Cueilleuse de reine des prés bio : un métier à part !

Cueilleuse de reine des prés bio : un métier à part !

Pauline cueille la reine des prés depuis 7 ans pour la SICARAPPAM. C’est d’ailleurs sa plante préférée, malgré le fait que sa cueillette ne soit pas toujours facile du fait de l’habitat dans lequel elle évolue. Découvrez le métier de cueilleuse avec ce témoignage. 

Comment cueille-t-on la reine des prés ?

 

Que cueille-t-on sur la reine des prés ?

La reine des prés (de nom scientifique Filipendula ulmaria) est une plante de zones humides,  de marais, qui fleurit entre fin juin et mi-juillet : la tige se divise alors en rameaux florifères dans sa partie haute, avec de nombreuses petites fleurs blanc- jaune et des boutons blanc aux nuances rosées, disposées en panicule (grappes). Ce sont les fleurs que l’on cueille sur cette plante.

Comment se déroule la cueillette ?

Pour cueillir les fleurs, Pauline démarre très tôt le matin, afin d’éviter la chaleur, et passe la journée les pieds dans l’eau, la faucille à la main. Elle en emplit le gros sac accroché à ses épaules, qu’elle vide au fur et à mesure : il faut étaler les fleurs en fines couches sur de grands draps blancs installés à l’ombre. Toutes les 2-3h, Pauline brasse les fleurs mises à sécher : sans ça, avec la chaleur de l’été, les fleurs pourraient vite se mettre à fermenter. Ce qu’elle adore, c’est arriver sur un site où les fleurs sont exactement au stade de maturité souhaitée : « Les boutons du bas à peine éclos, ceux du haut fermés mais quand même bien blancs : il ne faut pas qu’ils soient encore verts, au risque de donner une mauvaise couleur au produit final. »

Le métier de cueilleur est lié au paysage agricole : les zones de développement de la reine des prés sont modelées par le travail des agriculteurs, un fossé ici, pour drainer le champ voisin, dans lequel la reine des prés trouvera un bon habitat, ou une zone humide là, qui ne peut pas être valorisée ni en culture, ni pour y faire pâturer des bêtes, qui devient alors propice à l’épanouissement des belles fleurs blanches… Pauline tourne régulièrement sur les sites, elle revient sur certaines zones permanentes tous les 2-3 ans seulement, afin de ne pas épuiser la ressource sur un même endroit ; d’autres sites dépendent de l’activité humaine, et peuvent parfois être très ponctuels.

Un mois après la récolte, Pauline apporte les fleurs sèches à la SICARAPPAM et passe une journée à la préparer avec le “sasseur“, pour séparer les fleurs des tiges et obtenir des fleurs mondées.

Découverte du métier de cueilleuse

 

Un rêve d’enfant ?

Pauline a un BTS horticole et une licence en anthropologie. Quand elle était jeune adolescente, cette idée d’être cueilleuse l’attirait déjà, sans savoir que ce métier existait vraiment. Elle a d’abord été ouvrière agricole saisonnière. Puis elle a fait ses premiers essais de cueillette avec la gentiane, constatant que sa racine était récoltée dans la région… ce qui l’a amenée à connaître l’existence de la SICARAPPAM. Aujourd’hui elle cueille surtout dans le Massif Central : « C’est une région avec un potentiel énorme, du fait d’une grande variété de climats, d’altitudes. Après, selon les commandes, je bouge aussi, pour la vigne rouge par exemple on descend dans l’Hérault, le Gard…”

Des savoirs ancestraux

« Ce qui me plait le plus, dans ce métier, c’est la botanique ! Et le contact avec la nature. Être cueilleuse m’a permis de développer des compétences assez rares, nécessaires pour pouvoir exercer le métier : je sais repérer un arbre à plus de 100m, par son port, puis plus près par son bourgeon, son écorce. Je sais quels sont les premiers bourgeons qui vont débourrer, puis ceux qui arrivent ensuite… Nous sommes toujours un peu des sentinelles, même quand on ne travaille pas, on repère. Les gens pensent parfois que c’est un métier tranquille, qu’on se balade… mais je passe aussi beaucoup de temps en voiture, à chercher des lieux. »

“Le plus difficile ? Peut-être quand en plein mois d’août en montagne je travaille quand il fait 5°C, ou inversement quand il fait vraiment chaud ! Pour la reine des prés, quand il fait 30°C, que j’ai des fleurs jusqu’au nez [NDLR : les fleurs peuvent atteindre 2 m de haut], qu’il n’y a pas d’air et que j’ai les pieds qui marinent dans les bottes (!!), c’est moins drôle ! Et puis il y a parfois l’image que nous avons à l’extérieur, qui est difficile à accepter : les agriculteurs ne comprennent pas toujours que nous ramassions ce que nous n’avons pas travaillé, pas cultivé, ils n’y voient que peu de mérite. Ils ne perçoivent pas toutes les étapes de notre travail, la partie repérage, séchage, transformation, vente…

Parfois, c’est dur de se mettre au travail… mais quand je suis parvenue à bien entrer dans l’activité, je peux atteindre un état de sérénité très agréable, où le geste vient tout seul – j’adore travailler à la faucille – je ne pense plus à rien, … c’est un peu comme un moment de transcendance, et avec la reine des prés cela marche bien… »

Nos produits contenant de la reine des prés