Cycle de Vie (ACV)

Après avoir introduit dans l’épisode #1 les concepts d’économie circulaire et d’éco-conception, nous poursuivons avec une explication la plus simple possible de ce qu’est une Analyse de Cycle de Vie.

Éco-conception épisode #2 : l'Analyse du Cycle de Vie

Une approche technique et complexe

L’eco-conception d’un produit vise à minimiser son impact environnemental. Pour ce faire, cette démarche va inclure des critères qui ne sont pas pris en compte dans une démarche de conception “classique” (on espère que bientôt, on appellera cette conception “ conception démodée” :) ).

L’analyse du cycle de vie (ACV) recense et quantifie, tout au long de la vie des produits, les flux physiques de matière et d’énergie associés aux activités humaines.(1)

(1) - Définition de l’ADEME sur son site web : https://www.ademe.fr/expertises/consommer-autrement/passer-a-laction/dossier/lanalyse-cycle-vie/quest-lacv

Schema simplifié du Cycle de Vie d'un objet

Schéma des principales étapes d'un cycle de vie (adapté d'après http://les.cahiers-developpement-durable.be/outils/analyse-du-cycle-de-vie/)

On appelle « flux » tout ce qui entre dans la fabrication du produit et tout ce qui sort en matière de pollution. Les flux entrants sont, par exemple, ceux des matières et de l’énergie utilisées pour la fabrication : ressources en minerais, eau, combustibles… Les flux sortants correspondent aux différents déchets générés (gaz, liquides, solides).

Pour estimer ces flux, la collecte d’un très grand nombre d’informations est nécessaire. Pour un produit en verre par exemple, il est nécessaire de connaître la consommation de toutes les ressources impliquées dans la fabrication ou le recyclage de ce matériau (matières premières et énergie).

Heureusement, des données de base existent… Mais ce travail de recueil est long et fastidieux. Certains outils existent pour effectuer soi-même des ACV en rentrant tous les paramètres. Pour aller plus loin, il faut les faire réaliser par un cabinet spécialisé. Cela coûte très cher et même dans ce cas, aucune ACV ne permet de juger exactement l’impact environnemental d’un produit. Mais cela reste très utile pour estimer l'impact global et pour comparer plusieurs solutions.

Une aide à la décision pour les entreprises

Du point de vue de l’entreprise, cette démarche va par exemple permettre de comparer diverses solutions envisagées pour la conception d’un nouveau produit. Aucune de ces solutions ne sera idéale, et les études comportent toujours une part d’incertitude liée à la complexité des données qui sont intégrées.

Imaginons le cas d’un produit X avec 2 options de fabrication :

- L’option 1 présente un coût environnemental moins élevé pour l’élaboration du produit (ressources + fabrication), que les impacts du transport, de sa faible durée de vie et de sa difficulté de réemploi ou de recyclage viennent fortement contrebalancer.

- L’option 2, au coût environnemental d’élaboration plus élevé, sera préférée car le reste du cycle de vie (transport - utilisation - fin de vie), bien meilleur, génère au final une empreinte environnementale globale moins importante.

Graphique comparaison impact cycle vie deux objets

Qu’est-ce qu’une bonne ACV ?

Tout d’abord, une ACV doit se baser sur des données fiables et récentes : l’environnement évolue très rapidement en termes de technologies disponibles, de structuration des filières pour la conception ou le recyclage. L’industrie améliore par exemple régulièrement ses process en termes de consommation d’énergie ou de ressources.

Certains acteurs(2) considèrent que limiter l’ACV aux impacts environnementaux n’est pas suffisant. Ils proposent d’intégrer d’autres indicateurs liés à l’impact social et économique des produits. Ces deux aspects, associés à l’aspect environnemental, constituent les 3 piliers du développement durable.

Aborder tous ces aspects semble idéal, mais complexifie encore la démarche (encore plus de données à récolter et à intégrer). On ne devrait alors plus seulement parler d’éco-conception, mais d’ ”éco-socio-environo-conception” (“éco” pour “économique”, socio pour les aspects sociaux et “environo” pour les aspects environnementaux).

Chez Arcadie, nous nous préoccupons de l’ensemble des aspects. C’est la partie “impact environnemental” qui nous semble la plus complexe et sur laquelle nous ressentons le plus besoin d’appui pour l'évaluation.

 

(2) - http://les.cahiers-developpement-durable.be/outils/analyse-du-cycle-de-vie/

Vous avez désormais bien compris les enjeux de l'éco-conception, et l'analyse du cycle de vie qui est au cœur de cette démarche. Prochain épisode = direction Arcadie : quels sont nos défis en termes d'éco-conception ?

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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ARCADIE Projection 2021 projet Ouvert Seuil architecture illustration Matthieu Marty sept 2021
Sep 13, 2021 Martin Lacroix 0 comments
[Nouveaux bâtiments] épisode 1 # Le rêve

Nouveaux bâtiments épisode 1 # Le rêve

À Arcadie, nous avons la chance de travailler dans des locaux pas communs : conçus avec beaucoup de matériaux naturels, ils ont un bon bilan écologique et sont agréables à habiter. Le bois y est notamment très présent, à l’extérieur comme à l’intérieur. Il y a aussi beaucoup de verdure autour des bâtiments, des endroits pour se poser au calme. Mais tout ceci ne nous suffit plus. Pourquoi ? Que va-t-on faire ?

 

On pousse les murs

Un argument de taille qui nous pousse à mettre en branle un nouveau projet de bâtiments est le manque de place. Notre activité grandit et nous avons besoin de plus d’espace de stockage, de plus d’espace pour les équipes qui elles aussi s’agrandissent. Mais où nous arrêterons-nous ? Bien avant d’avoir des milliers de salariés et d’être cotés en bourse, rassurez-vous.
Nous avons aussi le projet d’ouvrir un magasin d’usine et cela aussi demande de l’espace supplémentaire. Nous avons acquis un terrain adjacent à notre emplacement actuel, nous permettant ainsi d’envisager sérieusement un agrandissement.

Nos stocks sont pleins septembre 2021

Notre cale est pleine et archi pleine ! Ça va bientôt déborder !

Envie d’aller plus loin dans l’exigence liée à nos bâtiments

Depuis la construction de nos derniers bâtiments, diverses rencontres nous ont fait prendre conscience que nous pouvions faire un pas supplémentaire du point de vue de l’impact de nos bâtiments. Et si nous renforcions encore la biodiversité sur le site ? Et si nous économisions encore plus les ressources ? Et si nous rendions notre lieu de travail encore plus agréable à vivre ? Car nous y passons quand même une bonne partie de notre temps…

Habitations en matériaux locaux

L'harmonie entre l'Homme et son environnement peut aussi s'exprimer par l'habitat

Une rencontre et un accompagnant

L’entreprise Pocheco a écrit une très belle histoire dans le Nord de la France : la transformation d’une activité industrielle déclinante (fabrication d’enveloppes) en un projet dynamique, écologique et novateur. Elle a capitalisé son expérience en créant le bureau d’études Ouvert, spécialisé dans l’accompagnement des entreprises et des collectivités dans leur transition écologique. Pour parler de leur démarche, ils utilisent un nouveau mot : l’écolonomie…
Nous sommes allés visiter leur entreprise et avons été conquis : c’est avec eux que nous souhaitons élaborer notre projet de nouveaux bâtiments !

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Vue sur une partie de l'entreprise Pocheco, avec au milieu la jolie cuve végétalisée de réserve incendie (photo Laurent Mayeux)

Mise en place du travail collectif à Arcadie

Chez nous, tous les projets importants sont portés par un collectif. Nous avons la conviction qu’ils sont bien plus performants avec cette façon de faire. C’est pourquoi nous avons constitué un groupe représentatif de la diversité des Arcadiens pour poser les fondations du projet.

Des journées thématiques ont été organisées, lors desquelles Ouvert, associé à l’agence Seuil Architecte et Una,nous a sensibilisés aux enjeux liés au thème du jour (par exemple : la biodiversité), avant de récolter les idées des participants sur ce qu’on pourrait améliorer, mettre en place. Des échanges extrêmement riches ! Qui ont aussi permis à chaque Arcadien de poser un regard neuf sur son lieu de travail.

Ci-dessus : une partie du groupe "Nouveaux bâtiments" sur le terrain récemment acquis, qui va permettre notre agrandissement, avec en arrière-plan nos bâtiments actuels.

Ci-dessous : pour faire jaillir les idées, les différents secteurs d'Arcadie se sont projetés dans le futur, produisant des textes et aussi des formes plus artistiques, voire oniriques...

Dessin Vision Futur Atelier Transfo
Dessin vision futur atelier LHerbier de France 2021

1er résultat : un projet parfumé de rêves...

Sur la base de ce travail collectif, Ouvert / Seuil / Una a planché sur une première proposition, qu’ils sont venus présenter aux Arcadiens en juillet dernier. Parmi les progrès importants à venir, on peut citer la récupération de l’eau de pluie, l’utilisation de l’eau, des végétaux et de la géothermie pour climatiser naturellement les bâtiments, ainsi que la phytoépuration.

Tous les éléments des rêves des Arcadiens n’ont pas pu être intégrés au projet, mais le projet présenté est néanmoins très enthousiasmant !

Et maintenant, il est temps de s’attaquer aux aspects plus techniques, qu’ils soient architecturaux ou financiers. Début espéré des travaux : juin 2022.

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Croquis des bâtiments actuels (ci-dessus) et du projet (ci-dessous). On peut voir les 2 bâtiments supplémentaires et les principaux aménagements écologiques envisagés (illustrations de Matthieu Marty, cabinets Ouvert + Seuil Architecture).

ARCADIE Projection 2021 projet Ouvert Seuil architecture illustration Matthieu Marty sept 2021

Nous vous donnons rendez-vous prochainement pour la suite de cette aventure !

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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Juil 22, 2021 matthieubrunet 3 comments
[On met les voiles]#2 : premières esquisses

On met les voiles #2 : premières esquisses

Il y a quelques jours, Nils m’a envoyé les premières esquisses de notre bateau, réalisée par le bureau d’architecture navale Dykstra, spécialisés dans les voiliers, et entre autres auteurs du spectaculaire Maltese Falcon, le premier à mettre en œuvre des voiles de type “dynarig”.

Inutile de vous dire qu’à la vue de ces images, j’ai eu un petit moment d’émotion ! Jugez par vous-même !

Alors Nils me le répète, le bateau final sera certainement assez différent, car il ne s’agit là que de recherches pour définir plus précisément la taille, le coût, le type de propulsion, la vitesse… Mais bon, ça permet déjà de se projeter !

Pour vous permettre de comprendre un peu mieux, voici la première réaction d’un membre de l’équipe Zéphyr et Borée, Bernard Peignon : 

Avec ses lignes d'eau avant et sa largeur, il va débouler au "reaching" ! La solution "sheet support" pour le point d'écoute offre l'avantage d'offrir un bon plan d'appui pour les pontons ou les panneaux de cales pour une bonne étanchéité. Les slots frigo en pontée suffiront. Vraiment un bon début . Le tirant d'eau reste un sujet mais c'est un premier jet.

Vous avez rien compris ? rassurez-vous, moi non plus ! Grâce aux explications de Bernard et de Simon (ingénieur naval chez Z&B), j’ai pu faire ce petit lexique : 

  • débouler, c’est quand un bateau avance très vite ;
  • le reaching, c’est quand un bateau à le vent qui arrive de côté ou légèrement de l’avant ;
  • donc “débouler au reaching”, si j’ai bien compris, ce sont les moments où le contraste du vent de travers et de la grande vitesse donnent une impression particulièrement dynamique du navire, où il semble surgir, débouler à travers les vagues ;
  • Le “sheet support”, c’est la pièce en métal qui dépasse légèrement entre les deux voiles ;
  • Le point d’écoute est l’endroit où la voile s’accroche au “chariot d’écoute”, une sorte de rail qui permet de l’orienter ;
  • Les panneaux de cale sont des panneaux mobiles qui viennent fermer la cale une fois que les conteneurs sont chargés ;
  • Les slots sont les emplacements dans lesquels sont arrimés les conteneurs. Ils sont en pontées quand ils sont sur le pont et non dans la cale. Ils sont “frigo” quand ils ont un branchement électrique pour assurer la régulation de la température (pour le transport des produits frais) ;
  • Le tirant d’eau est la hauteur immergée du bateau, et donc la profondeur d’eau minimum dont il a besoin.

Plus aucun cargo à voile n’a été construit depuis 1926

Pourquoi ces recherches préliminaires ? Et bien pour la bonne et simple raison que plus aucun cargo à voile n’a été construit depuis 1926 (en raison de l’avènement des moteurs à vapeur, puis des moteurs diesel), à l’exception du Grain de Sail il y a quelques mois. Et comme les techniques et connaissances ont quand même pas mal évolué depuis un siècle, il faut répondre à plein de questions qui ne s’étaient jamais posées.

En effet, la construction de voiliers de plaisance, et de course, ne s’est jamais arrêtée, et les performances se sont beaucoup améliorées. Mais le transport de marchandise répond à des besoins complètement différents, surtout depuis l’avènement du conteneur dans les années 50. Pour ranger ces grosses boîtes carrées, le plus simple est de les mettre dans une boîte carrée encore plus grosse, ce que sont les porte-conteneurs d’aujourd’hui. Ils ne sont pas très “hydrodynamiques”, mais ce n’est pas grave, au prix où est le fuel lourd (37 centimes le litre), il suffit de faire tourner les moteurs un peu plus vite !

©Marc Ryckaert

Pour un voilier, c’est une toute autre histoire, il faut absolument optimiser la vitesse, au risque de se trainer comme un escargot. Mais comme on le voit sur ce plan du Grain de Sail, les formes arrondies ne sont pas du tout optimisées pour les conteneurs, ce qui explique que la plupart des projets de voiliers-cargos modernes privilégient pour le moment le transport sans conteneurs. 

Ce choix que nous avons fait pour le moment d’explorer une hypothèse avec conteneur apporte une autre contrainte, qui est liée, c’est celle de la taille du bateau. En effet, quelle que soit la forme définitive du bateau, il y aura toujours l’arrière (la poupe) et surtout l’avant (la proue) qui seront un peu profilés, et donc peu propice à l’imbrication de conteneurs. Le seul moyen est donc d’avoir le plus de “milieu” possible. Or, sur un 24 mètres comme celui de Grain de Sail, on voit qu’en gros, il n’y a qu’un arrière et un avant. C’est à partir de 50 mètres qu’on commence à pouvoir avoir une petite zone droite au milieu. C’est entre autres pour cela que ces premières recherches se sont basées sur une hypothèse de 70 mètres. Comme on le voit, on commence à avoir une zone centrale suffisamment grande pour ranger les conteneurs sans trop de pertes de place.

©Grain de Sail
Plan de notre première hypothèse à 70m

Mais pourquoi choisir le transport par conteneurs, me demanderez-vous ? Et bien principalement pour 2 raisons :

  • La première est que c’est pratique : les conteneurs sont remplis à quai par le producteur, puis sont fermés et scellés. Pendant tout le voyage, nous avons donc l’assurance qu’ils sont à l’abri de l’eau, du soleil, des nuisibles, du vol, etc. Cela permet aussi d’isoler facilement les matières bio des autres, simplifiant ainsi le travail des douanes. Et puis le chargement et le déchargement sont bien plus rapides : en une manipulation, on décharge l’équivalent de plusieurs dizaines de palettes et centaines de sacs.
  • La deuxième tient à la nature de notre projet, qui se veut d’emblée multi-chargeurs, et plutôt orienté agro-alimentaire. Il est fort probable que chaque voyage réunisse une dizaine de chargeurs différents, ce qui sera beaucoup plus simple à gérer avec des conteneurs fermés qu’avec des palettes ou des sacs !

Je reviendrais sur cette question de taille dans un prochain article, car c’est une question cruciale que nous devons trancher d’ici septembre. En attendant, je vous souhaite un bon été !

Retrouvez tous les articles de cette série :

Auteur de l'article : Matthieu Brunet

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Jan 22, 2021 cdefeche 0 comments
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Les thés de Nelliyampathy : plongez dans les grands espaces préservés du Kérala (Inde)

Petit paradis des collines de Nelliyampathy

Un vaste de domaine de 500 ha, entre 1000 et 1200 m d’altitude, au sein d’une forêt préservée… 22°C de température moyenne, pluviométrie 2 fois plus élevée que dans le reste du pays (4000 mm/an). C’est dans le Kérala, en Inde du Sud Ouest, que la société familiale indienne POABS Estates a étendu ses superbes cultures de thé et de café, menées en agriculture biodynamique.

Agriculture biodynamique

Demeter. C’est le label de l’agriculture biodynamique, qu’a le domaine de Nelliyampathy depuis ses débuts. L’agriculture biodynamique intègre les règles de l’agriculture biologique - pas d’utilisation d’intrants chimiques de synthèse, ni comme engrais, ni comme pesticides -, auxquelles s’ajoutent des soins particuliers tournés autour de la vie globale de l’ensemble du domaine. Celui-ci est perçu comme un organisme à part entière, si possible auto-suffisant : s’y mêlent élevage et cultures végétales, pour une optimisation des ressources ; la fabrication sur place et l’épandage de compost de qualité font perdurer (et améliorent) la vie des sols ; des préparations spécifiques précises sont réalisées sur place, à l’aide des ressources disponibles (plantes, animaux, minéraux), et pulvérisées sur les cultures pour développer leur qualité. C’est l’équilibre global du domaine qui est recherché.

Filiere Thé Inde Arcadie

Filiere Thé Inde Arcadie

Des cultures très soignées

Lors de sa dernière visite sur place, en février 2020, Arcadie a pu réaffirmer son engagement pour soutenir le travail réalisé sur ce domaine. « J’avais rarement vu un tel site en Inde, voire dans le monde, aussi vaste et soigné » déclare Christelle L., en charge du développement des filières équitables à Arcadie, à son retour.
Les plantations de thé sont quadrillées de Silver Oak Trees (une variété de chêne), apportant aux théiers l’ombre nécessaire, et servant de support aux lianes de poivriers. Ici et là, des fruitiers s’adjoignent aux plantations, apportant des ressources précieuses aux travailleurs sur place, et vendues dans la petite échoppe du domaine. Un peu de cardamome, de vanille… un potager sont également cultivés sur le domaine.

Soin des plantes, mais surtout soin des Hommes

430 personnes sont salariées sur le domaine. Les familles sont hébergées sur place, dans des maisons individuelles avec eau et électricité. Dispensaire pour les premiers soins, accès aux écoles, bourses d’étude, petite épicerie sont autant d’aménagements mis en place pour subvenir aux besoins des familles.

Ambulance de POABS

Ambulance de la société POABS pour amener les malades au dispensaire

Un partenariat de longue date, pour une filière labellisée Commerce Equitable Biopartenaire®

Depuis ses débuts, POABS Estates fait figure d’exemplarité sur les plans écologiques, économiques et sociaux, ce qui a tout de suite plu à Arcadie, quand les dirigeants des 2 sociétés se sont rencontrées sur un salon bio, en 2003. Deux ans plus tard, une filière équitable était lancée. Cette filière tient particulièrement à cœur d’Arcadie, fière de ses gammes de thé*, pourtant minoritaires au regard de sa large gamme d’épices et de plantes aromatiques. Un thé qui met l’Homme et la nature à l’honneur. A déguster sans modération.

* Arcadie y achète également le café pour la fabrication de ses arômes, un peu de cardamome, et du poivre, en développement.

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Du poivre noir bio et équitable Malgache

Nous avons récemment relancé la production de poivre noir bio de Madagascar. Cette année, notre filière a même obtenu la certification équitable Fair For Life.

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Une cueilleuse de feuilles de framboisiers

Rencontre avec Laure, cueilleuse de feuilles de framboisiers, idéales pour les tisanes santé, que l'Herbier de France propose à travers sa filière BioPartenaire.

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Juil 22, 2016 Dorothée Cauvy 1 comment
Voyage à Madagascar – La cannelle

Lorsque nous arrivons chez le producteur de cannelle ce matin-là, il nous emmène visiter une nouvelle parcelle qu’il a défrichée et qu’il reboise avec de jeunes plants de canneliers et de girofliers.IMG_3333
Il nous explique qu’il fait très attention à la biodiversité de sa parcelle, grands arbres, arbres à fruits, canneliers, girofliers, ravenales, cultures au sol de patates douces, d’ananas se côtoient. Il nous montre comment les oiseaux, qui mangent les graines des canneliers et vont ensuite se percher sur les arbres, produisent à leurs pieds grâce à leurs excréments de merveilleuses pépinières de jeunes plants de canneliers (!)
C’est là que le gardien de la parcelle les prélève, si possible avec des petites feuilles rougissantes car ils reprennent mieux, et les rempote dans des pots réalisés en pots de bambous coupés entre deux nœuds. Ce pot a l’avantage d’être complètement biodégradable et ne nécessite pas de sortir le plant de la terre où il a commencé à se développer.
Les plants sont ensuite protégés par 3 branchettes installées en trépied qui leur donne un peu d’ombre.
Le producteur procède de la même manière pour les plants de giroflier.IMG_3343
Quand les paysans préparent la cannelle, pour obtenir de la cannelle non grattée, ils prélèvent l’écorce et l’aubier sur les troncs de canneliers. Pour obtenir de la cannelle grattée, ils vont gratter l’écorce (couche extérieure qui protège l’aubier) et prélever la partie aubier en plus ou moins gros morceaux de couleur caramel. Cette partie est la plus sucrée de la cannelle.
Ensuite ils mettent les morceaux à sécher. Un tri est ensuite fait pour écarter les morceaux de bois (partie plus blanche) qui auraient été oubliés.IMG_3347
Ensuite, la cannelle est stockée dans un local dédié à cet usage, bien hermétique avec dalle de béton pour le sol et bois de ravenales pour les parois.
Lorsqu’une quantité suffisante est produite, Phaël Flor envoie un camion pour enlever la cannelle et la ramener dans ses locaux.
Là, elle subit un tri final pour limiter les corps étrangers entre autres ceux de type ferreux et un concassage grossier pour les plus gros morceaux avant d’être exportée.

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