La cueillette des feuilles de myrtilliers bio

Cueillette Myrtille Filière Massif Central L Herbier de France photo Maxime Beaufey
La cueillette des feuilles de myrtilliers bio

Alexis Brunel fait partie de ces cueilleurs / cultivateurs qui fournissent Arcadie en plantes médicinales via la coopérative Sicarappam, sise dans le Massif Central. Zoomons sur la cueillette de feuilles de myrtilliers.

La cueillette des feuilles de myrtilliers bio

Préserver la ressource naturelle par une cueillette responsable

Alexis cueille les sommités des myrtilliers en août-septembre, à l’ombre des forêts du Massif Central. Il laisse 10 à 15 cm du pied, avec des feuilles, afin que celui-ci puisse repartir correctement ; de plus, il ne récolte sur les mêmes pieds que tous les 3 ou 4 ans : comme pour tous les cueilleurs de la Sicarappam, la préservation de la ressource est une ligne de conduite fondamentale.

Séchage, coupage et mondage

La récolte est mise à sécher le soir même ou le lendemain, dans son propre séchoir (tous les cueilleurs de la Sica doivent être équipés de séchoirs). A l’abri de la lumière et dans des séchoirs chauffés et bien ventilés, le myrtillier est sec en 2 jours maximum.

Après séchage, Alexis se rend à la coopérative pour livrer sa production, couper, puis monder (les feuilles sont séparées des tiges) puis trier : les bris de feuille et autres poussières sont évacuées et les feuilles restantes calibrées.

Alexis vient d’investir dans une coupeuse ; il pourra dorénavant pratiquer cette opération de coupe avant séchage. Cela lui permettra un gain de place important et sécher la récolte de 2 jours d’affilée.

La récolte des feuilles fait-elle concurrence à celle des fruits ?

La difficulté avec la récolte du myrtillier-feuille, c’est qu’il peut y avoir conflit d’usage avec les cueilleurs de…  fruits : l’année qui suit la coupe de sa sommité, un myrtillier ne donnera pas de fruit. Et Alexis veut respecter les autres usagers ! En plus des demandes d’autorisation à l’ONF, ou à des particuliers, pour avoir le droit de cueillir, il s’assure également de ne pas être sur les sites convoités pour les fruits.

La recherche de sites où cueillir fait aussi partie du métier :

« Chaque fois qu’on se déplace, on a les yeux grand ouverts ! Il y a 2 ans nous avons eu une commande de Joubarde, pour la première fois. Nous avions 2 mois pour livrer. Il nous a fallu prospecter très vite ! »

Etre cueilleur professionnel

Le parcours d’Alexis

Paysagiste de formation, Alexis s’est tourné vers le métier de cueilleur de plantes sauvages il y a 6 ans, d’abord à mi-temps pendant 2 ans, puis depuis 4 ans à temps plein, lorsqu’il a pu constater qu’il parvenait à en vivre. En parallèle, il a rapidement mis en place certaines cultures. Sur 5000 m2 de terrain, il cultive depuis 4 ans des Echinacées, s’essaie depuis l’année dernière à l’angélique et a mis en place un petit verger d’aubépine, sureau, rosier sauvage. Comme un certain nombre de cueilleurs de la Sicarappam, il consacre la majorité de son temps à la coopérative et a développé aussi une petite activité indépendante, pour de la vente directe et/ou de la transformation.

 Certains cueilleurs ont fait l’inverse : ils cueillaient d’abord à leur compte et commercialisaient en vente directe, mais en vivre est difficile ; avoir aussi un débouché avec la coopérative est précieux, les revenus sont plus sécurisés, c’est tout l’intérêt du collectif

Quels avantages au métier de cueilleur

Je vis dehors, mais c’était déjà le cas avec mon métier de paysagiste. Seulement maintenant je n’ai plus directement affaire au client, c’est la Sica qui s’en occupe, et ça pour moi c’est précieux ! Je n’ai pas d’obligation de ce côté là et moins de stress liés aux coups de fils à passer, etc.

Ce métier m’offre aussi une vraie liberté. La Sicarappam propose une grande diversité de plantes sauvages, il y a de quoi essayer de nouvelles plantes régulièrement, si je le souhaite. Et de diversifier encore en ajoutant la culture à mes activités. Je ne peux pas me lasser !

Quels inconvénients au métier de cueilleur

Pas vraiment. Peut-être le gros coup de bourre en juin-juillet, quand c’est le plein boom des cueillettes. Mais moi ça me va, j’aime ça !

La météo ? Pas vraiment une contrainte, car je peux choisir les jours où je pars cueillir.

Nos produits contenant des feuilles de myrtillers