Portrait Laurence herbier
Juin 29, 2022 meganeforestier 0 comments
Témoignage d’un Arcadien : Laurence

Témoignage d'un Arcadien : Laurence

Laurence travaille dans les ateliers L’Herbier de France depuis 2008. Si vous consommez nos tisanes, il est possible que ce soit elle (il y a 16 personnes qui travaillent à l’atelier Herbier) qui ait mis vos plantes dans les sachets. Concrètement, les plantes séchées passent dans une doseuse avant d'atterrir dans un sachet kraft, au juste poids ! Ensuite, le sachet est scellé et mis dans un bac avec ses copains pour être rangé dans nos stocks. Laurence, en tant qu’opératrice de conditionnement, vérifie que la doseuse soit au bon poids, rajoute des plantes lorsqu’il y a besoin et vérifie que les sachets soient bien scellés. 

Laurence se charge aussi de l’étiquetage des sachets. Grâce à l’étiqueteuse, elle appose nos belles étiquettes sur les sachets kraft. Une opération qui demande un minimum de contrôle : alignement de l’étiquette, quantité produite, etc. Le tout dans la joie et la bonne humeur.

Il faut dire que travailler au milieu des plantes, de leurs senteurs, au sein d’une équipe soudée permet d’envisager ses journées avec plus de gaieté. 

Et puis l’esprit d’Arcadie semble important pour elle : la possibilité de construire son poste de travail, à tous les niveaux. En effet, c’est une particularité d’Arcadie, son système de gouvernance en Holacracy. Chacun est autonome sur son poste et a son propre périmètre d’autorité. Car à nos yeux, celui qui est sur le terrain, au quotidien, sait mieux que ceux qui n’y sont pas ! 

Laurence partage des valeurs qui sont chères à Arcadie : le partage, l’ouverture. Ce qui fait sens à Arcadie résonne aussi en elle, et c’est cela qui lui plaît, au-delà de l’aspect purement technique de son poste et des conditions de travail. 

Enfin, il y a aussi les découvertes : des nouvelles saveurs, de nouveaux produits, de nouveaux projets ! 

Conditionnement Herbier de France semi-automatique
Ateliers L'Herbier de France : le romarin est vidé dans la doseuse semi-automatique (en haut). Ici Sophie remplit les sachets un à un.

“L’odeur est toujours agréable”

bâtiment exterieur écologique arcadie épices bio

Les bureaux d'Arcadie

“C’est souple, c’est malléable, c’est ouvert d’esprit, c’est très cocooning”

Merci à Laurence pour sa fidélité envers Arcadie et sa participation à des projets d’envergure (on vous en reparle bientôt).

Mégane Forestier

Auteur de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d’être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d’une entreprise engagée.

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Arcadie avec Fedecovera Guatemala 2021
Mai 06, 2022 Martin Lacroix 0 comments
Commerce équitable : pourquoi est-il indispensable ?

Le commerce équitable est un terme désormais connu du grand public. Malgré tout, cette notion reste un peu floue pour un nombre non négligeable de personnes. De quoi s’agit-il plus précisément ? Pourquoi devrait-il être généralisé ?

Commerce équitable : pourquoi est-il indispensable ?

Les grands principes du commerce équitable

En 2001, les organisations mondiales du commerce équitable définissent la notion de commerce équitable comme “...un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.” (1)

Au-delà du principe de base du paiement d’un prix juste, les acteurs du commerce équitable s’engagent sur d’autres aspects : conditions de travail au sens large, valorisation de la contribution et de la place des femmes, développement de l’autonomie des producteurs, amélioration des pratiques environnementales, promotion du commerce équitable etc.

Petit historique du commerce équitable

Si le terme est utilisé dès le XIXè siècle et si un certain nombre de personnes s’offusquent du mauvais traitement des agriculteurs dans les plantations coloniales (2), l’émergence officielle du concept de commerce équitable est plus récente : apparu dans les années 1940 aux États-Unis et au Royaume-Uni, il voit sa première reconnaissance internationale en 1964 à la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement. En France, c’est Artisans du Monde, association créée en 1974, qui participe grandement à son essor.

En 1988, le premier label de commerce équitable, Max Havelaar (nom du personnage d’un roman dénonçant l’esclavagisme à Java), est créé aux Pays-Bas. En 1989, la structuration au niveau mondial progresse avec la création de la WFTO (World Fair Trade Organization = organisation mondiale du commerce équitable).

À la fin des années 1990, le commerce équitable apparaît dans les produits de la grande distribution, ce qui permet de passer un nouveau cap dans son expansion.

En 1997, Commerce Équitable France, la plateforme des acteurs français du commerce équitable, est créée. En 2001, c’est la première Quinzaine du commerce équitable en France, opération de communication visant à promouvoir cette démarche.

Dans les années 2000, les labels fleurissent ; le nombre de producteurs concernés et le marché se développent. En 2020, les ventes de produits issus du commerce équitable en France atteignent 1,83 milliard d’euros, trois fois plus qu’en 2014 (3) (4). Un grand nombre de catégories de produits ne bénéficient pas de labellisation, la traçabilité étant encore trop difficile à mettre en place.

Commerce de Charleville-Mézières

Le réseau associatif Artisans du Monde a été le premier à proposer des produits issus du commerce équitable en France (photo Wikipedia)

Une image encore très “Nord/Sud” et “humanitaire”

L’origine de la démarche du commerce équitable trouve ses racines dans une réaction face aux inégalités générées par le développement du commerce international (5). Les producteurs (agriculteurs, artisans) sont souvent le maillon le plus défavorisé de la chaîne, ne recevant qu’une très faible part du prix final de vente du produit.

Si l’impulsion de rétablir une relation commerciale et une répartition de la valeur plus équilibrées est louable, elle peut facilement dériver vers une poursuite souvent inconsciente d’une logique de dépendance des communautés de producteurs concernés.

Heureusement, un certain nombre d’acteurs du commerce équitable évitent cette ornière. Le cliché du “petit producteur étranger sauvé par un acheteur au grand cœur” est encore toutefois présent dans les représentations du commerce équitable pour les consommateurs finaux. N’oublions pas qu’il s’agit non pas d’une action de générosité, mais du simple rétablissement d’un équilibre qui devrait aller de soi dans les relations commerciales.

pub Oxfam

Cette campagne de publicité volontairement choquante d’Oxfam, sortie en 2016 pour dénoncer les dérives du commerce international, reprend le thème du colonialisme. Mais l’inégalité commerciale peut tout à fait se produire entre un acheteur et un producteur du même pays.

Le commerce équitable “Nord/Nord”, défi encore plus grand

Les producteurs des pays du “Nord”, même s’ils vivent souvent dans des conditions moins difficiles que ceux des pays très pauvres du “Sud”, sont souvent eux aussi payés à des prix insuffisamment rémunérateurs. Selon une publication de l’INSEE de janvier 2022, 38 % des agriculteurs français gagnent très peu (moins de la moitié du Smic) et 26 % vivent sous le seuil de pauvreté.

C’est pourquoi le développement d’un commerce équitable dit “Nord/Nord” (parfois aussi appelé “commerce équitable local”) s’est enclenché en parallèle des partenariats “Nord/Sud”. Le coût de la main d'œuvre étant plus élevé que dans de nombreux pays étrangers, un juste prix d’achat a un impact souvent plus important pour les acheteurs.

En 2020, les produits issus de filières françaises représentent 35% des achats de produits du commerce équitable en France (4).

producteur français

En France aussi, les agriculteurs sont une catégorie professionnelle souvent très mal rémunérée.

L’estimation des coûts de production

Pilier de la démarche : l’estimation des coûts de production pour chaque produit. Elle n’est pas conduite de la même façon pour tous les labels : certains se basent sur des données statistiques régionales, tandis que d’autres demandent aux producteurs d’effectuer l’estimation de leurs coûts de production {(6), page 14}.
Cette estimation fine est bien plus précise et très intéressante, car il apparaît bien souvent que les producteurs n’intègrent pas tous les coûts dans leur coût de production s’ils ne prennent pas vraiment le temps de s’y pencher.

Ce calcul occasionne parfois des remontées spectaculaires des prix d’achat, qui ne peuvent pas toujours être compensées par une baisse de la marge des autres acteurs de la chaîne, et se répercutent donc en partie sur le prix final de vente aux consommateurs. Cela demande donc un engagement accru de ces derniers pour concrétiser l’acte d’achat. Mais cela replace à sa juste valeur le travail “derrière le produit”.

Recolte curcuma Madagascar 2019 bio équitable

Seul un calcul fin permet de sortir un coût de production vraiment réaliste.

Commerce équitable et pas bio ? Le grand écart philosophique

Même si une amélioration des pratiques environnementales est encouragée dans la démarche de base du commerce équitable, pour la plupart des labels, la pratique de l’agriculture bio n’est pas une condition préalable à l’obtention de la mention “commerce équitable”.

Or, nous considérons que l’équité devrait comprendre la préservation à long terme de la santé des producteurs et de leur environnement. Payer des producteurs correctement et en même temps utiliser des pratiques de production néfastes pour la santé et l’environnement est éminemment contradictoire.

Inversement, promouvoir la pratique de l’agriculture biologique préservant l’environnement, sans assurer une viabilité économique et sociale aux producteurs perd de son sens.

C’est pourquoi un certain nombre d’acteurs du commerce équitable dans l’agro-alimentaire ont ressenti le besoin de créer des labellisations associant bio et commerce équitable. Biopartenaire et Bio équitable en France sont les deux labels associant systématiquement agriculture bio et commerce équitable.

On peut aussi trouver de nombreux produits associant un label de commerce équitable et les labels de l’agriculture biologique (logo AB et/ou logo “Eurofeuille”). Regardez bien les étiquettes !

Les produits bio sont désormais très bien représentés dans l’offre de produits issus du commerce équitable : pour la France en 2020, 90% des produits issus du commerce international et 59% des produits français sont également bio, soit 88% au global (4).

Produit Bio Equitable

Sur certains labels de commerce équitable précisent “Équitable et bio” (label cumulant les 2 engagements), la plupart sont apposés à côté du logo AB ou du logo Eurofeuille.

Autres différences entre labels de commerce équitable

Vous l’aurez compris : il y a de plus en plus de labels et tous ne se valent pas. Il est compliqué de résumer leurs différences, mais nous vous présentons certains critères de choix qui nous semblent les plus importants, en plus des critères “bio” et “prix d’achat rémunérateur”.

La durée d’engagement de l’acheteur : il y a une énorme différence selon que l’acheteur s’engage sur une seule année ou sur plusieurs. En termes de visibilité sur les débouchés pour les producteurs, de possibilités d’investissement, les engagements pluriannuels sont bien plus sécurisants. Tous les labels ne garantissent pas cet engagement pluriannuel. En d’autres termes, certains labels permettent qu’un acheteur change de fournisseur chaque année, ce qui est beaucoup moins sécurisant pour les producteurs.

Biopartenaire et Bio équitable en France comprennent un engagement sur 3 ans minimum.

Le contrôle externe : un certain nombre de labels de commerce équitable font de l’auto-évaluation, ce qui garantit beaucoup moins l’impartialité qu’en cas de contrôle externe par un organisme indépendant (généralement, il s’agit d’un organisme accrédité pour la certification en agriculture biologique).

Pour entrer dans les détails de ces labels, il existe un comparatif complet (manque malheureusement de tableau de synthèse) réalisé par la plateforme Commerce équitable France en 2020.

label commerce équitable

Les labels de commerce équitable se multiplient, rendant parfois difficile le choix en magasin (source : infographie de Commerce Équitable France).

Au-delà des labels ? La transparence

Vous voulez avoir d’autres indicateurs que le label sur l’engagement d’une marque ou d’une entreprise par rapport à ses pratiques d’achat ? Faites un tour sur leurs canaux de communication (site web par exemple). Vous pourrez assez rapidement faire la différence entre ceux qui se contentent de quelques phrases un peu “bateau” et ceux qui donnent véritablement de l’information (actualisée) sur leurs approvisionnements et leurs partenariats.

Consommez bio + équitable + le plus local possible !

De plus en plus de consommateurs déclarent que le critère “commerce équitable” est important dans leurs choix d’achat, de même que le critère “bio”. Allons plus loin et propulsons ce slogan : bio + équitable, c’est inséparable et indispensable !

Les labels se multiplient et il devient compliqué de distinguer les niveaux d’engagement. Au niveau local, le contact direct avec les producteurs est le meilleur moyen de s’assurer que le prix de vente n’est pas venu enrichir prioritairement d’autres acteurs que le producteur.

Mais comme il est difficile de s’approvisionner uniquement en direct, les labels sont utiles. Nous vous mettons des liens vers des sources d’informations plus complètes. A vous de jouer !. 

En ce qui nous concerne à Arcadie, nous labellisons progressivement nos approvisionnements (35% à ce jour) avec la labellisation Biopartenaire. C’est un travail de longue haleine que nous vous expliquerons dans un prochain article…

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_%C3%A9quitable

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Multatuli

(3) Observatoire du commerce équitable 2020 : https://www.commercequitable.org/ressources/editeur/chiffres/

(4) https://www.commercequitable.org/wp-content/uploads/cef-le-ce-a-la-loupe-2021.pdf

(5) https://www.commercequitable.org/quelques-dates/

(6) https://www.commercequitable.org/wp-content/uploads/guide-label-2019-francais-web.pdf

Insee Première • n° 1884 • Janvier 2022 https://www.grands-troupeaux-mag.fr/wp-content/uploads/2022/01/publication.pdf Intéressant sur le début de l’histoire du commerce équitable et l’origine du nom Max Haavelar : https://www.tibahou.com/PBCPPlayer.asp?ID=331252

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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Arcadie Balle Plastique Naturel Recyclage
Les déchets à Arcadie

Les déchets à Arcadie

Les déchets, un enjeu de taille pour une entreprise de l’agroalimentaire

Toute entreprise produit des déchets. Ce sont généralement des emballages que vous, consommateurs, ne voyez pas, mais qui répondent à certains enjeux. Ces derniers sont au nombre de quatre :

  • L’hygiène : afin de préserver la salubrité des produits ;
  • La sécurité : pour protéger les collaborateurs ;
  • La qualité : les emballages protègent les matières premières des agressions extérieures et des risques d’altération ;
  • La logistique : faciliter les manipulations, la manutention, la rapidité des opérations logistiques, etc.

Dans tous les cas, le raisonnement que nous mettons en place est en premier lieu la suppression du déchet, chaque fois que cela est possible. Cela demande une veille constante afin de découvrir de nouveaux concepts qui peuvent parfois bouleverser notre manière de travailler. Le cap à suivre est de supprimer tout déchet généré par notre activité.

Lorsque cela n’est pas possible, on essaye d’en diminuer l’impact : on cherche à réduire la quantité de déchet (par exemple, nous avons pu diminuer l’épaisseur de notre film palette pour une fonctionnalité identique) ou bien on opte pour des matériaux recyclés, ou plus facilement recyclables)

La démarche globale d’Arcadie et les avancées réalisées

Nous nous challengeons quotidiennement pour diminuer le plastique : le supprimer, en réduire la quantité, le substituer par des matériaux dont les filières de recyclage sont plus accessibles et vertueuses. Nous avons par exemple changé nos supports d’étiquettes en PET (non recyclable sous ce format) pour de la glassine, un papier de texture très fine traité à la glycérine, recyclable : 2T de glassine ont été valorisées pour recyclage sur 2021. 2 tonnes qui ne seront pas destinées à l’enfouissement (déchets ultimes : DIB) et qui bénéficieront d’une revalorisation.

Quand ce genre de solution pas (encore) envisageable, nous faisons le choix de nous orienter vers du plastique recyclé : 100% de nos flacons PET (une sorte de plastique) sont du PET recyclé.

Aujourd’hui, beaucoup de nos déchets sont mieux valorisés grâce à un effort logistique : la mise en place de bennes basculantes a permis notamment d’améliorer les conditions de manutention des contenants de matières à trier, et donc de favoriser un tri optimum à plusieurs niveaux de l’entreprise. Nous collectons ainsi par exemple beaucoup mieux nos biodéchets (= déchets organiques : poussières d’épices, de plantes, lots abimés…) que ce soit dans les ateliers de production ou dans les espaces communs (cuisine : restes alimentaires). Déchet qui deviendra compost et sera destiné à nourrir les terres locales particulièrement pauvres et en demande de matières organiques.

Nos flacons sont en PET 100% recyclés.
Nos flacons sont en PET 100% recyclés. Photo Max Beaufey

La sensibilisation au coeur de notre démarche de gestion des déchets

Chaque Arcadien est sensibilisé à la gestion des déchets. En octobre 2020, Géraldine, responsable RSE, est passée voir chaque bureau et atelier afin de leur expliquer le nouveau tri des déchets mis en place. Plus qu'une sensibilisation, c’est une véritable exigence que chaque collaborateur inclut ces nouvelles habitudes dans ses procédures de travail.
Géraldine a également demandé à chacun de se responsabiliser et de challenger toute la chaîne de valeur (fournisseurs, prestataires, clients,...). C’est ainsi que le service “Informatique” a fait remonter à l’un de ses fournisseurs de matériel que les cartons de livraison étaient souvent beaucoup trop grands eu égard aux produits qu’ils contenaient. Résultat : le fournisseur a fait des efforts pour réduire la taille de ses colis. Un petit pas, mais c’est aussi comme cela qu’on avance.

Conclusion : limites extérieures et avancée réglementaire

Les déchets produits par une entreprise de notre taille (120 collaborateurs salariés) constituent un volume important. A Arcadie, ces déchets font l’objet d’une réelle réflexion afin de les éliminer, les substituer ou les réduire. Cependant, ils répondent souvent à des enjeux liés à notre activité et chaque réflexion amène vers une complexité plus grande. Les objectifs ambitieux qui sont désormais fixés par loi AGEC (loi antigaspillage pour une économie circulaire) vont obliger les industriels à travailler notamment sur les déchets plastiques d’ici 2025.

Ces mesures sont importantes et vont permettre, nous l’espérons, de pousser toute la chaîne de valeur (fournisseurs, prestataires, clients) à faire des propositions innovantes en termes de performance environnementale. Car aujourd’hui, nous nous heurtons encore à des fournisseurs ou prestataires qui n’ont pas encore réfléchi à des manières différentes de faire les choses, et donc ne peuvent pas nous proposer de changement de concepts

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

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Jérémy le boulanger devant Arcadie
Un marché dans son entreprise ?

A Arcadie, la nourriture est centrale… Tellement que nous avons quelques rendez-vous hebdomadaires incontournables pour certains Arcadiens : le boulanger les mardis et jeudis, la livraison de fruits et légumes les jeudis. Pourquoi ? Quel sens cela a-t-il pour les utilisateurs ? 

Le jeudi, c'est marché à Arcadie !

Un boulanger 100% bio et local

Jérémy est boulanger et a démarré son activité en 2019. A l’époque, il avait besoin de trouver des clients. C’est alors que Matthieu et Laurence, membres du directoire d’Arcadie, lui  proposent d’installer son étal à Arcadie : tous les mardis et les jeudis midi, il régale les Arcadiens de ses pains, tartes, viennoiseries et pizzas. Cela lui a permis de développer son activité et de rencontrer une nouvelle clientèle. Même s’il est désormais bien installé commercialement, il continue de venir à Arcadie car les Arcadiens représentent tout de même une bonne partie de sa clientèle. Certains commandent même leur pain pour aller le chercher directement chez lui.
Pourquoi autoriser Jérémy à faire son marché et pas d’autres ? C’est une question de sens. Jérémy est un boulanger bio qui travaille en local (sa farine bio est produite dans la région) : le top du top !

Jérémy le boulanger devant Arcadie
Jérémy pose son étal devant une des entrées d'Arcadie. Ici, il sert Martin.

Chloé, organisatrice de commandes de fruits & légumes bio

Tout commence lors du 1er confinement lié au Covid19. Chloé, Arcadienne, apprend qu’une de ses connaissances, productrice de légumes bio, a du mal à écouler son stock. Si Chloé a quelques besoins en fruits et légumes, elle ne peut à elle seule aider significativement son amie. Elle lui propose donc de vendre aux Arcadiens (tiens, comme Matthieu et Laurence avec Jérémy !). C’est parti pour l’aventure ! Le bilan est plutôt bon (même s' il y a des loupés de temps en temps).

Cependant, le besoin est bel et bien présent à Arcadie et Chloé est aussi demandeuse. Elle trouve donc d’autres producteurs qui peuvent répondre aux exigences des Arcadiens. Elle les interroge et prend les décisions qui s’imposent : elle privilégiera un producteur en agriculture raisonnée et locale avec une conscience environnementale… Plutôt qu’un agriculteur en bio qui sera loin. Un compromis que bien des Arcadiens trouvent intéressant (nous en parlons plus loin).

Résultat de ce travail :

  • Des fruits et légumes en conversion bio livrés tous les jeudis à Arcadie ;
  • Des fromages de chèvres et des oeufs : non bio mais en raisonné ;
  • Des filets de melon/pastèques ou de courges selon la saison ;
  • Une réflexion plus large autour d’autres produits qui pourraient intéresser les Arcadiens : Chloé est ouverte aux propositions pour trouver d’autres producteurs.

Tous sont à moins de 50km d'Alès. Du très local donc !

Côté producteurs, ceux-ci sont satisfaits car ils gagnent du temps en termes de logistique (certains livrent les boutiques alentour). Sans compter les revenus supplémentaires que cela leur apporte : près de 150€ chaque semaine pour les paniers de fruits et légumes.

paniers de fruits et légumes commandés par les Arcadiens
Paniers de fruits et légumes commandés par les Arcadiens.

Entre organisation du travail et logistique

Chloé gère tout cela depuis la recherche de producteurs jusqu’à la réception de commandes, en passant par leur paiement et leur stockage. Cela demande du temps, environ 30-40 minutes par semaine. Chloé fait cela entre son temps de travail et son temps libre. Cette initiative est très bien accueillie par la direction d'Arcadie, mais nous réfléchissons actuellement à la manière dont cette tâche pourrait être inscrite dans le temps de travail, comme service supplémentaire rendu aux Arcadiens. Car pour nous, chaque action réalisée pour prendre soin des Arcadiens, et c’est le cas ici, doit être inscrite. Affaire à suivre !

Qu’en pensent les Arcadiens ?

Je suis allée demander à certains utilisateurs pourquoi ils achetaient via ce système. La première raison évoquée concerne l’aspect purement pratique/logistique. En effet, la plupart des participants aiment les commerces de proximité ou tout simplement ont le désir de se rapprocher des producteurs locaux. Sauf qu’ils ne prennent pas tous le temps. Le fait de pouvoir repartir, après sa journée de travail, avec son pain ou son panier de fruits et légumes leur évite des déplacements supplémentaires.

D’autres expliquent qu’il est important pour eux de valoriser une production plus locale, même si elle n’est pas toujours bio. Cela fait plus sens d’acheter une tomme de chèvre de la région non bio, plutôt qu’une tomme venant de l’autre bout de la France. En attendant la tomme bio ET locale !

Enfin, d’autres expliquent qu’acheter des produits en conversion bio (c’est le cas des paniers de fruits et légumes) permet de valoriser immédiatement la démarche de conversion, notamment pendant la période délicate durant laquelle le producteur ne peut ni vendre en magasin à un prix plus élevé, ni même faire référence à sa conversion en cours (période variable, 12 mois par exemple pour les légumes).

N’oublions pas non plus le rapport qualité/prix très bon grâce à la réduction des intermédiaires. A ce propos, Cécile nous explique qu’elle prenait les pêches cet été car elle n’en trouvait pas de meilleures à ce tarif. Elle rajoute : s’il s’avère que ces producteurs de fruits et légumes sont les mêmes qui livrent son primeur bio, elle aurait tout intérêt à passer directement par le système de Chloé. Non pas qu’elle n’aime pas les intermédiaires, mais ce serait plus simple pour elle et probablement moins cher.

Dans tous les cas, il y a une question de confiance. Celle que chacun accorde à Chloé pour trouver les bons producteurs et livrer les produits de bonne qualité (Héloïse nous dit : “je ne suis pas experte en fruit. Que ce soit moi ou quelqu'un d’autre qui choisisse, c’est pareil”). Celle accordée aux producteurs pour leur travail. Et celle accordée par Arcadie pour la liberté qu’elle autorise à ses salariés de se faire livrer une partie de leurs courses au travail.

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

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Schema simplifié du Cycle de Vie d'un objet
Oct 29, 2021 Martin Lacroix 0 comments
[Éco-conception] épisode #2 : l’Analyse du Cycle de Vie (ACV)

Après avoir introduit dans l’épisode #1 les concepts d’économie circulaire et d’éco-conception, nous poursuivons avec une explication la plus simple possible de ce qu’est une Analyse de Cycle de Vie.

Éco-conception épisode #2 : l'Analyse du Cycle de Vie

Une approche technique et complexe

L’eco-conception d’un produit vise à minimiser son impact environnemental. Pour ce faire, cette démarche va inclure des critères qui ne sont pas pris en compte dans une démarche de conception “classique” (on espère que bientôt, on appellera cette conception “ conception démodée” :) ).

L’analyse du cycle de vie (ACV) recense et quantifie, tout au long de la vie des produits, les flux physiques de matière et d’énergie associés aux activités humaines.(1)

(1) - Définition de l’ADEME sur son site web : https://www.ademe.fr/expertises/consommer-autrement/passer-a-laction/dossier/lanalyse-cycle-vie/quest-lacv

Schema simplifié du Cycle de Vie d'un objet

Schéma des principales étapes d'un cycle de vie (adapté d'après http://les.cahiers-developpement-durable.be/outils/analyse-du-cycle-de-vie/)

On appelle « flux » tout ce qui entre dans la fabrication du produit et tout ce qui sort en matière de pollution. Les flux entrants sont, par exemple, ceux des matières et de l’énergie utilisées pour la fabrication : ressources en minerais, eau, combustibles… Les flux sortants correspondent aux différents déchets générés (gaz, liquides, solides).

Pour estimer ces flux, la collecte d’un très grand nombre d’informations est nécessaire. Pour un produit en verre par exemple, il est nécessaire de connaître la consommation de toutes les ressources impliquées dans la fabrication ou le recyclage de ce matériau (matières premières et énergie).

Heureusement, des données de base existent… Mais ce travail de recueil est long et fastidieux. Certains outils existent pour effectuer soi-même des ACV en rentrant tous les paramètres. Pour aller plus loin, il faut les faire réaliser par un cabinet spécialisé. Cela coûte très cher et même dans ce cas, aucune ACV ne permet de juger exactement l’impact environnemental d’un produit. Mais cela reste très utile pour estimer l'impact global et pour comparer plusieurs solutions.

Une aide à la décision pour les entreprises

Du point de vue de l’entreprise, cette démarche va par exemple permettre de comparer diverses solutions envisagées pour la conception d’un nouveau produit. Aucune de ces solutions ne sera idéale, et les études comportent toujours une part d’incertitude liée à la complexité des données qui sont intégrées.

Imaginons le cas d’un produit X avec 2 options de fabrication :

- L’option 1 présente un coût environnemental moins élevé pour l’élaboration du produit (ressources + fabrication), que les impacts du transport, de sa faible durée de vie et de sa difficulté de réemploi ou de recyclage viennent fortement contrebalancer.

- L’option 2, au coût environnemental d’élaboration plus élevé, sera préférée car le reste du cycle de vie (transport - utilisation - fin de vie), bien meilleur, génère au final une empreinte environnementale globale moins importante.

Graphique comparaison impact cycle vie deux objets

Qu’est-ce qu’une bonne ACV ?

Tout d’abord, une ACV doit se baser sur des données fiables et récentes : l’environnement évolue très rapidement en termes de technologies disponibles, de structuration des filières pour la conception ou le recyclage. L’industrie améliore par exemple régulièrement ses process en termes de consommation d’énergie ou de ressources.

Certains acteurs(2) considèrent que limiter l’ACV aux impacts environnementaux n’est pas suffisant. Ils proposent d’intégrer d’autres indicateurs liés à l’impact social et économique des produits. Ces deux aspects, associés à l’aspect environnemental, constituent les 3 piliers du développement durable.

Aborder tous ces aspects semble idéal, mais complexifie encore la démarche (encore plus de données à récolter et à intégrer). On ne devrait alors plus seulement parler d’éco-conception, mais d’ ”éco-socio-environo-conception” (“éco” pour “économique”, socio pour les aspects sociaux et “environo” pour les aspects environnementaux).

Chez Arcadie, nous nous préoccupons de l’ensemble des aspects. C’est la partie “impact environnemental” qui nous semble la plus complexe et sur laquelle nous ressentons le plus besoin d’appui pour l'évaluation.

 

(2) - http://les.cahiers-developpement-durable.be/outils/analyse-du-cycle-de-vie/

Vous avez désormais bien compris les enjeux de l'éco-conception, et l'analyse du cycle de vie qui est au cœur de cette démarche. Prochain épisode = direction Arcadie : quels sont nos défis en termes d'éco-conception ?

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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engagements environnementaux
Oct 05, 2021 Martin Lacroix 0 comments
Notre engagement environnemental : 3ème pilier du développement durable

Notre engagement environnemental

À l’heure où le problème du réchauffement climatique est - à juste titre - sur le devant de la scène médiatique, un grand nombre d’entreprises cherchent sincèrement à réduire leur impact environnemental (tandis que d’autres tentent simplement de verdir leur image). Quelles actions mettons-nous en place à Arcadie pour parvenir à un meilleur bilan environnemental ?

Impact (empreinte) carbone

La problématique de l’impact carbone (ou empreinte carbone), des émissions de gaz à effet de serre est désormais connue de tous, mais pourtant complexe à améliorer.
Nous vous invitons à creuser le sujet auprès de sources sûres (comme ici).

À Arcadie, notre impact carbone dépend de plusieurs facteurs principaux :

Facteur 1 : L’impact carbone de l’agriculture pratiquée sur les zones de production où nous achetons nos épices et aromates

Nos actions :
- Développer une agriculture peu émettrice de gaz à effet de serre : l’agriculture biologique n’utilise pas d‘engrais azotés de synthèse, très émetteurs de gaz à effet de serre.  L’efficacité de l’agriculture pratiquée sur nos zones d’approvisionnement doit cependant être interrogée plus en profondeur du point de vue de l’impact carbone. Cet axe de progrès repose en grande partie sur l’engagement des producteurs avec lesquels nous travaillons, et nous les encourageons fortement en ce sens.

récolte du romarin à la Ferme d'Arcadie
Même l’agriculture bio doit encore progresser en efficacité pour réduire sa contribution à l’émission de gaz à effet de serre (photo Maime Beaufey).

Facteur 2 : L’impact du transport jusqu’à nos ateliers.

Deux facteurs principaux sont en jeu à ce niveau : les distances parcourues, et le mode de transport.

Nos actions :

  • Diminuer les distances de transport : difficile pour nos épices car un certain nombre d’entre elles ne poussent pas sous nos latitudes. Nous avons plus de possibilités pour les plantes aromatiques et médicinales (PAM). Nous avons mis un indicateur spécifique en place et nous sommes en mesure d’affirmer que nous achetons en France actuellement 52% des matières productibles en France. Cela peut sembler peu, mais trouver des volumes suffisants pour des productions bio et de qualité en plantes aromatiques et médicinales est très compliqué. Il faut parfois créer de toutes pièces les filières d’approvisionnement : trouver des agriculteurs intéressés, mettre en place de nouvelles cultures, développer les infrastructures nécessaires. Cela prend du temps. Cela fait par exemple 10 ans que nous œuvrons pour constituer une filière agricole de production de PAM en régions Occitanie et Sud, avec à ce jour pas loin de 100 hectares en production.
Récolte calendula Ardèche
Récolte manuelle du souci (calendula) en Ardèche. Nous travaillons avec plusieurs dizaines de cueilleurs/producteurs de plantes aromatiques et médicinales en France.
  • Améliorer les modalités de transport : nous avons d’ores et déjà renoncé au transport aérien. La majorité de nos matières premières transitent ainsi par bateau jusqu’à la France (puis en camion jusqu’à nos ateliers dans le Gard). Mais le transport maritime actuel est tout de même polluant, sans parler des conditions sociales souvent déplorables pour les personnes qui travaillent sur les bateaux. Nous avons ainsi décidé de contribuer à changer cela en construisant un voilier-cargo à faible émission carbone, qui transportera nos épices depuis Madagascar jusqu’en France. Cela représentera 20% de tous nos achats annuels et la consommation de carburant pourra être réduite jusqu’à 90% par rapport aux bateaux actuels. Et au passage, l’équipage sera bien traité...
il est possible de rendre le transport maritime beaucoup moins impactant et nous allons nous y employer avec ce futur voilier-cargo (image de synthèse crédit Zéphyr et Borée)
Il est possible de rendre le transport maritime beaucoup moins impactant et nous allons nous y employer avec ce futur voilier-cargo (image de synthèse crédit Zéphyr et Borée)

Facteur 3 : L’impact de nos bureaux et ateliers (bâtiments, machines, éclairage, chauffage, déplacements des salariés).

Nos bâtiments actuels ont déjà un bilan carbone réduit par rapport à bien d’autres locaux d’entreprise : utilisation de matières naturelles (bois, cellulose), production d’électricité photovoltaïque…

À l’occasion du prochain agrandissement de nos bâtiments, nous voulons aller encore plus loin en termes de réduction des émissions de GES, des consommations de ressources. Des systèmes de récupération de chaleur, encore plus de matériaux naturels (murs en terre crue, pergola végétale) et l’aménagement de zones dédiées à la biodiversité permettront d’aller encore plus loin en termes de réduction de l’impact environnemental.

Enfin, comme chaque geste compte, la pratique du vélo et le co-voiturage se développe pour les trajets domicile-travail, et le train est privilégié pour les déplacements pro.

atelier Cook

Le matériau bois est très présent dans nos bureaux et dans nos ateliers.

Facteur 4 : L’impact de nos fournitures et emballages sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Nous travaillons également avec nos fournisseurs pour réduire l’impact “emballage”, que ce soit sur les emballages de nos produits, des matières ou des autres fournitures). Nous cherchons globalement à réduire l’impact à la conception, à allonger la durée de vie et à permettre un recyclage en fin d’utilisation.

Évolution des emballages Cook, du verre au film papier/plastique, en passant par le flacon plastique PET (encore majoritaire)
Évolution des emballages Cook, du verre au film papier/plastique, en passant par le flacon plastique PET (encore majoritaire)

Pour la part inévitable de déchets, nous déployons une grande énergie à former nos collaborateurs pour un tri optimal, permettant une bonne valorisation. Nous récupérons notamment les déchets organiques de broyage pour les composter sur les terres de notre ferme à quelques kilomètres de là.

Extrait d’un guide de tri interne. Le tri des déchets est une attente forte envers chaque collaborateur et non pas une option.

Les autres substances polluantes ?

La pratique de l’agriculture biologique réduit le risque de contamination de l’environnement par des molécules chimiques de synthèse aux effets délétères sur la santé.

Néanmoins, nous vérifions tous les lots entrants pour éviter les risques de contamination accidentelle.

En 2020, nous avons commandé plus de 500 analyses pesticides
En 2020, nous avons commandé plus de 500 analyses pesticides (correspondant à 480 lots réceptionnés)

La biodiversité

Pilier de la stabilité des écosystèmes et d’une production agricole résistante aux aléas climatiques croissants, la biodiversité doit devenir une autre préoccupation majeure de la société. Et pas uniquement les symboles de la biodiversité que sont les espèces menacées les plus connues comme le tigre ou l’éléphant.

Nos actions :

  • La pratique de l’agriculture biologique garantit une biodiversité importante dans le sol, fondamentale pour une fertilité durable. L’environnement doit également être pris en compte à l’échelle du paysage, en maintenant une diversité de milieux (cultures, prairies, friches, mares, haies, forêts).
  • Nous avons participé avec certains de nos producteurs à l’émergence de l’association Biodiscore, qui propose une méthodologie simplifiée permettant aux agriculteurs d’évaluer un indice de biodiversité sur leur ferme, et de l’améliorer année après année (site internet à venir).
  • Enfin, même si les surfaces concernées sont plus réduites, nous essayons de favoriser la biodiversité sur notre ferme de 17 hectares et notre site de production (2 ha) par divers moyens : maintien d’une diversité de milieux, pose de nichoirs…
La biodiversité existe à toutes les échelles, des micro-organismes du sol au paysage. Sur leurs fermes, les agriculteurs en ont la (lourde) responsabilité.
La biodiversité existe à toutes les échelles, des micro-organismes du sol au paysage. Sur leurs fermes, les agriculteurs en ont la (lourde) responsabilité.

Vous en savez désormais un peu plus sur nos principales actions visant à réduire notre impact environnemental. Nous avons encore beaucoup de progrès à faire ET sommes néanmoins déjà fiers de ceux réalisés ! Nous améliorons chaque année nos outils de diagnostic et de suivi, notamment grâce à la labellisation BioEntrepriseDurable. Nous sommes enfin fiers de participer à la Convention des Entreprises pour le Climat, qui viendra sans aucun doute nous apprendre encore beaucoup et faire émerger de nouvelles solutions.

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable.
Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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réunion arcadie avec repas partagé
Sep 24, 2021 Martin Lacroix 1 comment
Notre engagement social : 2è pilier du développement durable

Après vous avoir expliqué la façon dont nous abordons nos achats et nos relations commerciales avec nos fournisseurs (pilier économique du développement durable), nous souhaitons avec ce nouvel article vous donner un aperçu de nos actions sur le volet social.

Notre engagement social : 2è pilier du développement durable

Que comprend le volet social du développement durable ?

Cet aspect du développement durable comprend évidemment les conditions de travail des salariés, mais aussi d’autres thématiques comme l’intégration des publics porteurs de handicap, l’égalité femme-homme.

Égalité femme-homme

C’est un point crucial, qui est désormais annuellement évalué par les services de l’État, pour aboutir à une note sur 100. Les principaux critères examinés sont la proportion femme-homme dans les effectifs salariés, mais aussi la présence des femmes dans les postes hiérarchiques et les instances de direction, ainsi que les niveaux de salaires et les évolutions salariales

En 2020, nous avons été fiers d’obtenir la note de 99/100.
Mais personne n’est parfait, comme nous le rappellent les salariées de nos ateliers L’Herbier de France uniquement féminins, qui aimeraient bien voir de temps en temps un homme pointer le bout de son nez…

Equipe de conditionnement Herbier de France
2021 : il y a 59% de femmes à Arcadie, mais aucun homme dans les ateliers L’Herbier de France

Équilibre vie privée-vie professionnelle

Il ne nous viendrait pas à l’idée de nier que la vie professionnelle soit importante : la plupart d’entre nous y passons la majorité de notre temps actif.

Mais nous avons aussi une vie en dehors du travail et il est très satisfaisant de parvenir à un juste équilibre entre ces deux pôles.

Pour favoriser ce dernier, nous mettons en place les actions suivantes :

  1. Des horaires individualisés : dans la mesure du possible, chaque Arcadien peut adapter ses horaires en fonction de sa vie personnelle. Par exemple, certaines personnes préfèrent travailler un vendredi sur deux, d’autres font leurs 35h sur 4 jours, etc. Cela demande encore plus d’organisation mais les salariés sont plus sereins au travail ; l’entreprise y est largement gagnante !
  2. Crèche d’entreprise ; la possibilité des jeunes parents Arcadiens d’avoir leurs enfants en bas âge tout près d’eux facilite l’organisation des familles. Construite en 2014, notre crèche a déjà accueilli de nombreux enfants d’Arcadiens (en ce moment : 4)...
  3. Dans le cadre des entretiens professionnels nous communiquons régulièrement sur le compte personnel de formation (CPF) en encourageant les Arcadiens à développer leurs compétences avec le plan de formation mais aussi par l’utilisation de leur CPF.
crèche d'arcadie
La crèche d’Arcadie (au centre) facilite l’organisation des jeunes parents Arcadiens

Répartition des bénéfices et rémunérations

Les actionnaires ne reçoivent qu’une faible part des bénéfices, dont une part non négligeable (17% sur notre exercice budgétaire 2019/2020) est redistribuée aux salariés (le reste donc le principal va dans les investissements). La somme versée pour l'intéressement est proratisée en fonction du temps de travail.

Nous mesurons également les écarts de salaires, qui sont à ce jour en-dessous de 3, pour un effectif de 120 salariés, sachant que le salaire minimum à Arcadie est le SMIC +10%. Avec chaque salarié, nous essayons d’objectiver au maximum les niveaux de technicité et de responsabilité de son poste, pour une rémunération qui soit perçue comme juste

Management de la responsabilité

Le management au sein de l’entreprise est orienté dans le sens de favoriser la créativité et l’autonomie de chaque collaborateur. L’adoption de la gouvernance Holacracy depuis 2017 nous donne la structure nécessaire à une telle philosophie.

Un temps important est consacré par les responsables d’équipe pour échanger régulièrement avec chaque co-équipier.

Une formation sur la communication interpersonnelle est aussi proposée à chaque salarié.

Ces différents éléments permettent d’identifier les principaux biais possibles dans la relation professionnelle, ainsi qu’à adopter des réflexes tels que favoriser des questions ouvertes, exprimer ses besoins, baser systématiquement ses demandes sur des constats...

préparation d'un lot vrac
(Préparation d’un lot vrac.) L’autonomie, le sens de l’initiative sont cultivés au sein de notre entreprise.

Environnement de travail, sécurité

En plus de rendre les bâtiments les plus agréables possibles à habiter, nous sommes très vigilants quant au respect des normes de sécurité pour éviter les accidents et maladies professionnelles. Aussi, après consultation des Arcadiens, une feuille de route des améliorations de sécurité a été établie et partagée. Les deux grands axes sont l’amélioration de la maîtrise des poussières et la réduction du port de charge. Au-delà de ces projets, des réunions “synchro”, au sein même des ateliers, maintiennent un lien étroit entre les différentes compétences pour progresser ensemble sur les aspects sécurité du quotidien. Enfin, un projet d’extension de bâtiment est en route, l’occasion rêvée d’apporter de nouveaux espaces de travail favorisant ainsi la sécurité, le bien-être et la créativité.

atelier arcadie
Que ce soit dans les ateliers ou les bureaux, les risques professionnels doivent être évalués et faire l’objet de prévention

Inclusion des personnes porteuses de handicap et autres publics

Au-delà du respect de la réglementation en vigueur, nous sommes convaincus que favoriser l’emploi de personnes porteuses de handicap est enrichissant pour les autres salariés.

Nous accueillons aussi très régulièrement des étudiants pour des alternances professionnelles ou des stages. Nous leur permettons une expérience professionnelle, tandis que leur jeunesse nous dynamise, nous remet en question et nous empêche de tourner en rond.

 

 

Si nous sommes encore loin d’être des employeurs parfaits, nous déployons beaucoup d'efforts pour progresser sur ce pan important de la durabilité, qui est délicat car il vient toucher des sujets très sensibles tels que le salaire, la hiérarchie, l'équilibre vie perso/vie pro. La culture du dialogue, de la confiance peut être longue à instaurer, surtout si l’on a vécu des situations professionnelles difficiles par le passé. Encore un challenge passionnant !

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

Écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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Contrat Biopartenaire Exemple
Sep 16, 2021 meganeforestier 1 comment
C’est quoi un achat responsable ?

C'est quoi un achat responsable ?

A Arcadie, un achat responsable de matières premières (agricoles) n’est pas synonyme que de labellisation “commerce équitable”. Car label ou non, c’est comme cela que nous travaillons depuis toujours. Cependant, afin d’objectiver un peu plus nos critères, nous avons mis en place un processus qui nous permet aussi de savoir ce que nous devons améliorer et comment agir. 

 

Un achat responsable respecte avant tout les 3 piliers du développement durable

Comment mesurons-nous le respect de ces trois piliers ?

Afin d’évaluer la durabilité de chacun de nos achats de matière première, nous utilisons un outil qui se divise en trois grandes parties - en réalité les piliers du développement durable. Pour chacune d’elle, nous avons des indicateurs chiffrés. Le tout donne lieu à une note globale, pour chaque matière entrante. Voici quelques uns de nos indicateurs sur chacun des pilliers :

  • Impact environnemental : le transport (distance et mode de transport) et sensibilisation du fournisseur aux enjeux environnementaux ;
  • Volet social : nombre d’intermédiaires, sensibilisation aux achats responsables, qualité de contact, ancienneté, sensibilisation aux enjeux sociaux ;
  • Volet économique : dépendance d’Arcadie à ce fournisseur, mais aussi dépendance du fournisseur à Arcadie.

Comment avons-nous ces informations ? Certaines sont accessibles en ligne via les canaux de communication du fournisseur, d’autres grâce à d’autres outils, et enfin nous demandons directement à nos fournisseurs celles qui nous manquent via un questionnaire.

Après la mesure, l’analyse et l’action

Les chiffres seuls ne suffisent pas. C’est pourquoi ces notes sont passées au crible pour pouvoir les expliquer et les ajuster selon le contexte. L’analyse des critères nous permet de mettre en place une feuille de route et une stratégie d’achat responsable en fonction de l’importance stratégique de chaque matière, mais aussi du risque lié au développement durable. En somme, cet outil nous permet de respecter nos engagements et de nous les rappeler afin que l’on ne se perde pas en route.

Schema developpement durable
Schéma conventionnel du développement durable (Source : Ministère de l’écologie et du développement durable et commissariat général du Plan

Un achat responsable est aussi durable

Aujourd’hui, notre feuille de route est claire : relocaliser les matières premières productibles en France. A nos yeux, cela ne signifie pas que tout ce qui est productible en France doit être produit en France. Encore une fois, c’est une question de bassin de production et d’engagements auprès de nos fournisseurs. Car pour nous, un achat responsable est aussi durable.

Ainsi, si nous décidons de ne plus nous fournir à terme sur une matière première auprès d’un producteur, nous l’aidons à rechercher une alternative : quels autres débouchés peut-il trouver pour pallier nos volumes ? Combien de temps lui est-il nécessaire pour se réorganiser ? Ceci étant discuté, nous sommes rassurés que la transition pourra se faire sereinement de notre côté comme du sien.

Par ailleurs, nous voyons nos relations contractuelles sur la durée et ne cherchons pas sans arrêt de nouveaux producteurs avec lesquels travailler. Par exemple, notre partenariat avec La SICARAPPAM dure depuis … 23 ans ! Et ce n’est pas une exception, loin de là !

C’est pour cela que nos fournisseurs actuels sont prioritaires lorsque nous cherchons une nouvelle matière. Mais si nous ne trouvons pas parmi ceux que nous avons, nous démarchons d’autres producteurs. Et ces derniers devront aussi passer des “examens” d’entrée :

  • Questionnaire afin d’évaluer leurs engagements ;
  • Échantillon de matière première pour analyse ;
  • Première réservation substantielle si la qualité nous convient ;
  • Si les relations se déroulent convenablement et que la qualité est au rendez-vous, nous réservons plus de volume.
Rencontre sur le terrain Sicarappam commerciaux Arcadie photo Maxime Beaufey 600x400
Rencontre sur le terrain avec la Sicarappam et les commerciaux d'Arcadie ©Photos Maxime Beaufey

Une charte pour un achat toujours plus responsable

Nous formalisons cette année nos engagements via une charte d’achat responsable. Cette dernière sera donnée à chaque nouveau fournisseur lors de la signature du contrat. Ce sera donc un document contractuel qui nous engagera réciproquement.

Dans ce document, seront inscrits les engagements d’Arcadie et ceux du fournisseur. Pour nous, il s’agit d’un pas de plus vers un achat toujours plus responsable car cela engage les deux parties.

Et le prix dans tout ça ?

Si je ne vous ai pas encore parlé de prix, c’est parce qu’il n’intervient pas au début de notre relation. Encore une fois, ce qui prime pour Arcadie, ce n’est pas d’acheter au prix le plus bas les matières premières, mais d’être cohérent avec nos valeurs et nos engagements. Bien sûr, nous regardons le prix, mais en regard des coûts de productions, et nous attachons autant d'importance aux engagements pour le développement durable et à la qualité de la relation commerciale et technique

Cependant, il est important d’acheter les matières premières au prix juste. Pour cela, nous faisons, en collaboration avec le fournisseur, un calcul des coûts de production. Ce dernier nous permet de savoir quel est le prix juste pour que le producteur se rémunère correctement. Il nous est parfois arrivé d’acheter une matière première beaucoup plus chère que le cours du marché, et même de demander à un de nos fournisseurs d’augmenter le prix au kilo de sa matière car il était beaucoup trop bas. Le risque pour nous ? Aucun. Il est simplement inconcevable pour nous qu’un de nos partenaires ne puisse pas vivre de son travail.

Pour aller plus loin dans le commerce équitable : la labellisation Biopartenaire

Contrat Biopartenaire Exemple
Exemple d'un contrat Biopartenaire

Tout ceci se fait en dehors de la labellisation Biopartenaire. Ce label est lié au commerce équitable et intervient sur la durée et pas systématiquement. En effet, pour obtenir le label, une production doit être issue d'un collectif de producteurs. En somme, un producteur seul ne peut l’obtenir car pour Biopartenairela structuration collective des producteurs équilibre la relation commerciale avec le client et protège les agriculteurs. C’est pour cela que nous préférons passer par des coopératives ou des entreprises. Ainsi, nous avons la possibilité d’accompagner le passage vers le label Biopartenaire.

Ce dernier est une assurance supplémentaire pour chacune des parties prenantes. En effet, il contractualise les prix et les volumes pour 3 ans minimum, engage sur de bonnes pratiques agricoles, et des investissements. Mais plus que tout, ce qui nous importe c’est une vérification externe. En effet, un auditeur vérifie régulièrement que nous respectons bien nos engagements avec les producteurs labellisés. C’est donc un label indépendant qui garantit une vérification des engagements affichées de l’entreprise.

Je vous invite à découvrir les engagements de ce label sur leur site.

Quelques chiffres (2020) sur les achats responsables à Arcadie

35%

de matières premières certifiées Biopartenaire

17

filières labellisées Biopartenaire dont 9 françaises

52%

de matières premières productibles en France et produites en France

61

producteurs sans intermédiaires*

32

producteurs fidèles depuis plus de 10 ans

113

Fournisseurs avec lesquels nous travaillons

*Quand nous parlons d'approvisionnement direct, cela comprend en majorité des coopératives de producteurs et/ou des entreprises qui assurent la collecte et le travail de 1ère transformation (séchage, battage) qui doit être fait rapidement après récolte. Nous n'avons que peu de producteurs/paysans isolés en direct car nous avons de gros volumes et la certification Biopartenaire a choisi de labelliser uniquement les agriculteurs structuré en collectif.

En conclusion

Pour Arcadie, la recherche de responsabilité pour nos achats est systématique, même s'ils ne sont pas encore tous labellisés commerce équitable. Cependant, le processus est long et nous avons beaucoup de fournisseurs. Néanmoins, nous utilisons déjà des outils et des indicateurs chiffrés qui nous permettent de mettre en place des actions correctives en fonction de notre stratégie générale et ainsi veiller au respect de nos engagements.

Nous mettons l’accent sur des relations durables, mais n’en oublions pas pour autant le critère du prix des matières premières : pour nous un prix juste est un tarif rémunérateur. Le calcul des coûts de production nous permet de discuter avec nos fournisseurs d’un prix qui satisfera les deux parties.

Mégane Forestier

Auteure de l'article : Mégane Forestier

Communicante de formation & par passion, je suis à Arcadie pour faire rayonner la raison d'être et partager avec nos parties prenantes nos valeurs et nos engagements. Afficionada des technologies numériques, je mets mes compétences et mon exigence de transparence au service d'une entreprise engagée.

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pulvérisation d'un préparat biodynamique
Juin 24, 2021 cdefeche 0 comments
[Les Pieds dans la Terre] La biodynamie à la Ferme d’Arcadie

L’agriculture biodynamique est dans l’ADN de la ferme d’Arcadie depuis ses débuts… Elle n’avait pas encore pu s’y exprimer jusqu’à présent. Nous avions du matériel, nous avions des formations et des compétences mais il manquait encore de réellement prendre le temps de s’y lancer. Pour 2021 on se lance dans la grande aventure, même si, force est de le constater, les produits issus de l’Agriculture Biodynamique ne sont pas très nombreux dans le catalogue d’Arcadie !

Agriculture Biodynamique/Demeter

L’Agriculture Biodynamique, labellisée Demeter*, intègre les règles de l’Agriculture Biologique - pas d’utilisation d’intrants chimiques de synthèse, ni comme engrais, ni comme pesticides -, auxquelles s’ajoutent des soins particuliers tournés autour de la vie globale de l’ensemble du domaine. Celui-ci est perçu comme un organisme à part entière, si possible auto-suffisant, dont toutes les parties, tous les “organes“, sont pris en compte : le domaine physique (sol, relief…), les végétaux (cultures, mais aussi haies, jachères, etc.), les animaux (ce peut être aussi les animaux sauvages, les oiseaux… les sangliers !) et… les Hommes qui y œuvrent et apportent une impulsion fondamentale à ce tout. Toutes ces parties interagissent, si possible en symbiose, et forment un paysage, considéré lui aussi comme un fruit important de l’activité agricole.
Des préparations spécifiques sont pulvérisées sur les sols et les cultures pour développer vitalité et qualité. C’est l’équilibre global du domaine qui est recherché. La notion de “forces“ est assez centrale – même si parfois difficile à appréhender.
On vous en dira plus au fur et à mesure de nos pratiques, découvertes, observations… car in fine, c’est bien la mise en œuvre et l’observation qui priment sur toute théorie…

*Pour la vigne, on trouve encore d'autres labels : Biodyvin, Naturel, etc

Pourquoi la biodynamie à la Ferme d'Arcadie ?

Pour favoriser la vie sur nos terres !

Toutes les analyses et autres observations de celles-ci aboutissent à la même conclusion : des sols peu vivants, très peu résilients face aux épisodes météo extrêmes, courants dans notre région : trombes d’eau à l’automne, sécheresse estivale très prononcée. Même pour des plantes dites “de garrigue“, ces conditions sont de plus en plus difficiles à supporter ! D’autant plus que sur la ferme d’Arcadie, il n’y a pas d’irrigation.

Couvrir le sol par les plantes, introduire des arbres dans les cultures, apporter des composts, favoriser la biodiversité… sont autant de pratiques à l’essai sur le site de la ferme pour améliorer la fertilité globale du domaine, diminuer l’évaporation, augmenter les régulations naturelles. L’approche proposée par l’Agriculture Biodynamique, qui intègre déjà en soi toutes ces pratiques globales, attire notre attention sur la notion subtile de “vivant“. L’animal et le végétal ne sont pas des machines, qui, moyennant certains carburants, produisent de la matière. La plante n’est pas qu’un capteur solaire produisant de la cellulose.

A travers l’approche biodynamique à la ferme, nous aspirons à une autre manière de se reconnecter à la nature. Nous souhaitons (ré) apprendre à percevoir ces plantes avec lesquelles nous travaillons de manière plus sensible que ce que nous pouvions faire auparavant ; parce que nous sommes persuadés que le travail de ce lien ne peut qu’être bénéfique à l’ensemble de l’espace cultivé, Homme compris.

La biodynamie bouge dans le Gard

Arcadie est adhérente au MABD, Mouvement d’Agriculture Biodynamique, grâce auquel elle a pu bénéficier de plusieurs formations nouvellement organisées dans le Gard, ainsi que de la visite d’un conseiller.

Stephan, Yoachim et Jean Marot conseiller en biodynamie
Dans la parcelle de vigne rouge. Jean Marot, ancien viticulteur, conseiller pour le Mouvement d’Agriculture Biodynamique, se trouve pour la 1re fois devant un cas de vigne cultivée pour ses feuilles… C’est sûr, c’est pas commun !

En plus du contenu des formations, ces temps d’échange et de rencontre sont importants pour la création d’un réseau de praticiens.

Du concret sur le terrain de la Ferme pour 2021

Préparats biodynamiques sur notre tas de compost

le 1er février, nous avons préparé et apporté les préparats biodynamiques sur notre tas de compost à l’essai.

préparat biodynamique à partir de bouse de vache
“5 préparats différents sont introduits dans le tas de compost via des boulettes de terre
préparat biodynamiqueliquide épandu sur compost à la balayette
Le 6e préparat pour compost est liquide et épandu… à la balayette !!
essai de compost à la Ferme d'Arcadie
Le compost à l’essai sur les terres de la ferme. Après avoir reçu des préparats biodynamiques pour accompagner le processus, le tas est couvert et restera un certain temps à maturer… Février 2021

Première pulvérisation de préparat

Mi juin, une grande partie des terres a reçu une première pulvérisation de préparat. Avec ces pulvérisations, nous n’apportons pas de la matière (comme par exemple en apportant du compost ou des engrais organiques) mais une impulsion pour améliorer des processus autour du vivant (digestion, croissance, dégradation, etc…).

préparat biodynamique fait à base de bouse de vache
Une toute petite quantité de préparat (à base de bouse de vache) a été ajoutée à 100L d’eau de bonne qualité, brassée énergétiquement pendant 1h (ici à la machine). C’est cette préparation qui est apportée aux cultures
pulvérisation d'un préparat biodynamique
Notre jeune parcelle de sarriette reçoit sa première pulvérisation de préparat biodynamique mi juin. Au total c’est environ 4,5 ha qui ont pu être couvertes, avec le pulvérisateur attelé au tracteur… pas encore la totalité des terres de la ferme !

Une large place donnée à l'animal

Nous œuvrons également pour essayer de rééquilibrer le site en donnant une plus large place à l’animal, souvent absent dans nos régions (peu d’élevage). Le travail réalisé pour accueillir plus d’oiseaux en fait partie.

nichoir autour de la Ferme d'Arcadie
Les nichoirs installés sur le site, avec l’aide du Centre Ornithologique du Gard, invitent les oiseaux cavicoles à s’y installer

Aussi les échanges que nous avons avec l’éleveuse de chèvres Mohair qui avoisinent les terres de la ferme : celles-ci pâturent sur une partie de nos terres non cultivées.

Nous aimerions également améliorer notre processus de compostage en y introduisant du fumier animal, même en petite quantité.

chèvres Mohair en pature
les chèvres Mohair de l’élevage voisin de “la Pastourelle” apportent une belle présence animale en hiver dans nos cultures très végétales…

Enfin, nous avons programmé un temps de travail collectif régulier autour de réflexions, observations, retours sur les pratiques. C’est un temps pris sur le flux du travail quotidien, pour se poser, observer plus en profondeur telle ou telle plante, tel paysage (le dessin est une pratique intéressante !), pouvoir s’y connecter de manière plus subtile et qualitative.

Une minorité de produits Demeter au catalogue d'Arcadie

Au catalogue d’Arcadie, 5 produits sont labellisés Demeter, issus de 3 fermes différentes. Deux en Europe, produisant pour l’une le piment doux d’Espagne et pour l’autre la camomille (française). Et trois en Inde, issus du vaste domaine agricole de POABS : thés vert et noir, café, poivre.

Pour le piment doux d’Espagne et la camomille, on a affaire à des producteurs pionniers de l’Agriculture Biologique, qui ont ensuite voulu aller plus loin avec l’Agriculture Biodynamique. En 2021, Arcadie a commandé 5 tonnes de piment d’Espagne Demeter, et 400 kg de camomille.

Le partenariat historique avec POABS est, lui, symbolique de l’intérêt que portent les fondateurs d’Arcadie pour ce type d’agriculture et surtout la philosophie et le regard sur la nature qu’elle implique.

plantes aromatiques et médicinales en biodynamie
Au domaine agricole de POABS, dans le Kerala, en Inde, toutes les préparations biodynamiques sont réalisées sur place, ainsi que les cultures nécessaires : achillée millefeuille, camomille matricaire, pissenlit, etc.

Ces productions issues d’Agriculture Biodynamique restent cependant très minoritaires à Arcadie. Pour Anna, responsable de notre service commercial, la labellisation Demeter est clairement un plus pour nos produits. Elle fait sens et apporte une réelle valeur ajoutée, même si en France, c’est peu connu et reconnu par les consommateurs.

D’autres critères - comme les partenariats équitables, l’implication de nos producteurs en matière de développement de la biodiversité et la relocalisation de la production en France pour les plantes qui y sont cultivables - sont considérés comme plus prioritaires aujourd’hui.

Par ailleurs, les producteurs de plantes aromatiques en Agriculture Biodynamique certifiée ne courent pas les rues (pour le moment !), et les volumes demandés par Arcadie dépassent bien souvent l’échelle de production de l’Agriculture Biodynamique.

Et puis cette Agriculture Biodynamique questionne forcément, en interne aussi on peut entendre : “L’Agriculture Biodynamique ? Reste encore à prouver que ça marche“… Il y a débat, et tant mieux, ça nous met en vie !

En attendant, les réflexions et impulsions pour re-questionner le lien de l’Homme à la nature animent Arcadie. L’expérimentation de l’Agriculture Biodynamique à la ferme, qui commence tout juste, est un pas concret de plus, qui fera certainement cheminer la réflexion par l’observation, et le vécu. Par la vie quoi !

Auteure de l'article : Cécile Defèche

Agronome de formation, je suis responsable de la ferme d'Arcadie qui englobe l'activité agricole sur les plantes aromatiques et médicinales et la gestion des espaces de "terre libre" autour des bâtiments industriels. Pas peu fière de travailler dans une entreprise qui prend autant soin de la terre (la Terre) et de la vie... Ma casquette de communicante me permet aussi de vous informer, de la manière la plus transparente possible, des belles avancées d'Arcadie et de ses partenaires... (et quand il y en a, aussi des bugs de passage). Célébrer la beauté du monde, la vie et... la préserver !!

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Domaines d'action et piliers de l'économie circulaire. Source Ademe
Juin 18, 2021 Martin Lacroix 0 comments
[ECO-CONCEPTION] #1 L’éco-conception : indissociable de l’économie circulaire

(ECO-CONCEPTION) #1 L'éco-conception : indissociable de l'économie circulaire

L'eco-conception est un sujet complexe que nous ne pouvions traiter en un seul article. C'est pourquoi nous vous proposons une série de plusieurs épisodes sur ce sujet. Commençons par expliquer ce qu'est l'économie circulaire et quels sont ses enjeux actuels.

Urgence : sortir de l’économie “linéaire”

La conscience grandissante de l’urgence à s’engager dans une transition écologique et sociale pousse le secteur économique à remettre de plus en plus fortement en question ses fonctionnements.
Le concept d’économie circulaire, décrit à la fin des années 1980, vise à limiter le gaspillage des ressources et les impacts environnementaux des produits, en augmentant leur efficacité à tous les stades de l’économie. Plus concrètement, cette approche vise à réduire l’exploitation des ressources et à faire durer, ainsi qu’à réutiliser ou recycler plutôt que jeter.
Il est opposé à celui de l'économie “linéaire”, basée sur le fonctionnement suivant : “je conçois - je consomme rapidement - je jette”.

Domaines d'action et piliers de l'économie circulaire. Source Ademe

Piliers et de l'économie circulaire (source : ADEME)

Notions d’économie circulaire

Parmi les mutations à opérer, la conception des produits dans un objectif de longue durée de vie, qui implique des matériaux de qualité et une “réparabilité” (exemple : rendre facile le changement de la batterie d’un téléphone portable...). Mais tous les produits ne sont pas concernés : lorsque vous buvez un jus de fruits, la bouteille vide n’est pas cassée mais vous n’en avez plus l’usage initial.
S’ouvrent alors les voies du réemploi (la bouteille est récupérée et remplie du même produit) ou de la réutilisation (je garde la bouteille comme carafe d’eau). Pour les objets plus complexes, le “remanufacturing” est possible (exemple : récupérer des ordinateurs usagés et en refaire de “nouveaux” à partir des éléments qui fonctionnent encore). Le recyclage ne devrait intervenir qu’après avoir épuisé toutes ces possibilités.

Révolutionnaire, l‘économie circulaire ? Pas si sûr… La réparation, le recyclage, le réemploi, la réutilisation étaient des pratiques courantes jusqu’au milieu du XXe siècle (1). L’évolution de l’économie au cours de la seconde moitié du 20è siècle est plutôt allée dans le mauvais sens et il est grand temps d’inverser la tendance, sans toutefois revenir aux modèles anciens d’économie circulaire, qui ne pourraient répondre aux enjeux actuels.

Exemple de représentation des phases de la vie d'un produit source (source : Cahiers du développement durable.be)

L’eco-conception s’intègre à l’économie circulaire

L’eco-conception est une approche de la conception des produits qui correspond aux objectifs de l’économie circulaire. Elle intègre des notions autres que la seule rentabilité économique et l’efficacité d’utilisation : l’impact sur les ressources naturelles pour la fabrication du produit, sa durée de vie, ses possibilités de seconde vie ou de recyclage sont pris en compte.

De plus en plus d'entreprises s’engagent à faire évoluer la conception de leurs produits pour diminuer leurs impacts écologiques. Elles dépendent d’évolutions à plus grande échelle, comme la disponibilité en certains matériaux, l’amélioration des filières de réemploi, de réutilisation et de recyclage.

Ref. :

1 - L’économie circulaire : mise en perspective historique et enjeux contemporains. Publié par Franck AGGERI | N° 498 - INTELLIGENCE ARTIFICIELLE / ÉCONOMIE CIRCULAIRE

martin lacroix

Auteur de l'article : Martin Lacroix

écolo (à tendance barjot) et communicant, passionné par les plantes, les humains, les relations entre agriculture et biodiversité. Je dirige le service communication d'Arcadie et suis heureux de mettre mes compétences à disposition d'une entreprise qui incarne de manière authentique la démarche du développement durable. Mon souhait profond est que notre communication contribue - à sa modeste échelle - au changement de société dont nous avons besoin.

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